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Ce qui me fait peur


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Lambert Jean-Claude - vendredi 14 janvier 2011

immigration
A en croire Olivier Dassault dans son éditorial de Valeurs Actuelles n°3867, les Français seraient pessimistes. Sur le fond, il a raison. Mais mon pessimisme n'est pas dû à la promesse des immenses efforts que l'on devra fournir pour redresser la situation comme il le laisse entendre.

Mon pessimisme est dû à l'absence de mesures énergiques qui devraient être prise pour redresser la situation. Depuis bientôt vingt ans, j'ai l'impression d'être dans un autobus piloté par un conducteur ivre, dans le brouillard, sur une route de montagne.

Quand l'on me vante les amortisseurs sociaux et une relance calibrée, j"ai peur : la relance a créé une dette abyssale et les amortisseurs sociaux ont fait une génération d'assistés, associaux et irrécupérables.

Quand l'on m'annonce comme but suprême pour régler le problème de la dette, un déficit à trois pour cent en 2014, j'ai peur. Il faut des excédents pour éponger une dette.

Quand l'on écrit que les agences de notation classent la dette de la France triple A, j'ai peur. En effet, ces mêmes agences classaient avec la même note, en 2007, Lehmann Brother, les obligations Madoff et les emprunts grec et irlandais.

Quand l'on écrit que le taux de natalité en France est le plus élevé d'Europe, j'ai peur. Pourquoi interdit-on la publication des statistiques des prénoms des nouveaux nés ? Les Françaises de souche font 1,9 enfant par femme pour un taux de natalité général de 2,6…

Quand on déclare 65 millions de consommateurs, j'ai peur. J'ai connu une France heureuse de 40 millions de gaulois. Avec deux cent mille nouveaux entrants par an, l'on n'est pas prêt de résoudre le problème du logement.

Quand, pour louer les réformes réalisées, l'on inclut les régimes spéciaux, j'ai peur. Ces réformes ont été faites à la marge, voire à la marge de la marge. La règle devrait être : « A cotisations égales, pensions égales en durée et en montant, libre choix du régime de retraite et l'assurance maladie ». Tout le reste est du pipo.

Des mesures pour restaurer l’optimisme

Un sondage classe parmi les pays « optimistes » le Kossovo et l'Afghanistan. Pas étonnant, puisque l'on a aidé les Kosovars à chasser les Serbes, qui étaient chez eux ; quant aux Afghans, après trente ans de guerre, les choses ne peuvent que s’améliorer…

Moi, par contre, à 73 ans, je vois ma douce France s'écrouler et j'ai peur de voir l'autobus au conducteur ivre aller au ravin. Après le cauchemar de la guerre 39-45 tous les Français étaient optimistes, pourtant ils avaient conscience de l'immense effort qu'ils allaient devoir faire  pour redresser le pays.

Après 60 ans de prospérité, l'on sait très bien que les beaux jours sont derrière nous, que nos dirigeants n'envisagent que leur réélection et que, de toutes façons, les plus lucides d'entre eux savent très bien qu'ils n'ont aucun pouvoir pour inverser la tendance. Il n'y a cas voir les commentaires télévisés de tous les intervenants, socialistes en tête, pour avoir peur.

J'attends depuis plus d'une décennie un signe me permettant de croire que l'on cesse de dégringoler et ce signe ne vient pas. En 2007, j'y ai cru.

Je prendrais comme un signe positif les quelques mesures suivantes :

  • l'exemple devant venir d'en haut, la suppression d'un poste d'élu sur deux à toutes les prochaines élections, pendant cinq ans.

  • l’instauration immédiate du droit du sang et l’interdiction du regroupement familial ;

  • la suppression de l'aide médicale d'Etat pour les étranger sans papier et leur reconduite à la frontière ;

  • l’instauration du chèque éducation et du référendum d'initiative populaire à la manière Suisse ;

  • la réduction drastique des subventions aux associations plus ou moins bidons et la suppression des organismes d'Etat parasites, comme la Halde.

Avec seulement la moitié de ces mesures, je redeviendrais optimiste. Il est encore permis de rêver, même au dessus de ses moyens.


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