de Beaufort Hubert - vendredi 18 février 2011
afrique
La révolution dite démocratique qui agite la Tunisie et touche de façon plus diffuse l’Algérie et l’Egypte estompe quelque peu ce qui se passe en l’Afrique. La lutte encore feutrée que se livrent les deux présidents de la Côte d’Ivoire fait passer au second plan les troubles qui ensanglantent périodiquement nombre de pays du continent africain et masque l’implantation d’Al-Qaida avec ses prises d’otages.
Que nous apprend la géopolitique pour appréhender les réalités de ce continent ?
Elle nous ramène d’abord à l’Histoire de la colonisation, qui s’est déroulée durant la deuxième moitié du XIXe siècle. Cette colonisation s’est révélée facile pour deux raisons :
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Le continent était vide car il ne comportait que 150 millions d’habitants.
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Il était peuplé de tribus n’ayant encore acquis ni l’écriture, ni langue véhiculaire reconnue.
Que firent alors les colonisateurs anglais et français ?
D’un côté ils apportèrent leurs techniques, leurs sciences et leurs langues et de l’autre pratiquèrent un découpage territorial artificiel adapté à leur zone d’influence politique avec des symboles comme Fachoda et la guerre des Boers en Afrique du Sud.
Quel est le bilan objectif de cette colonisation, qui n’a finalement duré qu’un siècle ? Trois conséquences :
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L’hygiène et la médecine ont amené une explosion de la natalité et de la démographie : de 150 millions d’habitants à l’origine, les habitants sont devenus un milliard en 2010, et l’on attend un milliard et demi d’habitants en 2050. Comment concevoir une croissance économique et une organisation sociale compatibles avec cette révolution du peuplement ?Constatons qu’il n’existe pas de précédent historique auquel se référer et qu’aucun économiste ne se hasarde à répondre.
Ces constats purement factuels, sans aucun parti pris, mériteraient de la part de la communauté internationale, de l’ONU, de l’OCDE, du G 20, des analyses, des diagnostics et des propositions dépassant les clivages politiques, idéologiques ou nationaux.
Pour des populations qui découvrent la lecture et l’écriture… française ou anglaise, des slogans comme démocratie à l’occidentale ou élections sont vides de sens lorsqu’il s’agit de vivre avec un dollar par jour.
La crise économique et financière qui traverse les pays développés doit être l’occasion d’une vraie prise de conscience. La conscience que notre civilisation se trouve face au défi majeur de populations prêtes à tout pour survivre.
Il faut l’admettre et y répondre, vite, très vite.
Hubert Beaufort
avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame
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