Trémeau Bernard - mercredi 05 avril 2006
[Notre dossier CPE] Le CPE introduit plus de souplesse dans l’embauche et le licenciement d’un salarié. Il permet ainsi à une entreprise qui prévoit une augmentation de son activité, d’embaucher rapidement un salarié Elle le conservera si son activité se maintient. Elle le licenciera facilement, plus tard, si son activité régresse.
Le CPE permet de licencier, en n’exposant plus l’employeur à un contentieux juridique imprévisible, interminable et très coûteux. L’employeur n’a pas à justifier son licenciement, donc le salarié licencié ne peut plus saisir la justice. Si la nouvelle loi proposée par le président réintroduisait le risque de ce contentieux juridique, le CPE risque de ne pas intéresser les employeurs. Pour relancer l’économie, il faut faire ce qu’a fait Mme Thatcher en Angleterre, et la copier comme Reagan l’a fait aux USA. Mme Thatcher avait trouvé un pays écrasé d’impôts, rongé par le chômage. Elle a réduit de façon très importante les impôts et les contraintes pesant sur les « riches » et sur les entreprises. Elle a su résister pendant des mois à des grèves très dures. Il semble que notre président ait décidé pour une fois de copier lady Thatcher.
L’économie américaine était écrasée par le New deal de Roosevelt. Chômage, pauvreté et précarité touchaient le pays. Ronald Reagan a copié Margaret Thatcher. L’économie des USA est aujourd’hui un bel exemple de réussite économique. Selon une étude publiée par la FED le 15 mars, les profits et les investissements des entreprises américaines augmentent sérieusement. Elles investissent. La productivité du pays augmente donc, ce qui lui permet de lutter contre importations chinoises ou indiennes et de créer en moyenne 230 000 emplois par mois, ce qui correspondrait à 60 000 emplois en France. Les emplois créés augmentent dans de nombreux États américains. Le chômage se situe en moyenne nationale à 4,8 %, mais le salarié américain sans emploi retrouve rapidement un nouvel emploi. Aujourd’hui, des salariés de plus en plus nombreux n’hésitent plus à rompre leur contrat pour choisir un autre employeur…
Dans un tiers des États, le nombre des demandeurs d’emploi est tombé à 3 %. Et même, il est passé en dessous dans 33 villes américaines. La main-d’œuvre devient rare. Les hôteliers de Floride envisagent d’aller embaucher directement au Mexique. Les salariés américains devenant rares, leurs salaires augmentent. Ils ont augmenté de plus de 3,5 % en un an. Ce n’est plus le chômage qui inquiète les Américains, c’est la surchauffe. C’est un manque de main-d’œuvre qui entraîne une augmentation inflationniste des salaires…
La FED, après une période de grande laxité, a donc choisi une politique de restriction de la création monétaire en augmentant ses taux courts, qui viennent encore d’augmenter de 0,25 %. Les salariés français étant en apparence devenus trop nombreux, Mme Aubry a décidé de rationner le travail, pour le répartir. Depuis, les salaires n’augmentent plus, voire diminuent. Les étudiants ont peur de ne pas trouver un travail. Ils manifestent au lieu d’étudier.
De plus, la politique socialo-égalitariste menée par la France écrase d’impôts ceux qui produisent des richesses pour donner de l’argent à ceux qui ne produisent rien. La demande augmente alors que l’offre est réduite. L’inflation est la conséquence normale de cette situation. Pour lutter contre cette inflation, la Banque Centrale Européenne (la BCE) est obligée d’augmenter ses taux. Son action risque de ralentir encore le développement économique de la France. Après la dernière guerre, tous les pays développés, sans exception, avaient choisi la politique socialo-égalitariste de répartition des revenus prônée par Keynes. Ils ont tous été atteints par le chômage. Lady Thatcher a proposé une autre politique économique. Le chômage a disparu dans tous les pays qui l’ont imité, sans aucune exception. Notre président semble vouloir imiter la fermeté de Mme Thatcher. Il devrait surtout imiter sa vision de l’économie…
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