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C’est le bon moment pour nous réconcilier avec les Etats-Unis


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Dumait Alain - lundi 19 avril 2004


Ces temps-ci, on entend ricaner très fort tous ceux qui étaient contre l’intervention américaine en Irak. Pour un peu, les américanophobes français se réjouiraient presque de ses déboires !

Certes, un an après la fin officielle de la guerre en Irak, plusieurs mois après la capture piteuse de l’ex-tyran Saddam Hussein, la situation sur le terrain n’a jamais été si mauvaise pour les troupes de la coalition. Celles-ci déplorent un plus grand nombre de tués et de blessés depuis la fin officielle du conflit que durant celui-ci ! Et le nombre de civils irakiens tués dépasse le chiffre de 600, avoisine peut-être le millier.

Depuis quelques jours, la mise en œuvre de la technique de la prise d’otages marque une nouvelle étape dans la détérioration de cette situation.

Malgré le caractère indéniablement dramatique de cet état de choses, souligné à l’excès par les images transmises par la télévision, il faut néanmoins faire l’effort, comme toujours, de le relativiser. Et le bilan vaut autant pour les populations civiles que pour les militaires américains et des autres pays ayant envoyé des troupes en Irak. La comparaison avec le Vietnam est très exagérée…

On est très loin des chiffres atteints par l’un ou l’autre des génocides que l’humanité a eu à déplorer au cours des dernières décennies… Le régime irakien défunt est à l’origine de quelque 2 millions de morts et de 3 ou 4 millions de réfugiés…

Maintenant qu’ils sont en position défensive sur le terrain, les États-Unis voient se mobiliser aux côtés des agitateurs irakiens, leurs ennemis traditionnels, les Iraniens, aux côtés de l’imam chiite radical Moqtada al-Sadr, et les Syriens aux côtés des rebelles sunnites.

Pour autant, un retrait précipité des forces coalisées ne peut certainement pas être envisagé. Ce serait une déroute. C’est pourquoi, envers et contre tout, le Président des États-Unis George Bush réaffirme que la souveraineté du pays sera rendue aux Irakiens le mercredi 30 juin prochain. Ce sera un gouvernement provisoire, nommé par des forces d’occupation, mais un gouvernement 100 % irakien qui, en principe, autorisera et cautionnera le maintien en Irak de forces militaires occidentales importantes, continuant, au-delà du 30 juin, leurs opérations en cours contre les insurgés sunnites et les radicaux chiites.

Aujourd’hui, il est facile d’observer qu’on a beaucoup surestimé les chances d’aboutir a des changements pacifiques en Irak. Non seulement les sanctions économiques contre le régime de Saddam Hussein n’avaient pas réussi à le faire partir, mais elles avaient même abouti à l’inverse de l’effet recherché, c'est-à-dire à faire souffrir davantage les populations civiles et à plutôt conforter les pouvoirs du dictateur. Les pressions internationales de toutes sortes n’étaient pas parvenues à l’ébranler. On se plaît maintenant à rappeler qu’officiellement les troupes américaines sont allées en Irak pour y chercher des preuves de l’existence de stocks d’armes de destruction massive qui n’existaient pas. On s’excuse donc d’avoir à rappeler que si le dictateur irakien niait, en effet, détenir de telles armes, il s’est refusé, jusqu’au bout, à s’engager à ne pas en reconstituer.

Sans doute y a-t-il des régimes politiques pires encore que celui de l’ex-chef du parti Baas. Dans l’horreur, celui-ci n’était déjà pas mal… Et on ne peut que se réjouir qu’un régime épouvantable soit balayé, quelles que soient les conditions dans lesquelles ce nettoyage est effectué. On pouvait ne pas aimer les communistes vietnamiens et cependant se réjouir qu’ils aient envahi le Cambodge pour éliminer les Khmers rouges. On regrette de ne pas rencontrer souvent des Français anti-américains qui se réjouiraient néanmoins de l’élimination de Saddam Hussein.

La télévision nous livre chaque jour son flot d’images saisissantes. Elle se focalise sur ceci puis sur cela. Nulle ne peut savoir ce qui fera la Une des journaux télévisés demain ou après-demain. Un calme même relatif peut être rétabli en Irak. Après tout, les pays qui vivent dans l’angoisse quotidienne du terrorisme sont de plus en plus nombreux à travers le monde. C’est même cette généralisation des actes terroristes, au Moyen-Orient, en Amérique comme en Europe, qui nous oblige à nous mobiliser, à nous réunir, pour essayer d’y faire face.

Pour garder en mains la situation, du point de vue du maintien de l’ordre, les troupes américaines en Irak réclament à leur chef, George Bush, le renfort de plusieurs brigades. Non pas pour s’incruster dans un pays où ils n’ont rien à faire, mais pour créer, le plus rapidement possible, les conditions d’une succession, au moins pluraliste, si ce n’est démocratique. Il est de l’intérêt de l’Organisation des Nations unies de soutenir ce processus. Il serait de l’intérêt de la France et de l’ensemble des pays occidentaux d’oublier les querelles récentes et d’apporter, d’une façon ou d’une autre, sur le terrain, leur soutien aux États-Unis, ce qui serait apprécié comme scellant une véritable réconciliation.


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