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C’est la culture de mort qui détruit la France


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Courrier - dimanche 28 mars 2010

avortement
En réponse à un article paru dans les 4 Vérités
http://www.les4verites.com/Pro-France-avant-d-etre-pro-vie-ou-pro-vie-avant-d-etre-pro-France-2783.html

C’est la culture de mort qui détruit la France

Depuis le début de l'humanité toute civilisation est confrontée à une culture qui tend à sa disparition et peut être qualifiée de « mortifère ». Cette culture dite « de mort » peut être endogène ou exogène. Quand elle ronge de l'intérieur, elle peut être qualifiée de « suicidaire » : elle favorise la désunion et la perte de sens du lien social. Lorsqu'elle influe de l'extérieur, nous la qualifierons de « criminelle » : il s'agit généralement d'autres peuples ou nations qui souhaitent prendre le contrôle ou tout simplement anéantir cette civilisation. Le plus souvent, la culture de mort combine les deux modes pour arriver à sa fin.

La civilisation française multiséculaire, au cœur de la « vieille Europe », ne fait pas exception à cette réalité historique. Depuis sa fondation, que je ferai remonter au baptême de Clovis, roi des Francs, elle doit faire face sans cesse à de multiples attaques. Elle est aujourd'hui réellement menacée par une culture de mort  de type suicidaire, particulièrement virulente depuis une quarantaine d'années.

Les grandes pensées qui ont dominé les XIXème et XXème siècles (scientisme, nihilisme, matérialisme et enfin existentialisme) ont mené la France dans l'impasse de mai 68, symbolisée par le slogan absurde : « Il est interdit d'interdire ». On voulut alors porter ' « l'imagination au pouvoir », et c'est bien la tyrannie des fausses idoles qui advint, avec son cortège de comportements addictifs dans les domaines de la vie privée : cigarettes, alcool, drogues , boulimie, anorexie, sexualité dépravée, comportements à risques, surconsommation, dépendance aux écrans, aux jeux, adulation des stars, etc.

Ces dysfonctionnements comportementaux de l'individu retardent son épanouissement et limitent sa faculté de penser et d'agir librement sur l'environnement. Ils l'empêchent à terme de créer des liens durables et de planifier, puis d’élaborer des projets de longs termes, favorisant l’analphabétisme, l’appauvrissement, le chômage, les divorces et les avortements.

Face à cette impossibilité de réaliser pleinement ce qu'il est, l'individu adopte des comportements de fuites – repli sur soi, dévalorisation de sa personne, obsessions , névroses... – pouvant aller jusqu' à la dépression nerveuse et finalement au suicide. Ces comportements privés, adoptés de manière majoritaire, ont évidemment des répercussions directes sur la gestion du pouvoir politique et des biens publics. Les effets les plus visibles de cette gestion court-termiste sont notamment la dépénalisation, puis la promotion des comportements addictifs destructeurs, l'organisation de l'assistanat, la négligence des fonctions régaliennes, la dégradation de l'environnement et le surendettement public de l'Etat.

Si l'on ne devait retenir de tous ces fléaux que celui de l'avortement , il montre à quel point la logique suicidaire de la France est avancée : depuis près de 40 ans, 7 millions de personnes, qui devraient être âgés de 0 à 35 ans aujourd'hui, y ont été supprimées. Près de la moitié de femmes en âge de procréer ont connu dans leur période de fertilité au moins un avortement. Il en va de même des hommes, qui, certes, ne vivent pas l'avortement dans leur chair, mais en souffrent dans leur paternité blessée. Et ce n'est que l’un des fléaux – sans doute le plus virulent et le plus abominable – qui relèvent de la logique suicidaire de la France. Si nous devions considérer ceux-ci dans leur ensemble, nous comprendrions que la simple survie de cette nation est déjà un miracle en soi !

Je ne conteste pas la réalité de l'islamisation, ni de la menace de remplacement de notre civilisation par celle de l'islam mais cet anéantissement final est largement précédé d'un travail de sape à l'intérieur de nos frontières et de nos familles. Il nous faut d'abord redonner vie et sens à notre tissu social avant de vouloir empêcher les autres de l'éliminer.

Aujourd'hui, si l'on gratte un peu son vernis technologique, on constate que le niveau culturel de notre société ne vaut guère mieux que celui des nomades animistes ou des chrétiens désorientés de l'Afrique du nord, qui furent très tôt et facilement colonisés par les musulmans. Soyons franc : si vous étiez musulmans, recommanderiez-vous à votre fils ou à votre fille d'adopter les comportements promus par les médias et le pouvoir politique ? Et que pourriez-vous leur proposer en échange, sinon votre propre chemin et les enseignements de votre « imam » ?

Si nous voulons réellement résister à l'islam, il nous analyser en profondeur notre faiblesse et y remédier. Passer pour nous -même, pour nos enfants et nos amis d'une philosophie de l'existant, de la matière et de l'absurde, à une philosophie de l'être. Admettre qu’il existe un Être qui n'est pas dépendant de ma pensée mais qui éclaire ma conscience pour lui indiquer le bien et le garder du mal. Je recommande en ce temps de carême la lecture du testament politique et spirituel de Jean-Paul II« Mémoire et Identité ».. Son chapitre II, intitulé « Idéologies du mal », décrit remarquablement le lien entre les philosophies des lumières et l'avènement des communisme, nazisme et relativisme actuel.

Jean Pirnay

* « Pro-France avant d'être pro-vie ou pro-vie avant d'être pro-France », Les 4 Vérités, 11 mars 2010.


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