Rouxel Jean - mardi 11 janvier 2011
sarkozy
Dimanche 9 janvier, Nicolas Sarkozy présentait en Guadeloupe ses vœux aux Français d’Outre-mer. Il y a exposé deux principes excellents, mais qui, hélas, sont quotidiennement bafoués.
Tout d’abord, il a déclaré que « l’avenir ne peut pas être résumé dans l’assistance » (avec les allocations sociales, dont on sait qu’elles sont considérablement plus utilisées outre-mer qu’en métropole) et a invité les ultra-marins à prendre leurs responsabilités.
Qui pourrait s’opposer à un tel discours ? Et, d’ailleurs, ce discours ne vaut pas seulement outre-mer, mais aussi en métropole. Or, les politiques ont tout fait depuis des décennies pour élargir chaque année un peu plus le champ de l’assistanat et pour réduire celui de la responsabilité. Essayez de lancer votre entreprise et vous verrez de quoi je parle !
On parle beaucoup ces temps-ci de fraudes aux allocations. Et on a raison de dénoncer ces gouffres financiers (qui sont aussi des pompes aspirantes de l’immigration). Mais il faut bien voir que c’est, aujourd’hui, l’État-providence dans son ensemble qui constitue une gigantesque incitation à la fraude.
Or, la démagogie électoraliste trouve naturellement son avantage à cette gabegie.
On ne comprendrait rien à la faillite actuelle de l’État français, si on ne voyait pas que toutes les élections donnent une prime substantielle à celui qui promet des lendemains qui chantent, moyennant une large distribution d’argent public.
Si Nicolas Sarkozy veut lutter contre l’assistanat, qu’il lutte donc contre la démagogie !
Deuxième idée excellente développée dans ce discours de vœux : « On peut être égaux sans être semblables. L’unité n’est pas l’uniformité. »
Certes, mais alors comment expliquer toutes les lois « anti-discrimination » ? Comment expliquer les lois sur la parité, qui veulent à toute force faire des femmes « des hommes comme les autres » ?
Et comment expliquer aussi qu’au fronton de la constitution de 1958 figure le slogan mortifère des révolutionnaires de 1789, selon lequel la République est « une et indivisible ». Au nom de ce principe, on a jadis supprimé toutes les libertés provinciales, toutes les associations professionnelles… Aujourd’hui, on interdit toujours aux collectivités locales de prendre leurs responsabilités sans la bénédiction étatique. À quand une vraie unité nationale sans uniformité, à quand une vraie subsidiarité, pour l’Outre-mer, mais aussi pour la métropole ?
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