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C’est le moment de remettre les syndicats à leur place


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Rouxel Jean - jeudi 22 novembre 2007

syndicats, regimes-speciaux
On peut se demander si les concessions faites par le gouvernement aux syndicats, afin de leur faire avaler la réforme des régimes spéciaux de retraite, ne sont pas plus importantes, en valeur, que celles demandées aux bénéficiaires. Car, si le gouvernement reste ferme sur les quarante années de cotisation, pour une retraite à taux plein, il a multiplié les contreparties, sous forme de « bonifications », « décotes » réduites, augmentations de salaires garanties en fin de carrière, alors que le calcul de la pension se fait sur la base de la feuille de paie des six derniers mois, au lieu des 25 meilleures années dans le régime général !

Il y aura bientôt d’autres occasions de conflits, y compris sur cette affaire des retraites, puisqu’une remise à plat des différents régimes a été promise pour 2008. On sait que les pouvoirs publics, s’appuyant sur l’augmentation moyenne de l’espérance de vie (un trimestre de plus chaque année…), entendent programmer une augmentation progressive de la durée des cotisations ouvrant le droit à une pension complète, d’abord 41 ans, puis 42…

Si on ajoute à cela l’inexistence de l’opposition politique de gauche, parti socialiste compris, on peut considérer que, certainement, ce sont les syndicats qui vont demeurer en première ligne pour s’opposer à la politique sociale du gouvernement.
C’est pourquoi, le gouvernement eut été bien inspiré de remettre les syndicats à leur place dès le début de ce nouveau quinquennat. Or, les conditions dans lesquelles la grève des transports publics se déroule depuis le 13 novembre soulèvent des questions dont le législateur devrait se saisir d’urgence.

- le gouvernement dit faire systématiquement dégager les sites où des voies de fait, contre les biens ou les personnes, sont constatées. C’est reconnaître qu’il tolère les occupations illégales lorsqu’elles ont lieu sans violence. Comme il supporte les piquets de grève. Or, 2 000 cheminots déterminés, bien placés dans certains postes de contrôle, peuvent bloquer tout le réseau. C’est une atteinte caractérisée à la liberté du travail.

- la présidente de la SNCF affirme que les jours de grève ne seront pas payés. Encore faudrait-il que les personnels grévistes et non-grévistes fassent l’objet d’un pointage précis, ce qui n’est pas le cas…

- dans plusieurs pays, comme en Allemagne, les salariés bénéficiant d’une garantie d’emploi à vie n’ont pas le droit de grève. C’est logique. Serait-il possible que ce point soit un jour débattu à l’Assemblée nationale ?

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