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Charbonnages : on a subventionné le déclin


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Trémeau Bernard - samedi 15 mai 2004


La mondialisation de l’économie permet de consommer en France du charbon produit dans des mines africaines ou asiatiques. Dans certains pays, le charbon est exploité à ciel ouvert et les salaires donnés aux mineurs sont dix fois inférieurs à ceux que touchent les mineurs français. Ainsi, malgré le prix du transport, le charbon étranger est vendu, en France, 50 euros la tonne, alors que le charbon français aurait dû être vendu 150 euros la tonne, trois fois plus. Grâce à la mondialisation, tous les Français paient leur charbon trois fois moins cher. Le charbon français n’est absolument plus compétitif.
Si les producteurs de charbon français avaient été des entreprises privées, ils auraient rapidement tiré les conclusions de cette situation incontournable. Ils auraient fermé les mines françaises aussitôt qu’elles mettaient en déficit leurs entreprises et ils auraient probablement aussi délocalisé la technologie française d’extraction du charbon dans des pays sous-développés. Ils auraient ainsi privé d’emploi les mineurs français qui n’auraient pas voulu s’expatrier, tout en donnant en même temps emplois et richesses au pays devenu nouveau producteur de charbon. Le mineur mis au chômage aurait été pris en charge par la France, le temps qu’il retrouve un emploi. Ces dépenses de solidarité auraient coûté des millions d’euros au pays. Quand un Français perd un emploi, le pays doit le prendre en charge jusqu’à ce qu’il en retrouve un autre.
Mais, en 1945, la France vivait imprégnée d’une idéologie marxiste et les producteurs de charbon ont été nationalisés. Charbonnages de France est né et c’est cette entreprise nationalisée, gérée par l’État, qui a subi de plein fouet la mondialisation.
L’entreprise publique aurait pu tirer les mêmes conclusions que le ferait une entreprise privée. Elle aurait pu décider de mettre la clef sous la porte et les mineurs mis au chômage auraient été pris en charge, en attendant leur nouvel emploi.
Certains utopistes auraient même pu croire que l’entreprise publique aurait préféré aller le plus rapidement possible. Car le métier de mineur est l’un des plus durs qui soit. On transpire dans des galeries surchauffées. On respire sans arrêt de la poussière, ce qui expose à la silicose. On est brutalement tué lors d’une explosion de grisou. Fermer le plus rapidement possible une mine quand on le peut, c’est finalement montrer qu’on est très attentifs aux problèmes sociaux.
Mais « Charbonnages de France » était un des joyaux des entreprises nationalisées françaises. Un responsable politique, quel que soit son bord, ne peut pas priver le pays d’une entreprise jouissant d’un si grand prestige et jamais la fermeture des Charbonnages de France n’a été mise dans un programme politique. De leur côté, les responsables des Charbonnages de France n’avaient aucune envie de se faire hara-kiri. Enfin, pour les syndicats, une entreprise nationalisée est bien plus intéressante qu’une entreprise privée. On peut s’y mettre en grève impunément. On obtient ainsi bien plus d’avantages que dans le privé. C’est l’État qui paie, et l’État ne peut pas être mis en faillite. Tous les responsables se sont donc mis d’accord pour ne pas fermer Charbonnages de France. Ils ont décidé tous ensemble de maintenir le plus longtemps possible au charbon les mineurs de fond. La sueur, la poussière et le coup de grisou font partie des avantages acquis qu’il faut absolument conserver. L’État n’a qu’à payer.
Charbonnages de France a donc continué à produire son charbon trois fois trop cher. Et chaque fois qu’une tonne de charbon était extraite, l’État donnait à Charbonnages de France 100 euros pour que son charbon redevienne compétitif. Les Français ont pu continuer à acheter leur charbon à 50 euros, profitant ainsi de la mondialisation. Notre système fiscal étant le plus compliqué du monde, beaucoup d’entre eux croient encore naïvement que ce sont les autres qui payent les impôts. Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Alors que nous manquons de main-d’œuvre dans certains secteurs, nous dépensons des milliards d’euros pour maintenir des emplois pénibles et dangereux. Belle politique sociale, non ?…

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Selon les statistiques de la Caisse nationale d’assurance maladie, les médecins libéraux font de plus en plus d’actes. Certains d’entre eux dépasseraient les 6 000 actes par an.

Après-guerre v
Quelque 200 000 enfants seraient nés, en France, pendant l’occupation allemande (1939-1945), de mères françaises et de soldats allemands.

Fiscalisme v
Pour couvrir les 35 milliards d’euros de déficits cumulés de l’assurance maladie, il faudrait soit doubler la CRDS en la portant à 1 % jusqu’en 2011; soit en prolonger le versement, jusqu’en 2027, au taux actuel de 0,5 % ; soit la prolonger jusqu’en 2019, mais au taux de 0,75 %…

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On estime que 75 % des 90 000 voitures produites par Rolls-Royce depuis le 4 mai 1904 roulent encore, ou seraient en état de le faire…

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Les infections nosocomiales, contractées en milieu hospitalier, toucheraient chaque année, en France, quelque 500 à 800 000 patients. Elles sont la cause de 4 500 décès.

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