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Comment relancer sans inflation


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Trémeau Bernard - mercredi 04 avril 2007

inflation
Tous les candidats actuels à la présidence proposent bien évidemment de relancer l’économie pour résorber le chômage. Pratiquement tous proposent d’augmenter les contraintes économiques sur les entreprises ou sur le capital, pour donner plus d’argent à ceux qui sont insuffisamment payés ou assistés.

Une telle action réduisant les capacités financières de l’offre tout en augmentant la demande ne peut être qu’inflationniste. Elle n’augmentera donc pas le pouvoir d’achat global du pays et elle ne peut pas relancer l’économie. Elle accentuera au contraire sa stagnation.

Depuis 30 ans, en France, chaque nouveau ministre des finances propose « sa relance » Le pays a ainsi subi depuis des d’années une quinzaine de politiques dites de relance. Malgré cela, des millions de Français sont toujours exclus du travail. Toutes ces relances sont de type keynésien, basées sur une augmentation de la demande sans augmenter l’offre. L’inflation corrigera la différence et il n’y aura pas d’augmentation durable du pouvoir d’achat, donc pas de relance.

Un seul candidat propose aujourd’hui une mesure économiquement logique : permettre à tous ceux qui le désirent de gagner plus en travaillant plus. Offre et demande progressant alors de la même façon. La mesure n’est pas inflationniste et augmente véritablement le pouvoir d’achat global. Elle aura donc un effet de relance.

Sous l’influence de Milton Friedman, de nombreux gouvernements ont confié à une banque centrale indépendante du pouvoir politique la lutte contre l’inflation. Ils ont ainsi volontairement abandonné un droit régalien millénaire : créer de la monnaie. Avec l’euro en 1999, les douze gouvernements de l’Euroland ont confié à la Banque Centrale Européenne (la BCE) une mission précise : maintenir l’inflation de l’euro en dessous de 2 %. Depuis six ans, la BCE a parfaitement accompli sa mission. L’inflation de l’euro reste inférieure à 2 %. Ce qui est bien.

Mais le développement économique de l’Europe stagne, ce qui maintient la zone dans une pauvreté relative et génère un important chômage. Ce qui est mal.

La BCE, bouc émissaire

Les candidats à la présidentielle donnent de nombreuses explications de ce chômage. Tous accusent la BCE : elle ne met pas assez de monnaie sur le marché. Certains accusent l’Euroland et proposent d’en sortir. D’autres accusent la mondialisation et proposent d’entourer à nouveau de barrières douanières la France. D’autres accusent les capitalistes avides de profit, qui ferment leurs usines françaises pour aller faire des superbénéfices à l’étranger. Aucun ne parle de l’inflation.

Or c’est l’inflation qui est indirectement responsable de la stagnation du pouvoir d’achat.

– Dans un premier temps, le gouvernement met en place des mesures inflationnistes. Les gouvernements français sont particulièrement doués dans ce domaine.
– Dans un deuxième temps, la banque centrale met sur le marché la quantité de monnaie nécessaire et suffisante pour obtenir une inflation inférieure à 2 %. C’est son travail. Plus l’inflation d’origine gouvernementale est forte, plus la quantité de monnaie mise sur le marché par la banque centrale est faible, c’est mathématique. Or la relance ne dépend que de cette quantité de monnaie (la progression du pouvoir d’achat provient, elle, des investissements de productivité et d’innovation).
– Dans un troisième temps, tous nos candidats proposent actuellement de mettre plus de monnaie sur le marché pour relancer l’économie. Ils ne voient pas ou ne veulent pas voir que l’inflation détruira la valeur de cette nouvelle monnaie, donc n’augmentera pas le pouvoir d’achat global d’un centime d’euro. Une telle action ne produira aucun effet de relance.
– Un autre troisième temps est possible. Il faut supprimer les mesures gouvernementales inflationnistes, en particulier celles qui s’opposent aux investissements, et les remplacer par des mesures non inflationnistes. Ce qui est parfaitement possible.
– Dans un quatrième temps, l’inflation d’origine gouvernementale ayant régressé, la banque centrale pourra mettre plus de monnaie non inflationniste sur le marché. La relance sera automatiquement au rendez-vous. Moins d’inflation, plus de relance. Plus de relance, moins de chômage.

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En bref
Sécurité
Selon un sondage Ifop-JDD, 40 % des Français pensent qu’en France, au cours des cinq dernières années, la situation en matière d’insécurité n’a pas changé, 45 % estiment qu’elle s’est plutôt dégradée et seulement 15 % disent qu’elle s’est plutôt améliorée.

Divers faits
Islamisme > Les milices islamistes de Khartoum ont tué plus de deux millions de chrétiens et d’animistes, ces vingt dernières années, dans le sud du Soudan.

Internet > La France est très en retard sur ses voisins européens, avec seulement 57 % des foyers équipés de PC et à peine plus de 40 % connectés à Internet.

Sondages > En France, sont commandés entre 800 et 1 000 sondages par an.

Cumul > Le cumul des mandats était le fait de 30 % des députés sous la IIIe République, 40 % sous la IVe, et plus de 90 % sous la Ve.

Jordanie > Au nombre d’un million, les réfugiés irakiens en Jordanie constituent près de 20 % des 5,5 millions d’habitants. Aussi, le Royaume ferme-t-il désormais ses frontières à l’immigration irakienne.

Russie > Un Russe sur dix se nourrit grâce à son potager.

Palestine > Le boycott international du gouvernement palestinien dominé par le Hamas n’a pas empêché l’aide étrangère aux territoires palestiniens d’augmenter en 2006, atteignant 1,2 milliard de dollars (900 millions d’euros) contre 1 milliard de dollars (900 millions d’euros) en 2005.

ARMÉE > Entre 15 et 20 % des soldats de l’armée française sont issus de l’immigration.




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