Lassieur Pierre - samedi 06 novembre 2004
La question turque vient de provoquer dans la politique intérieure française un changement à peu près sans précédent : le président de la République est en désaccord avec le parti qui a été créé pour le soutenir et, aussi surprenant, confronté aux réticences de son Premier ministre lui-même, exposées à la tribune de l’Assemblée Nationale. On avait pourtant, depuis longtemps, l’habitude des parlementaires UNR, puis UDR, puis RPR et enfin UMP réduits à l’état de simples « godillots ». Quant au Premier ministre, il ne perdait pas une occasion de fléchir le genou devant le président, et de rappeler qu’il n’était 3 que son émanation. Chirac est sans doute très étonné de cette fronde. La droite parlementaire a montré depuis des décennies une telle lâcheté et avalé tant de couleuvres : le largage de l’Algérie dans des conditions déshonorantes, une politique économique quasi-socialiste, l’immigration non-européenne encouragée par le laxisme des diverses allocations et la perméabilité des frontières !… Le président ne semble pas éprouver une vraie passion pour la France ni pour la civilisation occidentale, chrétienne particulièrement. Il parle bien plus souvent de la république et des droits de l’homme que de la France et des Français. On connaît son goût pour le Japon, où il s’est rendu de nombreuses fois, et pour les combats sportifs de monstrueux obèses, le sumo. On sait que le grand projet culturel de son règne, c’est le musée des arts qu’il nomme premiers, alors qu’ils ne sont que primitifs. Éloignés dans le temps et l’espace, ils n’ont rien ni de français ni de chrétien. D’autre part on n’a pas le souvenir que Chirac ait jamais honoré d’un enthousiasme visible les musées où sont exposés les trésors de l’art français du moyen-âge au XIXe siècle. Ses relations les plus célèbres avec la France sont la tête de veau et le salon de l’agriculture, ce qui est bien mais insuffisant. Cet homme qui aime le Japon et l’Afrique, qui nous a inondés et continue de nous inonder d’Africains de toutes sortes, du Maghreb jusqu’au Congo, a peut-être l’excuse d’être inconscient du mal qu’il fait. Sans doute n’est-il pas gêné à l’idée que 70 millions de Turcs et 100 millions de turcophones seraient en droit de s’installer à Romorantin ou à Chalon-sur-Saône. L’a-t-on jamais entendu manifester le moindre remords de nous avoir fichus par terre au moyen d’un décret dont il est le premier et principal signataire, celui qui instituait le regroupement familial, le 29 avril 1976 ? On est stupéfait qu’une décision aussi importante ait été prise sans vote du Parlement. Or voici la récidive, plus impardonnable toutefois, car il est possible que ni Giscard, ni lui, ni aucun des ministres signataires n’ait envisagé sur-le-champ les conséquences du regroupement familial. À l’époque, dans la presse, la chose est passée inaperçue. L’immigration, on connaît. L’Islam, on connaît, bien que la plupart des « personnalités » hostiles à l’entrée de la Turquie n’osent même pas prononcer le nom de cette religion. Son parti, l’UMP, ayant officiellement manifesté son opposition, le Président n’a pu faire celui qui ne s’apercevait de rien. Pour se sauver et pour sauver son amour des Turcs, il a lâché symboliquement du lest : à l’Assemblée le débat sans vote et, pour le peuple, un référendum dans dix ou quinze ans, annonce assortie, sans le moindre souci de cohérence, de ce qu’un référendum ne serait exigé ni pour la Bulgarie ni pour la Roumanie, parce que les négociations avec ces deux pays seraient trop avancées pour qu’on puisse les refuser. Dans dix ou quinze ans les négociations avec la Turquie ne seraient donc pas avancées ? Le pouvoir a cru résoudre le problème en rappelant que le président dirige la politique étrangère et ne saurait recevoir du Parlement un mandat impératif. Certes. Toutefois, l’esprit de la constitution n’a jamais été considéré par quinconque comme la possibilité pour le président de faire n’importe quoi, et notamment d’engager le pays dans une voie que celui-ci désapprouve. De Gaulle, sentant fléchir sa popularité, n’a-t-il pas imaginé un référendum quasi perdu d’avance, qui lui permit de s’en aller ? Au début de la Troisième République, le maréchal Mac Mahon, président, après avoir essayé de gouverner contre l’assemblée, n’a-t-il pas été obligé de se soumettre (décembre 1877) puis de se démettre (janvier 1879) ? Gambetta avait dit : « Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, il faudra se soumettre ou se démettre. » Grâce à la Turquie, un grand espoir s’est levé : s’il ne se soumet pas, peut-être Chirac sera-t-il forcé de se démettre.
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PROPAGANDE
«En regardant la télévision, toutes chaînes confondues, et en écoutant les radios, on s’aperçoit que l’humour - plus ou moins fin - s’en prend immanquablement à la Droite, au Pape ou aux Américains… Et, pour faire bonne figure on y intercale quelques Belges, blondes… Mais jamais, au grand jamais, les blagues ne tournent en dérision l’Islam et ses serviteurs… Rares en effet sont les apparitions sur Canal + de « guignols » musulmans alors que le Pape, Bush et autres Chrétiens y sont largement humiliés… Même le présentateur-vedette « Moustique », qui tutoie habituellement tous ses invités dans « le vrai journal » (Canal +), n’a osé tutoyer sa dernière invitée musulmane. cdo
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