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Chirac soutiendra Arafat jusqu’au bout !


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Dumait Alain - samedi 24 juillet 2004


Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a des motifs d’être furieux à l’égard du gouvernement français et de Jacques Chirac en particulier, qui inspire et pilote, en personne, notre politique étrangère.
Soulignons tout d’abord que le Chef du Likoud, principal parti de la droite israélienne, dispose, depuis plusieurs années, d’un large soutien dans l’opinion publique. Et en ce qui concerne sa stratégie à l’égard de l’Autorité palestinienne, elle est approuvée par une majorité de citoyens israéliens, au point que les socialistes (travaillistes) négocient actuellement leur entrée dans un gouvernement d’union, où leur appui contre-balancerait la défection de religieux jusque-boutistes hostiles au désengagement de l’armée israélienne de la bande de Gaza, programmée pour être mise en œuvre dans le courant de l’année prochaine.
Ce n’est certainement par un tendre. Mais ce n’est pas non plus un faucon. Ce n’est en tout cas pas de gaieté de cœur qu’il est arrivé à la conclusion que Yasser Arafat n’a jamais vraiment voulu d’un accord de paix et qu’il serait jusqu’au bout un obstacle sur cette voie. Il est parvenu à faire partager cette conviction à un grand nombre de chefs d’État. Non seulement à ses alliés américains, mais aussi à de nombreux responsables politiques internationaux.
En Europe, à Bruxelles, on est exaspéré par la corruption et le népotisme qui entourent le Président de l’Autorité palestinienne. À l’ONU, jusqu’au secrétariat général de Kofi Annan, on reproche au vieux chef de jouer perpétuellement un double jeu, laissant le champ libre aux organisations terroristes dont les commandos obligent Israël à maintenir son occupation.
La diplomatie française est aujourd’hui le plus net soutien de Yasser Arafat. Sans elle, l’Union européenne aurait sans doute, déjà, interrompu ses subsides. Sur ordre de Jacques Chirac, tout ministre français se rendant en Israël doit absolument rendre visite au Chef palestinien, encerclé par Tsahal depuis trois ans dans ses bureaux de Ramallah. Michel Barnier, pour sa première visite au Moyen-Orient, a même cru devoir y passer une nuit entière ! Il est vrai qu’au Quai d’Orsay, depuis plusieurs dizaines d’années, on s’est fait une spécialité dans le soutien aux dictatures, surtout quand elles sont en voie de disparaître : hier les régimes communistes et les tyrannies moyen-orientales ; aujourd’hui, Cuba et la Palestine arabe… Le même scénario que celui qui s’est déroulé sous la présidence de François Mitterrand semble se reproduire aujourd’hui : la France continuait à soutenir le gouvernement de l’Allemagne de l’Est alors que le peuple de ce pays était dans la rue ; la France continue à soutenir Yasser Arafat alors que son peuple manifeste contre lui, contre ses fidèles corrompus, qu’il prétend imposer aux postes-clés des services de sécurité...
C’est dans ce contexte que le Premier ministre israélien, dimanche dernier, devant des représentants d’associations juives américaines, a appelé les juifs de France à émigrer en Israël, pour fuir un antisémitisme renaissant, dont la cause, selon lui, réside précisément dans le fait que « 10 % de la population en France est désormais musulmane ».
Les réactions enregistrées en France méritent d’être examinées. Tout d’abord, et c’est nouveau, personne ne semble contester ce chiffre de 10 % de la population qui serait « musulmane ». Or, jusqu’à présent, quand une telle affirmation était avancée, elle était le plus souvent démentie… La multiplication des faits d’antisémitisme ne sont pas non plus contestés. La seule chose qui le soit, c’est le lien qu’il y aurait entre cette donnée-là et ce fait-ci. Mais la corrélation est tellement évidente, qu’il n’y a que Julien Dray, porte-parole du parti socialiste, pour oser affirmer que « ce n’est pas parce que 10 % de la population française est de confession musulmane qu’elle est pour autant responsable de la montée de l’antisémitisme »… Elle n’en est d’ailleurs pas responsable, car les responsables et en vérité les coupables, sont bien sûr les politiciens qui nous gouvernent.
Quant à être choqué par le fait qu’un Premier ministre étranger appelle les juifs de France à émigrer en Israël, il s’agit d’un fait constant depuis la création de cet État en 1948. Depuis cette date, 70 000 juifs, sur une communauté actuelle estimée à 600 000 personnes, auraient quitté la France pour Israël. Le retour en Israël, ou « Aliya », encouragé par les rabbins, est également subventionné par l’Agence juive. Le nombre des départs à ce titre, aux alentours de 2 000 en 2003 et en 2002, a déjà été multiplié par 2,5 par rapport aux années 2000 et 2001. Il va devenir un nouvel indicateur de l’état de la société française. v
PS : Cette chronique est habituellement écrite le mardi. Mais, la semaine dernière, pour cause de 14 juillet, elle a été bouclée le lundi. C’est la raison pour laquelle, comme tout le monde, nous sommes tombés dans le panneau de l’agression imaginaire de Marie-Léonie dans le RER D, le vendredi précédent. Mais que ce fait divers ait été finalement  inventé ne change rien à notre conclusion : « Notre pays est aujourd’hui confronté aux conséquences d’une politique d’immigration suicidaire ». Non seulement elle génère des coups et des blessures véritables, mais aussi des fantasmes…

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