Rouxel Jean - mardi 04 janvier 2005
Entre les décomptes macabres du nombre de victimes, le « voyeurisme compassionnel » des médias et les cocoricos de la générosité mondiale, toute l’actualité qui n’avait pas de rapport avec le tremblement de terre qui a frappé l’océan indien a été passée sous silence.
Ainsi le traditionnel discours de vœux de Jacques Chirac n’a-t-il pas fait, cette année, l’objet de commentaires médiatiques.
Pourtant, le chef de l’État a fait une déclaration surprenante : il a affirmé que la baisse de l’impôt sur le revenu devrait se poursuivre en 2006 ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce rappel de ses lointaines promesses de 2002 était inattendu… Mais il nous donne l’occasion de revenir sur la politique économique du Président !
Une première remarque touche à l’objectif : diminuer de 30 % l’impôt sur le revenu. On ne peut qu’applaudir à ce louable but, mais on ne peut non plus se défendre de songer qu’il s’agit de remplacer à terme l’impôt sur le revenu par une CSG, si possible devenue progressive, parfaitement indolore car prélevée à la source, et à l’assiette bien plus vaste que l’impôt sur le revenu. Vieille revendication socialiste…
Par ailleurs, cette baisse de 30 % de l’IRPP nous est annoncée comme équitablement répartie entre les différentes tranches de revenus. Or, il a déjà été maintes fois démontré que cette technique n’a aucun impact économique et que ce qui fit la réussite, notamment, de la politique de Reagan fut qu’il concentra la baisse d’impôt sur les tranches les plus élevées, permettant ainsi aux gros revenus d’investir et donc de créer des emplois.
Enfin, le but officiel de cette baisse d’IRPP est la « relance par la consommation ». Là encore, cette vieille lune est issue d’un keynésianisme mal digéré et n’a aucun sens dans notre situation : ce qui importe, pour être concurrentiel dans une économie mondialisée, c’est de relancer l’investissement, pas la consommation !
Au-delà de l’incroyable culot du chef de l’État d’oser rappeler ses promesses fiscales aux électeurs auxquels il a délibérément menti, on est obligé de constater que l’objectif lui-même est sujet à caution.
Et, si l’on ajoute que Jacques Chirac, dans ce même discours de vœux, a chaleureusement applaudi l’aggravation colossale des dépenses engagée par le plan Borloo, et a promis une hausse des salaires (alors que la France n’a plus les moyens de dévaluer), on constate que, décidément, la politique économique du Président, qui en est resté à ses cours d’économie de l’ENA, est bien celle des socialistes !
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