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Cinq minutes sans respirer |
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Milliere Guy - mercredi 21 février 2007
ecologie
Le lavage de cerveau écologiste continue de plus belle. Il est presque impossible ces derniers temps, en France, d’allumer une radio ou un téléviseur sans entendre parler de gestes à faire pour « sauver la planète », de « pollution irréversible », de « réchauffement provoqué par les activités humaines », de nécessité de « changer radicalement notre mode de vie ». Nicolas Hulot a proposé son « pacte écologique ». Jacques Chirac, des Nations Unies de l’environnement. Des experts payés pour dire que nous allons à la catastrophe ont rendu un rapport disant que nous allons à la catastrophe.
Bertrand Delanoë et son équipe ont transformé Paris en un grand embouteillage permanent, et il fait des disciples : bientôt, une ville de France qui n’aura pas son lot de trottoirs surélevés, de pistes cyclables larges comme des boulevards, et de poteaux métalliques et de parpaings posés au bord des trottoirs sera considérée comme une anomalie. Cela fait déjà pas mal de temps qu’on organise dans tout le pays des « journées sans voiture » (j’aurais aimé une « journée sans socialisme » ou une « journée sans ineptie », mais pour cela il faudra attendre longtemps encore).
Le « principe de précaution » a été inscrit dans la Constitution. En une ère où les biotechnologies sont l’un des secteurs les plus prometteurs, le pays est sur le chemin de la stérilisation. Les OGM sont devenus synonymes de poison. Sous le prétexte d’une pénurie de pétrole à venir et de rejets excessifs de dioxyde de carbone, on se propose ici ou là de taxer davantage encore les carburants. Comme si tout cela ne suffisait pas, des associations ont proposé, voici peu, une pause : « cinq minutes sans électricité ».
Et des milliers de victimes de l’intoxication mentale en cours d’accomplissement ont, à l’heure dite, coupé l’électricité chez eux pendant cinq minutes. Ni lumière, ni chauffage. Rien.
L’opération se répétera sans doute. Des variations peuvent être envisagées. Je vais même les suggérer : cinq minutes sans imperméable ni parapluie un jour de pluie torrentielle (nul doute que fabriquer des imperméables et des parapluies, c’est polluant, comme toute fabrication d’ailleurs), cinq minutes sans vêtements (je l’ai bien dit, toute fabrication est polluante, celle des vêtements comprise). Mais il y a bien mieux encore, et je suis certain que mon idée va faire son chemin chez les écolos : cinq minutes sans respirer. Si l’on y réfléchit bien (et je l’ai dit plusieurs fois en ces colonnes) : respirer consomme de l’énergie et débouche sur une pollution. On inspire un air chargé d’oxygène, on rejette du gaz carbonique. Multipliez votre respiration par celle de six milliards d’êtres humains, et vous verrez que les rejets en gaz carbonique sont très élevés. Voire effrayants, écologiquement parlant.
Si nous devons « penser à la planète », arrêter de respirer cinq minutes serait un petit sacrifice que tout écolo devrait faire… Je sais : ne pas respirer pendant cinq minutes peut conduire à l’asphyxie et à la mort, et seuls des plongeurs très expérimentés peuvent y parvenir. Mais comme l’a écrit Michel Serres dans un livre écolo appelé « le contrat naturel », publié longtemps avant le « pacte écologique » de Nicolas Hulot, l’être humain est une créature essentiellement « excrémentielle » et destructrice. Quel écolo oserait contredire Serres ?
Si cinq minutes sans respiration faisaient disparaître tous les écolos, cela ferait autant de créatures destructrices en moins. C’est avec des gestes comme ceux-ci qu’on peut « sauver la planète », comme ils disent. Poussant la détestation de l’être humain jusqu’au bout, certains écolos souhaitent d’ailleurs explicitement la disparition globale de l’espèce humaine, et c’est conforme à leur délire : sans être humain, plus d’industrie, d’agriculture, d’élevage, de transports... Si ces écolos prenaient l’initiative des cinq minutes sans respiration, je leur témoignerais, au nom de la planète, toute ma gratitude.
On pourrait peut-être alors reparler de ce qui nous menace véritablement : par exemple, la disparition des populations européennes qui, entre autres parce qu’on leur dit qu’elles polluent et qu’il n’y a pas d’avenir, ne se reproduisent plus et sont engagées dans un grand et lent suicide collectif dont, fort étrangement, personne ne parle en France, et qu’il faudra pourtant se donner les moyens de regarder en face.
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Avertissement «Les ennemis de l’islam devront payer le prix fort en cas d’attaque militaire contre l’Iran.»
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