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Ce que nous devons aux États-Unis


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Milliere Guy - mercredi 10 juin 2009

etats-unis
Le discours prononcé par Barack Obama le 4 juin au Caire a été consternant. Il faudra y revenir, d’autant plus que l’essentiel de la presse française l’a décrit de manière élogieuse.

Le discours prononcé par le même Barack Obama deux jours plus tard, le 6 juin, à Omaha Beach, a été de meilleure tenue et, quand bien même on y trouvait des traces de relativisme culturel, a rappelé les valeurs fondamentales qui ont fait les États-Unis d’Amérique.

Les meilleurs discours, ce jour-là, n’en ont pas moins été celui de Gordon Brown, et, surtout, celui du Premier ministre canadien Stephen Harper.

Eux seuls ont rappelé que le combat qui s’était mené sur les côtes normandes il y a soixante-cinq ans avait abouti à la fin du nazisme et du fascisme, mais s’était prolongé dans la lutte contre le communisme qui devait garder prisonnière une moitié de l’Europe pour plus de quatre décennies supplémentaires et se prolongeait aujourd’hui partout où la dignité de la personne humaine est menacée, du Soudan à l’Afghanistan, de l’Irak au Zimbabwe et en Chine.

Gordon Brown a cité Anne Frank et rappelé que la chute du nazisme avait mis fin à un régime qui avait placé au centre de ses obsessions meurtrières un antisémitisme que certains s’activent à faire renaître.

Le discours le plus médiocre de tous ceux tenus le 6 juin a été, je regrette de le dire, celui de Nicolas Sarkozy, qui aurait pu, au moins ce jour-là, éviter le « politiquement correct » à la française : citer parmi les luttes situées dans la lignée de la libération de l’Europe la préservation de la nature avait une dimension ridicule.

Dire que les Nations Unies ont fait partie des résultats majeurs de cette même libération constitue presque une insulte aux morts. Est-ce honorer leur mémoire que de dire qu’ils se sont battus pour la naissance d’une institution stérile, impuissante, et dont les actions contredisent de plus en plus souvent les objectifs initiaux ?

Citer les états d’âme d’un soldat allemand songeant à la mort du jeune Américain sur qui il vient de tirer n’était pas du meilleur goût : le jeune Américain se battait pour une cause noble, le soldat allemand défendait un régime abject. Mettre l’un et l’autre en parallèle, sous prétexte qu’ils ont tous deux souffert, témoigne d’un délabrement moral préoccupant.

Insister comme l’a fait Sarkozy sur la participation de Belges ou de Tchèques, et placer ceux-ci sur le même plan que les soldats américains, canadiens et anglais constitue une révision de l’histoire dont Sarkozy aurait pu se dispenser, tout spécialement là où il parlait. Les neuf mille croix de bois blancs et les quelques dizaines d’étoiles de David alignées à Omaha Beach témoignent du sacrifice de gens qui venaient essentiellement d’outre-Atlantique. Ce n’était pas un jour où parler de soldats belges ou tchèques, ou alors, plus discrètement.

Mais Chirac a fait bien pire, il y a cinq ans…

Quoi qu’il en soit, c’est l’Europe qui a fait naître les doctrines totalitaires qui ont ensanglanté le XXe siècle : nazisme, fascisme, communisme. C’est l’Europe qui s’est détruite elle-même pendant la Première Guerre mondiale, puis, de façon plus profonde et irrémédiable, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce sont les États-Unis qui ont mis fin à la boucherie une première fois. Ce sont à nouveau les États-Unis qui ont mis fin au fascisme, au nazisme et à leurs crimes. Ce sont les États-Unis toujours qui ont gagné la guerre froide et ont permis que l’Europe soviétisée retrouve la liberté.

Le 6 juin devrait être célébré comme un jour de gratitude où l’Europe a été sauvée de ses propres démons par des jeunes gens venus d’Amérique
, qui ont sacrifié leur vie pour une cause immense : celle de la liberté. La gratitude implique que nous leur rendions hommage et que nous honorions leur mémoire en rappelant, comme l’ont fait Gordon Brown et Stephen Harper, que le combat pour la liberté continue et suppose une éternelle vigilance.

Sans les États-Unis, nous serions sur un continent très différent. Hitler, Staline ou leurs descendants auraient pu gagner. Je ne l’oublie jamais. Il est des dettes que tout l’or du monde ne pourrait rembourser.

Tout adolescent devrait visiter deux lieux sur le continent européen : Auschwitz, pour voir ce que fut le nazisme, et Omaha Beach, pour savoir ce que nous devons aux États- Unis…

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En bref
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«Le PSE et le PPE ont voté ensemble 97 % des décisions prises au Parlement européen. C’est quand même incroyable : droite et gauche se tirent la bourre en France, mais dès qu’elles arrivent à Bruxelles, elles s’arrangent entre elles ! »
JEAN-LUC MÉLENCHON, FONDATEUR DU FRONT DE GAUCHE

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«Il n’est pas question que la Turquie adhère à l’Europe, ni aujourd’hui, ni demain, ni après-demain. »
XAVIER BERTRAND, SEC GAL DE L’UMP

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«Nous avions fait une proposition unitaire au Front de gauche de Mélenchon: celle d’un front anticapitaliste qui propose, par exemple, un service public bancaire ayant le monopole du crédit et non un simple pôle public en concurrence avec des groupes privés. »
OLIVIER BESANCENOT

ÉVALUATION
«La France est un pays où l’on ne sait pas, et ne veut pas, évaluer réellement une politique. Mais juste faire des effets de manche avec des chiffres amputés de leur signification. »
JACQUES DONZELOT, SOCIOLOGUE

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«La politique, c’est comme le rugby. C’est gentil, le romantisme du dernier carré, mais seule la victoire est belle ! »
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«Hitler ayant un jour commandé un café crème dans une brasserie viennoise, je propose de présumer antisémite tout salopard qui commandera impunément un café crème dans un bistrot. Et pour enfoncer le clou, je rappelle aux assassins de la mémoire que Drumont, tout en écrivant ses cochonneries, se fouillait régulièrement le nez. De quoi il ressort que mettre les doigts dans son nez sera dorénavant regardé comme un acte antisémite de la plus haute gravité! »
OLIVIER MAULIN, ÉCRIVAIN




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