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Chômage de masse : l’exception française


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Rouxel Jean - samedi 10 janvier 2004


Le chômage de masse est apparu, dans nos pays développés, il y a trente ans, après le premier choc pétrolier de 1973 entraîné par le quadruplement brutal du prix du pétrole brut. Mais certains pays, tels la Grande-Bretagne et les États-Unis, après avoir eux aussi tergiversé sur les politiques publiques à mettre en œuvre, ont obtenu de biens meilleurs résultats que nous qui enregistrons un taux de chômage officiel de l’ordre de 10 % et surtout un taux d’inactivité qui constitue un record parmi tous les pays de la zone OCDE. Il y a donc une spécificité française en matière de chômage et celle-ci est forcément la résultante d’une mauvaise gestion économique. Laquelle est largement de la responsabilité personnelle de Jacques Chirac…

Déjà, en 1974, jeune Premier ministre, il avait été l’artisan de la généralisation au plan national d’un accord entre les partenaires sociaux qui aboutissait à attribuer aux personnes licenciées pour raison économique, des indemnités mensuelles supérieures à leur précédent salaire net ! C’est à ce prix que le nouveau chef du parti gaulliste pensait acheter la paix sociale.

Tout fut tenté, ou presque, pour décourager les licenciements, y compris leur « interdiction » ou leur « taxation », pour « créer » de nouveaux emplois publics, pour subventionner de faux emplois ou pour répartir le travail existant, mais à peu près rien ne fut entrepris pour favoriser la création en masse de vrais nouveaux emplois.

Celle-ci passe évidemment par la création de nouvelles entreprises. Or, au-delà d’un discours officiel convenu, tout est fait, et bien fait, pour la décourager. On matraque les fortunes qui vont donc s’investir ailleurs, on fait fuir les jeunes diplômés, on chasse les plus-values, on diabolise les profits, on place toute initiative sous tutelle administrative.

Car tout se tient : sans diminution du volume de la sphère publique, il ne peut y avoir d’extension de la sphère privée, seule créatrice d’emplois marchands durables. Et sans entrepreneurs, sans capitalistes, ayant les uns et les autres des perspectives raisonnables de profits et d’enrichissements, pas de créations d’entreprises, en tout cas en nombre suffisant pour réduire le chômage de masse.

Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin attendent, en 2004, la reprise économique pour réduire le déficit public et, ensuite, le fardeau des charges qui pèse sur tous les Français et plus spécialement sur les 15 millions de nos concitoyens actifs. Cette reprise viendrait plus vite et serait autrement plus forte si ce gouvernement avait commencé à s’attaquer vraiment à la réforme de l’État.


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