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Chômage : une autre exception française


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Trémeau Bernard - samedi 17 juillet 2004


Le chômage vient une nouvelle fois d’augmenter en France. Les reprises économiques américaine et asiatique n’augmentent pas suffisamment notre activité économique pour que le nombre des chômeurs régresse enfin chez nous.
Tandis que les échanges économiques s’intensifient tous les jours sur la terre, tandis que l’Europe passe de 15 à 25, le nombre des Français exclus de l’activité économique augmente régulièrement. Or, en dehors des pays communistes, la France est le pays qui de loin intervient le plus dans son économie. Il y a de quoi pleurer. Il est facile de rendre les méchants patrons et les affreux capitalistes qui délocalisent responsables du chômage. Bien que la France soit considérée comme un pays très intéressant et très agréable par les entrepreneurs, les contraintes que l’État fait peser sur l’économie sont jugées insupportables et les entreprises s’installent ailleurs.
La création monétaire doit nécessairement accompagner la croissance. Elle doit être ni trop forte, ce qui expose à l’inflation, ni trop faible, ce qui expose à la récession. Comme, pour lutter contre l’inflation, il faut dans un deuxième temps ralentir le développement économique, on aboutit encore au chômage. Ainsi la création monétaire trop abondante aboutit en deux temps au chômage, et crée une économie avec cycles.
Milton Friedman a bien analysé ces problèmes et conseillé une adaptation souple et sans à-coups de la création monétaire au développement économique. La banque centrale américaine et la banque centrale européenne ont mis en pratique ses théories et l’Occident est sorti de l’inflation. Mais les hommes politiques français, toujours keynésiens, n’aiment pas les idées de Friedman.
Les contraintes fiscales interviennent de leur côté, selon quatre schémas possibles.
• Toutes les contraintes fiscales qui dirigent l’argent des entreprises sur les ménages créent un circuit inflationniste. Elles réduisent en effet les capacités de l’offre et augmentent la demande. De même toutes les lois qui limitent l’offre (les 35 heures) ont en elles un potentiel inflationniste.
• À l’opposé, toutes les contraintes fiscales qui prélèvent l’argent des consommateurs et le donnent aux entreprises créent un circuit déflationniste, réduisant la demande et favorisant l’offre.
• Tout transfert des consommateurs vers d’autres consommateurs modifie en principe peu la demande, donc n’est pas inflationniste. Mais le transfert du riche vers le pauvre réduit les capacités d’investir du riche, donc réduit l’offre en augmentant la demande du pauvre. Elle crée un circuit inflationniste.
• De même tout transfert d’entreprise à entreprise est en principe neutre vis-à-vis de l’inflation. Avec une réserve. Le transfert effectué d’une entreprise marchant bien vers un canard boiteux risque finalement de réduire les capacités de l’offre, donc de créer un circuit inflationniste.
Le déficit budgétaire favorisant la consommation crée de son côté un circuit inflationniste, alors que le déficit budgétaire favorisant l’investissement crée au contraire un circuit déflationniste.
En France, l’ENA a enseigné à nos hommes politiques que les interventions de l’État sur l’économie étaient bénéfiques. L’État, avec ses centaines de taxes ou d’impôts, d’aides ou de subventions, crée en permanence des centaines de circuits. Le bilan de tous ces circuits, cherchant pratiquement toujours à favoriser l’électeur-consommateur au dépend de l’entrepreneur-investisseur ne peut être qu’inflationniste.
Dans de telles circonstances, le flot d’argent nouveau injecté dans notre économie par la création monétaire favorise bien plus les consommateurs que les producteurs. Les consommateurs achètent tchèque et les producteurs s’installent en Tchéquie, le PIB français ne progresse pas assez rapidement. Le chômage augmente.

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En bref
Euthanasie
150 000 personnes par an meurent en France dans des services de réanimation. Plus de la moitié des décès seraient précédés par une limitation ou un arrêt des soins actifs. Une proposition de loi, préparée par Jean Léonetti, député UMP des Alpes-Maritimes, veut préciser les droits des malades en fin de vie.

Chiffres significatifs

Cyclomoteurs
170 000 cyclomoteurs actuellement en circulation ont jusqu’au 30 juin 2009 pour s’adapter à la nouvelle réglementation qui, depuis le 1er juillet, fait obligation aux cyclomoteurs neufs de moins de 50 cm3 d’avoir une plaque minéralogique.

Columbia
L’université américaine de Columbia (New York) vient de fêter son 250e anniversaire. Elle compte aujourd’hui 22 000 étudiants. Les frais de scolarité annuels sont de 36 000 dollars. Chaque année, les anciens lui donnent 300 millions de dollars.

Corruption
Les détournements de fonds à l’occasion de la réhabilitation des lycées d’Ile-de-France, entre 1989 et 1997, ont fait l’objet d’une instruction close par une ordonnance de renvoi devant le Tribunal correctionnel de Paris, par laquelle 47 personnes seront jugées sans doute début 2005. « 2 % du montant des marchés devaient être versés par les entreprises attributaires aux partis politiques selon une clé de répartition préétablie affectant 1,2 % de ces sommes au RPR et au Parti républicain, 0,8 % au PS ».

Vaches folles
Selon deux chercheurs de l’Inserm, il y aurait eu, en France, 300 000 cas de vaches folles depuis le début de l’épidémie animale, dans les années quatre-vingt, et non pas 923, comme officiellement retenu jusqu’à présent… En Angleterre où 200 000 cas ont été recensés, 4 millions d’animaux auraient été infectés.




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