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Chine : regarder la réalité en face


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Milliere Guy - mardi 29 avril 2008

communisme
La répression féroce des autorités chinoises vis-à-vis des Tibétains a, pendant quelques jours, fait les gros titres des journaux. L’indignation a été unanime. Le parcours planétaire de la flamme olympique s’est trouvé perturbé.

Puis sont venus les discours déjà trop entendus et depuis trop longtemps. La mentalité chinoise n’est pas la nôtre, ont dit certains : nous n’avons pas à imposer notre conception des droits de l’homme à des populations qui appartiennent à une autre culture. Des sinologues ont ajouté que nous risquions de froisser le sens de l’honneur du « peuple chinois ». Quelques économistes ont glissé qu’il ne fallait pas brûler les étapes : la Chine avance, ont-ils affirmé, et il faut lui laisser le temps d’avancer. Enfin, bien sûr, est venu le temps des hommes politiques et des courbettes. « Ce n’est pas une question de contrats », a dit Nicolas Sarkozy : qui peut le croire ?

Les arguments sur les différences culturelles ont déjà été utilisés pour couvrir les crimes du maoïsme, et ceux qui les utilisent devraient sentir monter sur leurs lèvres le goût du rance, et, sous leur front, le souvenir de millions de cadavres suppliciés : les êtres humains sont fondamentalement les mêmes partout, et ou bien on se bat partout pour la dignité de l’être humain ou on ne se bat nulle part pour elle. La vie d’un Tibétain ou d’un Chinois est aussi précieuse en soi que celle d’un Français. Commencer à renoncer à certains principes fondamentaux conduit très vite à excuser le pire.

Pour ce qui concerne la susceptibilité du peuple chinois, il vaut la peine de rappeler que celui-ci n’est pas libre, est soumis à la propagande du régime et se trouve très précisément incité par celle-ci à adopter des attitudes nationalistes et xénophobes qui relèvent de la manipulation mentale de masse. Nos principes, là encore, devraient nous conduire à faire la différence entre la libre opinion et le lavage de cerveau collectif…

Dire qu’il faut laisser à la Chine le temps d’avancer équivaut à s’aveugler devant ce qui se passe, car la Chine avance, oui, mais pas du tout dans la bonne direction.

Les courbettes, quant à elles, constituent des actes de vile soumission et montrent que ceux qui se courbent sont à vendre et déjà achetés.
La réalité, que nous devons regarder en face, est que la Chine n’est sortie du communisme que pour glisser vers un fonctionnement de type fasciste. Économie aux mains de gens inféodés au régime sur le mode de ce que les nazis appelaient Zwangwirtschaft, économie forcée.

Mainmise du parti unique sur l’éducation, l’information et la culture. Structuration de la société autour d’un appareil de répression impitoyable. Dissémination d’un dogme nationaliste uniforme, xénophobe et teinté de ressentiment. Visées hégémoniques… La réalité est non seulement que la population chinoise a le cerveau lavé, mais qu’elle subit une répression cruelle qui ne touche pas que les Tibétains, mais des milliers de dissidents, des millions de paysans, et pour le moins autant d’ouvriers.

Quand les Jeux Olympiques ont été confiés à Pékin, le pari était celui de l’ouverture de la Chine, et ce pari, ce doit être dit, est aujourd’hui perdu.

La Chine fasciste ne s’ouvre pas : elle s’affirme, elle tisse des liens avec d’autres régimes de type fasciste, du Venezuela de Chavez à la Russie poutinienne ou à l’Iran des mollahs. Un sens minimal de l’honneur, mais aussi la simple compréhension de ce que c’est la liberté qui est en jeu, devraient inciter le monde occidental à boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux, mais aussi les Jeux eux-mêmes. Il devrait en découler, au-delà, une remise en question d’ensemble de nos politiques face à la Chine.

On me dira que ce n’est pas facile et que nous dépendons des exportations chinoises, voire des fonds chinois : je répondrai que nous ne sommes pas en situation de dépendance mais d’interdépendance, et que l’interdépendance marche dans les deux sens. La Chine a besoin d’écouler ses produits et de placer ses capitaux au moins autant que nous avons besoin de lui acheter ou de lui emprunter. Les Jeux auront lieu, bien sûr, et une remise en question de nos politiques n’est pas vraisemblable.
Les dirigeants chinois savent que les Occidentaux sont lâches, très lâches, hélas…

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En bref
Économie
«Je n’ai jamais pensé que les problèmes de l’économie français venaient d’abord de l’extérieur. Ce n’est pas la faute des subprimes s’il faut alléger le carcan des 35 heures. Ce n’est pas la faute des déficits américains si les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques sont trop élevés en France. Ce n’est pas la faute du système bancaire si notre droit du travail dissuade les chefs d’entreprise de recruter. Ce n’est pas la faute des Chinois si notre marché du travail ne fonctionne pas bien…»
Nicolas Sarkozy

SIC
Fourniret «Dans l’affaire Fourniret, toutes les femmes de France auraient vocation à se porter parties civiles !»
Me Paul Lombard,
avocat d’une famille de victime

Ruine «Il n’est inscrit nulle part, dans une aucune constitution, que le devoir d’un État soit de ruiner des générations d’épargnants comme la France le fait depuis la fin du XIXe siècle avec une sûreté et une régularité qui laisse admiratif…»
Stéphane Denis, écrivain

Sarkozy «On peut ne pas aimer Nicolas Sarkozy, voire souhaiter son échec. Mais, s’il échoue, la France connaîtra une crise immense à la mesure des frustrations qu’engendre une société bloquée, favorable à la rente et dure aux jeunes…»
Christian Saint-Étienne,
économiste

Royal «Quand on veut être le premier magistrat de son pays, comme Mme Royal, une condamnation en matière sociale est profondément choquante !»
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ancien Premier ministre

Israël «Nous ne reconnaîtrons jamais le droit des Juifs à un État. Pas une once de terre en Palestine.»
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