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Chirac attend Sarkozy au tournant de son prochain dérapage


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Rouxel Jean - dimanche 24 juillet 2005


Dès qu’il s’est réinstallé place Beauvau, presqu’en face du Palais de l’Élysée, Nicolas Sarkozy a décidé de se placer en concurrence directe avec le chef de l’État, plutôt qu’avec le nouveau Premier ministre. Et il a opté pour une stratégie de harcèlement constant, l’amenant non seulement à critiquer les  choix politiques de Jacques Chirac, mais aussi la personne du président, ses propos étant à la limite de l’offense et de l’invective. On peut en tout cas parler de provocation.
Le 14 juillet 2005, le président de l’UMP a franchi une nouvelle étape. Il ne s’est pas contenté de comparer le chef de l’État à Louis XVI, en soulignant son immobilisme, il a organisé, sous ses fenêtres, une véritable moquerie, sous la forme d’une garden-party bis, avec entretien avec des journalistes appelés à constater que le numéro 2 du gouvernement était sans doute le seul ministre à ne pas écouter l’intervention du président de la République, qu’il avait par avance jugée inutile.
De toute évidence, Nicolas Sarkozy cherche à se faire renvoyer. Soit qu’il regrette le choix qu’il a fait le 30 mai d’accepter de revenir au gouvernement tout en conservant la direction de l’UMP, option qu’il a prise seul, contre l’avis de tous ses amis politiques. Sans doute parce qu’il y avait été heureux, avec sa femme Cécilia, qui n’est plus à ses côtés… Soit que son analyse politique a changé: il croyait devoir être peu ou prou solidaire du gouvernement que son parti soutient massivement au Parlement; il pense désormais que le désaveu contre Jacques Chirac a atteint un niveau tel qu’il ne peut plus rester dans la barque.
La campagne présidentielle de 2004 est donc lancée en ce mois de juillet 2002, avec près de vingt mois d’avance. Car Jacques Chirac, qu’il se représente ou non, est bien décidé à faire connaître sa décision le plus tard possible. Tout en gardant à la table du Conseil des ministres son impertinent ministre de l’Intérieur qui, à tirer trop fort, risque de se retrouver rapidement carbonisé.
La question est en effet sur toutes les lèvres : Sarkozy n’en fait-il pas trop ? Il piétine les plates-bandes de tous ses collègues; il critique les décisions des juges; rien du bilan des gouvernements auxquels il a participé ne trouve grâce à ses yeux. Et, quand il est en déplacement à Londres, il trouve encore le moyen de faire des déclarations intempestives, aussitôt démenties par son collègue britannique.
La conduite en dérapage exige des qualités de sang-froid que Nicolas Sarkozy n’a pas toujours démontrées. Et le dérapage permanent  se termine immanquablement dans un mur.

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