Trémeau Bernard - mercredi 06 avril 2011
charges-sociales
Bien des responsables économiques et politiques français sont persuadés, après Karl Marx, que les entrepreneurs exploitent leurs salariés.
C’est en effet le salarié qui travaille et produit ce que les clients achètent à l’entreprise. Le patron dans son bureau ne produit rien. Il ne fait qu’organiser la production.
Quant au conseil d’administration qui donne ses ordres au patron, il est composé d’actionnaires qui cherchent à mettre le plus d’argent possible dans leur poche.
Il est donc normal, pour un marxiste, que l’État prenne la défense des salariés. L’imposition des bénéfices est un des nombreux moyens dont dispose l’État pour s’opposer à « l’exploitation de l’homme par l’homme ».
Dans l’Europe qui a aboli les droits de douane et créé la monnaie unique, la France bat un record : c’est le pays qui impose le plus les bénéfices de ses entreprises. Le taux d’imposition de la France est de 34,43 %, contre 29,3 % pour l’Allemagne… ou 12,5 % pour l’Irlande.
Si la vision marxiste de l’économie avait correspondu à la réalité, les salariés français devraient être les plus heureux de toute l’Europe. Or, ce n’est pas le cas. Le chômage est plus important en France, alors que le pouvoir d’achat des salariés allemands est supérieur au pouvoir d’achat des salariés français.
Il y a donc un sérieux problème.
Une entreprise fait des bénéfices quand elle a suffisamment de clients qui lui achètent ses produits. Il faut donc qu’elle offre à ses clients soit des produits nouveaux qui plaisent, soit des produits anciens moins coûteux à qualité égale.
Or, pour offrir de tels produits, l’entreprise doit « investir », c’est-à-dire dépenser de l’argent pour modifier l’appareil de production qu’elle met à la disposition de ses salariés.
Plus les bénéfices sont importants, plus les entreprises auront à leur disposition de l’argent pour investir. Mais plus les impôts sur les bénéfices sont importants, moins les entreprises ont d’argent à leur disposition pour conquérir de nouveaux clients.
Les responsables politiques français suppriment d’un côté les droits de douane en créant la monnaie unique et, de l’autre, imposent plus les bénéfices de leurs entreprises. Un tel comportement est absurde.
Ceux qui ont fait des économies et cherchent à tirer des revenus de leurs économies vont confier ces économies à des banques. Ces banques placeront en priorité ces capitaux dans les entreprises qui font le plus de bénéfices. Si elles faisaient le contraire, on trouverait leur comportement très curieux. Mais plus les bénéfices sont diminués par les impôts, moins les banques sont intéressées.
Ainsi les investissements progressent plus rapidement dans les entreprises allemandes que dans les entreprises françaises.
À l’opposé, les entreprises ont souvent besoin de capitaux pour acheter des machines nouvelles. Plus leurs bénéfices sont élevés, plus elles trouvent facilement de l’argent à emprunter. Plus l’État réduit ces bénéfices en les imposant, plus le coût des emprunts ou les garanties à donner seront élevés.
Les marxistes proposent enfin une solution miracle : la nationalisation. On n’impose plus les bénéfices, on les met tous dans les poches de l’État.
Dans tous les pays où les marxistes ont pris le pouvoir et ont donné à l’État les bénéfices des entreprises, la concurrence a disparu et, avec elle, l’innovation. Le pouvoir d’achat stagne, voire régresse.
La Chine communiste actuelle a, par contre, laissé à ses entreprises leurs bénéfices. Le pouvoir d’achat y progresse de 10 % par an… Du coup, de nombreuses entreprises françaises créent des filiales en Chine.
Dans notre pays, plus de la moitié de l’économie est nationalisée. Certaines entreprises nationalisées soumises à la concurrence internationale arrivent à être très performantes, comme Areva qui fournit des centrales nucléaires clef en main.
Mais les entreprises nationalisées non soumises à la concurrence, comme la SNCF ou la RATP, sont loin d’être très performantes. Le transport des marchandises effectué par les Hollandais ou les Allemands sur notre réseau ferré est bien moins coûteux que le transport effectué par la SNCF.
Vouloir d’un côté s’unir à d’autres peuples par une monnaie unique et continuer de l’autre à imposer plus ses entreprises relève de l’utopie.
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