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Chirac ne veut pas entendre parler d’économies budgétaires !


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Dumait Alain - mercredi 08 septembre 2004


Dans ses grandes lignes, le budget de l’État, pour 2005, est arrêté. Dès le 19 août, le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin a calé les dépenses de tous les ministères, de telle façon que, globalement, celles-ci, en principe, n’augmentent pas plus vite que l’inflation, mais sans aucune autre progression liée par exemple au retour de la croissance. Dans ces conditions, et si celle-ci tient ses promesses, si elle est plus proche de 3 % en 2005 que de 2 %, alors les pouvoirs publics espèrent ramener le déficit sous la barre des 3 % de la production de richesse nationale, imposée par les sacro-saintes règles du pacte de stabilité européen, associé à l’euro.
D’ici à la fin de l’année, la discution parlementaire peut introduire quelques modifications dans le projet de loi de finances, mais l’expérience des années précédentes nous indique que celles-ci ne seront que très marginales, le Gouvernement étant le maître absolu de l’ordre du jour parlementaire et étant peu disposé à accepter des amendements mettant en cause son projet de budget.
Ce qui n’empêcherait pas certaines initiatives d’être prises, notamment en matière d’aménagement de l’impôt sur la fortune - ISF - afin que celui-ci devienne un facteur d’investissement dans les nouvelles entreprises, mais seulement à la condition que les parlementaires porteurs de ces novations parviennent à convaincre non seulement les ministres et leurs bureaux mais aussi les tout-puissants conseillers techniques de l’Élysée…
En 2005, le déficit du budget de l’État sera donc, encore, au mieux, aux alentours de 3 % du PIB. Cela veut dire que l’État continuera à vivre à crédit pour plus de 20 % de ses dépenses. Et, compte tenu de l’augmentation des taux d’intérêt constatée depuis plusieurs mois, cela veut dire aussi que les charges de la dette, qui représentaient 6 % des dépenses budgétaires en 1983, 14 % en 2003, représenteront plus de 15 % l’année prochaine.
Jean-Pierre Raffarin trouve raisonnable de consacrer une partie des recettes budgétaires résultant de la petite croissance économique française au désendettement, et une autre à son plan de « cohésion sociale ». Dans ces conditions, le désendettement ne peut être que relatif, c’est-à-dire que la dette continue à progresser en terme absolu, tandis que la soi-disante cohésion sociale avec augmentation du SMIC et revalorisation de la Prime Pour l’Emploi, par exemple, en alourdissant le fardeau des entreprises et des contribuables, contribue d’abord à freiner la croissance qui, chez nous, est actuellement deux fois moins rapide que chez nos voisins d’Outre-Manche…
Dans une intervention récente, Édouard Balladur rappelait qu’à son avis, il fallait faire rapidement au moins 50 milliards d’euros d’économie budgétaire, soit un montant un peu supérieur au déficit 2004. Cela passe d’abord par une réduction significative du nombre des fonctionnaires.
Quand commence la discussion budgétaire - cette année sous la forme d’un séminaire gouvernemental organisé le 19 mai à l’Hôtel Matignon - il est en effet question de réduction des effectifs de la Fonction publique. Tel ou tel ministre évoquait encore il y a peu de temps des chiffres de l’ordre de 20 000 postes. Mais, comme par hasard, au fur et à mesure que la procédure se poursuit, ces objectifs s’évanouissent pour aboutir à des chiffres réels anecdotiques. Car, tout au long de cette procédure, notamment dans leurs bureaux du Ministère des Finances, les syndicats stipendiés veillent sur leur fonds de commerce. Et l’on sait que ni Jacques Chirac ni Jean-Pierre Raffarin ne sont portés à l’affrontement avec eux.
Officiellement, depuis plusieurs années, le nombre des fonctionnaires de l’État serait stable. Mais, comme dans le même temps le nombre des fonctionnaires des fonctions publiques territoriale et hospitalière augmente, la France continue à se fonctionnariser…
Si l’on considère les dépenses publiques par fonction, des économies importantes sont à la fois possibles et raisonnables. Quand les effectifs diminuent dans l’enseignement secondaire, il n’y a pas de raison d’augmenter le nombre des enseignants. Surtout quand on sait qu’à effectifs comparables, plusieurs pays de l’OCDE sont 30 à 40 % moins chers que nous. Il faut dire que nos enseignants détiennent presque toujours le record européen du moindre nombre d’heures travaillées dans l’année…
Même le budget de nos armées - selon le témoignage du général Copel, recueilli par l’iFRAP (n° à paraître de « Société Civile ») - pourrait faire l’objet d’économies très importantes, sans que soient réduites bien au contraire, les capacités d’action de nos troupes. Car, remplacer, par exemple, un système d’arme efficace, par un autre qui n’a pas encore été complètement testé, n’est pas forcément une bonne décision…
Les économies budgétaires sont faciles à trouver. Mais, pour être mises en œuvre, il faut une volonté politique. Qui, au sommet de l’État, fait défaut depuis de longues années.

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