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Caterpillar


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Trémeau Bernard - vendredi 17 avril 2009

syndicats
Pour la troisième fois en France, les dirigeants d’une usine qui licencie sont séquestrés: Après Sony France et 3 M, c’est le tour de Caterpillar Grenoble.

Caterpillar est une entreprise américaine qui construit de gros engins pour les chantiers. La crise des sub-primes lui a fait perdre brutalement 80 % de ses clients… Sans clients, une entreprise fait faillite. Son patron doit donc réagir pour éviter la faillite. Il arrête immédiatement ses achats, ce qui va mettre en difficulté tous ses fournisseurs. Il essaye ensuite d’obtenir des crédits de ses banques pour pouvoir continuer à payer ses impôts ou ses salariés. Mais les banques se font tirer l’oreille : le crédit coûte très cher et des garanties sont demandées.

Il réduit enfin ses dépenses salariales. Il met d’abord ses employés au chômage partiel. Il les licencie ensuite. Continuer à produire au même rythme qu’avant serait une pure folie : les engins Caterpillar non vendus s’aligneraient de plus en plus nombreux sur le parking des entreprises.
Caterpillar est donc une importante multinationale américaine qui a pratiquement perdu tous ses clients du fait de la brutale et trop forte restriction des crédits effectuée par la banque centrale américaine en mai 2007.

Caterpillar France emploie 2800 salariés sur ses 2 sites de Grenoble et d’Echirolles. Dans un premier temps, la mise au chômage partiel avait permis de retarder les licenciements, conservant ainsi tout le potentiel de l’entreprise. Mais les clients ne revenant pas, le 26 février 2009 Caterpillar France annonce le licenciement de 733 salariés.

733 salariés qui avaient déjà vu leurs revenus fortement amputés du fait du chômage partiel sont condamnés à perdre définitivement leur emploi. Ils se révoltent et se mettent en grève, ce qui aggrave les difficultés de Caterpillar France et expose l’entreprise à un dépôt de bilan, donc probablement à une fermeture totale et définitive. Direction et représentants syndicaux négocient alors : c’est leur intérêt à tous les 2. La négociation en cours avait permis de réduire à 600 le nombre des licenciements, et avait obtenu des primes compensant en partie les pertes de salaires. La direction croyait ainsi pouvoir arrêter la grève mortelle.

C’est alors que les salariés de l’entreprise et leurs représentants, pour faire monter la pression un peu plus haut et obtenir encore plus, séquestrent 4 de leurs dirigeants. Les représentants syndicaux, plus ou moins débordés par la « base » décident ainsi en toute illégalité de recourir à la violence. Mais ils justifient leur action en disant que la violence d’un licenciement économique est bien plus grande que l’emprisonnement pendant quelques jours dans un bureau.

Immédiatement l’affaire grenobloise prend une dimension nationale. Certains opposants politiques à Nicolas Sarkozy, Olivier Besancenot en tête, prennent le parti des salariés. Pour eux, dans un état mal géré économiquement, le recours à la violence devient nécessaire. Par contre de nombreux partisans ou opposants à Nicolas Sarkozy sont scandalisés par ce non respect de la démocratie et des lois républicaines.

Les 4 dirigeants sont maintenant relâchés. De nouvelles négociations sont alors prévues à la direction départementale du travail, avec participation du gouvernement français, des directions américaine et européenne du groupe Cartepillar. Les représentants syndicaux décident alors de ne pas se rendre à la table des négociations…

L’affaire Caterpillar concrétise bien la situation actuelle de la France. Les coûts de production des entreprises installées en France sont chaque mois un peu plus élevés qu’à l’étranger. Il est évident que les entreprises qui ont une dimension mondiale ferment en priorité les usines installées en France. Les salariés français deviennent de plus en plus certains qu’ils vont perdre leur emploi. Ils se révoltent donc et n’hésitent pas à opposer leur violence à la violence qu’ils subissent.
Il est donc urgent de changer de politique économique. C’est parfaitement possible.

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