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Chaînes publiques : sans la pub, ce sera encore pire


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Rouxel Jean - mercredi 23 janvier 2008


La décision de Nicolas Sarkozy de supprimer la publicité dans l’audiovisuel public est saluée comme une promesse d’amélioration des programmes, enfin libérés des bassesses du mercantilisme. Cet espoir est illusoire.

Les chaînes privées obéissent à leurs actionnaires, qui ont l’œil fixé sur l’audimat parce qu’il conditionne les recettes publicitaires. Cela favorise les émissions poubelle de type « reality show », et les séries américaines. Jusqu’à maintenant, les chaînes publiques avaient deux maîtres : l’audimat et le pouvoir. Celui-ci est d’ordre politique – excluant la vraie droite des plateaux du service public – et culturel. L’ensemble constitue le politiquement correct.

Les feuilletons faits maison du service public glorifient un héros pour chaque minorité « visible » – un Noir, un Beur… – « sexuelle » ou religieuse. S’il n’est pas immigrationniste, le Français de souche y est laid, bête et méchant. Les pouvoirs publics utilisent les subventions pour canaliser dans cette direction la production française. Cette pression s’est renforcée depuis les émeutes de novembre 2005 : il faut persuader l’opinion publique que l’intégration des immigrés est possible.

La suppression de la publicité, donc de l’audimat, n’améliorera pas la qualité des programmes du service public. Au contraire. Les séries américaines seront évincées, alors qu’elles sont de bonne qualité pour la plupart. Elles ont l’inconvénient de ne pas véhiculer les cultures française et européenne. Mais celles-ci seront encore plus bafouées par un surcroît de ces feuilletons stupides et vulgaires de facture « française » saturés de culturellement correct que fournit le service public. La langue française y est surtout représentée par le verlan. Les impératifs du politiquement correct étendront le champ de ces productions-là, aux dépens d’adaptations d’œuvres des patrimoines culturels français et européen, comme la série de contes et nouvelles de Maupassant diffusée sur France 2 en mars dernier, qui connut pourtant un grand succès.

En supprimant l’audimat, on n’aura plus que l’emprise délétère du pouvoir. Le contribuable n’y gagnera rien. On cite la BBC comme paradigme du service public. Mais son réseau est mondial, et elle tire un quart de son budget de ses ressources propres. En outre, le culturellement correct la corrode. Ici, il intoxique les émissions de France-Culture – sauf une, « Répliques », d’Alain Finkielkraut, diffusée le samedi de 9 h 10 à 10h. France Culture a toujours vécu à l’abri de l’audimat.

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