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Charles Pasqua devant la Cour de justice


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Rouxel Jean - jeudi 22 avril 2010


Depuis lundi, Charles Pasqua est jugé devant la Cour de justice de la République pour trois « affaires politico-financières » (le terme désormais canonique pour parler de corruption) : l’affaire de la Sofremi (du nom de cette société exportant du matériel de sécurité et de défense), l’affaire du casino d’Annemasse (ouvert grâce à une autorisation signée de Pasqua), et l’affaire du transfert du siège d’Alsthom.

Dans les 3 cas, les sommes en jeu dans les commissions occultes sont rondelettes (entre un peu moins d’un million d’euros et 7,5 millions).
Nous sommes tous un peu blasés devant ces affaires de corruption. À tel point que plus personne ne sait quel homme politique est encore en attente de jugement et pour quelle affaire.

Qu’on le veuille ou non, qu’on s’en réjouisse ou non, dans l’opinion publique, la seule réaction devant ce type d’annonce médiatique, c’est en gros : « De toute façon, ils sont tous pourris. Pasqua s’est fait prendre, mais les autres courent toujours… »
Le dispositif de Cour de justice de la République n’arrange pas les choses. Car, même si on peut comprendre qu’un ministre ne réponde pas de ses actes commis ès qualités devant n’importe quelle juridiction, on ne peut se défendre d’un certain malaise.
La Cour de justice, c’est un peu les copains qui jugent les co­pains, puisque, sur 15 juges, il y a 12 parlementaires. On se souvient de la relaxe de Fabius dans l’affaire du sang contaminé…

En outre, un ministre de l’Inté­rieur a des supérieurs. Le Président (Mitterrand), le Premier ministre (Balladur), le patron du RPR (Chirac), ont-ils ignoré de tels dossiers ? Cette procédure n’est-elle qu’une simple diversion ?
Même si Pasqua n’a rien d’un enfant de chœur (ne serait-ce que du fait de son rôle dans l’officine barbouzarde du SAC), on est tenté de se dire qu’il a trouvé plus malin (pourri ?) que lui…

Le discours officiel prétend que ces « affaires » ne peuvent plus avoir lieu maintenant. Que les lois sur le financement des partis politiques ont tout clarifié… On aimerait le croire, mais cela semble difficile : à qui fera-t-on croire que les budgets publics des partis (quelques dizaines de millions d’euros pour les plus gros, dont au moins les trois quarts pour le fonctionnement courant) suffisent au financement de toutes les campagnes électorales ?

Il y a fort à parier que nous aurons d’autres Pasqua dans les années à venir
et que leur jugement aura aussi peu de conséquence sur l’assainissement de la vie publique !

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