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Chirac, meilleur défenseur de nos syndicats moribonds


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Rouxel Jean - dimanche 24 octobre 2004


Dominique de Villepin est prêt, à tout moment, à quitter le ministère de l’Intérieur, place Bauvau, à deux pas de l’Élysée, pour aller s’installer, rive gauche, rue de Varenne, dans l’hôtel Matignon, traditionnellement réservé au Premier ministre de la France. Car Jean-Pierre Raffarin est en sursis.
On sait qu’il y aura un remaniement ministériel avant la fin de l’année, après le départ de Nicolas Sarkozy, du ministère de l’Économie et des Finances, quand il aura accédé à la présidence de l’UMP, officiellement lors du congrès du parti, le 28 novembre. Mais l’ampleur de ce remaniement ne semble pas encore déterminée.
Bien sûr, Jean-Pierre Raffarin fait comme s’il devait rester Premier ministre jusqu’à la fin de l’an prochain, au moins jusqu’au référendum sur la Constitution européenne qui devrait être organisé le dimanche 8 mai 2005 (plutôt qu’en décembre 2005, comme cela était envisagé jusqu’à présent). Il est d’ailleurs probable que le Président de la République, si son choix était déjà fait, se garderait bien de le prévenir. Nous pensons pour notre part que Jacques Chirac, à partir du moment où Sarkosy sera à la tête de l’UMP, préférera avoir Villepin comme chef de Gouvernement…
Dans cette hypothèse, un épigone de Bonaparte remplacerait un émule de Joseph Prudhomme ; mais, comme nous sommes dans une forme de monarchie constitutionnelle, la capacité d’initiative politique demeurerait tout entière dans les mains du seul Président de la République, qui gouverne la France avec une trentaine de petits messieurs tous sortis de la même École Nationale d’Administration.
Or - il vaut mieux le savoir - le Président de la République est opposé à quelque réforme que ce soit, à partir du moment où les chefs des organisations dites « syndicats représentatifs » s’y opposent. Ce qu’on a encore pu vérifier le week-end dernier avec l’invraisemblable reculade du Gouvernement sur le projet de loi sur les restructurations économiques, pour la seule raison que deux cheffaillons syndicalistes avaient claqué la porte. Pourtant, trois jours auparavant, le ministre délégué aux relations du travail avait annoncé aux trésoriers des syndicats un ensemble de mesures fiscales très favorables…
On se souvient que Jacques Chirac, étudiant à Sciences-Po vendait, sur les marchés, « l’Humanité dimanche ». On a oublié qu’en mai 68, Georges Pompidou l’avait chargé de négocier la fin de la grève générale avec la CGT. Ce contact-là n’a jamais été rompu.

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