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Concurrence mondiale et TVA sociale


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Trémeau Bernard - mercredi 18 janvier 2012

tva-sociale
Depuis que le gouvernement a annoncé le retour à la TVA sociale, pratiquement tout le monde francophone est persuadé qu’il y aura automatiquement une augmentation des prix. Car c’est le consommateur qui paye la TVA, alors que ce sont les entreprises qui payent les charges sociales.

La démonstration des tenants de cette thèse est simple, trop simple.
Prenons comme exemple une paire de chaussures fabriquée à Limoges en France et vendue 100 euros au consommateur français. Une partie de cet argent, disons 15 euros, va dans les poches de l’État pour financer les assurances maladie, chômage et retraite. C’est ce qu’on appelle les « charges sociales ».

Avec le remplacement des charges sociales par la TVA sociale, ce ne sont plus les entreprises qui payent les impôts, mais les consommateurs. Et pratiquement presque tous les journalistes de France et de Navarre nous annoncent que nous allons payer notre paire de chaussures 115 euros au lieu de 100. Beaucoup de Français ont tendance à les croire.

Du coup, de nombreux partis politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche, ne veulent pas que ce soit le consommateur qui finance la protection sociale. Ils veulent que les entreprises continuent à le faire.

Or, la réalité économique est très différente. La concurrence est une réalité incontournable. Et le comportement des acheteurs de chaussures va pousser les fournisseurs de chaussures à baisser leurs prix.

Le consommateur peut d’abord continuer à ne disposer que de 100 euros pour acheter sa paire de chaussures et ne pas disposer des 115 euros nécessaires. Aucune paire ne sera donc vendue à plus de 100 euros. C’est mathématique. Les commerçants n’achèteront plus de chaussures aux producteurs. Dans un premier temps, les producteurs espéreront que cette diminution des achats ne sera que provisoire et, pour éviter de licencier une partie de leur personnel, ils continueront à fabriquer autant de chaussures qu’avant. Les stocks d’invendus vont s’accumuler, tandis que le découvert en banque va augmenter dangereusement.

Il arrivera nécessairement un moment où ils devront rééquilibrer leur entreprise. Ils devront donc réduire leur production, et mettre au chômage une partie de leur personnel.

Le coût des transports devient actuellement négligeable par rapport au prix de production. Dans le cadre du Marché commun, les producteurs de chaussures français sont donc exposés à la concurrence des excellents producteurs italiens. Mais ils sont aussi exposés à la concurrence des producteurs installés en Pologne, que ces producteurs soient polonais, français ou italiens. Les salaires payés en Pologne sont bien plus faibles que les salaires payés en France ou en Italie.

Dans le cadre du marché mondial, la concurrence est encore bien plus grande.
À qualité égale, les chaussures fabriquées à l’étranger sont vendues bien moins cher en France que les chaussures fabriquées en France. Nos entreprises délocalisent ou ferment.

La TVA sociale offre aux producteurs français une excellente solution à leurs problèmes. Ils peuvent maintenant vendre 85 euros ce qu’ils vendaient avant 100 euros, tout en conservant les mêmes bénéfices. À moins d’être fous, ils vont utiliser ce cadeau du gouvernement pour abaisser leurs prix : ils vendront donc leurs chaussures 85 euros.

Mais le gouvernement français va, en même temps, prendre par la TVA sociale ces 15 euros aux consommateurs français. Finale­ment, les chaussures seront toujours vendues 100 euros et le pouvoir d’achat des Français ne sera pas modifié.
Les prix des chaussures importées subiront la TVA sociale, donc une augmentation de 15 euros. Les prix des chaussures vendues à l’étranger se font « hors TVA » La paire de chaussure fabriquée en France se vendra donc 85 euros à l’étranger. Nos importations vont diminuer et nos exportations vont augmenter Cette réforme de notre fiscalité va permettre aux entreprises françaises de redevenir bien plus compétitives. Le déficit de notre balance commerciale va enfin se réduire.

On peut difficilement imaginer une mesure économique mieux adaptée à la situation actuelle de la France. Pratiquement tous les pays européens l’ont déjà adoptée. Vive la TVA sociale !

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En bref
Travail
En moyenne, en 2010, un salarié français a travaillé 1 679 heures. C’est 224 heures de moins qu’en Allemagne… et c’est aussi 270 heures de moins qu’en France en 1999.

Chiffres significatifs

Suicide > 4,4 % des femmes âgées de 15 à 85 ans avouent avoir pensé mettre fin leurs jours au cours des 12 derniers mois.

Alcool > En moyenne, un Français de plus de 14 ans boit 12,4 litres d’alcool pur par an (contre 14,5 litres voici 20 ans).

Sécurité > Les 9 000 entreprises privées de sécurité emploient 170 000 personnes.

Armes > La France a exporté 6,5 milliards d’euros d’armes dans le monde en 2011, contre 5 milliards en 2010.

Accident > En 2011, 3 970 personnes ont été tuées sur les routes françaises, contre 3 992 en 2010. Dans le même temps, le nombre de blessés a diminué de 3 516 et le nombre d’accidents corporels de 2 055.

Cantine > Chaque année, environ 1 milliard de repas sont servis dans les cantines scolaires françaises.

Provinciaux > 313 000 provinciaux travaillent en Ile-de-France. En sens inverse, 59 700 Franciliens travaillent en province.

Fonds > Au début de 2011, les actifs détenus par les 20 plus grands fonds de gestion s’élevaient à 26 300 milliards de dollars.




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