Menou Pierre - dimanche 24 janvier 2010
« On n’est pas assez nombreux pour écoper la petite délinquance, alors si en plus il faut courir après les burqas… » Cette réaction, publiée dans Le Point du 21 janvier, émane d’un brigadier de police, agacé par le ramdam (un mot arabe…) organisé autour du voile intégral et de son éventuel interdiction.
Selon l’hebdomadaire, « lorsqu’on pose la question aux policiers, aucun n’est volontaire pour aller contrôler les femmes en burqa ». Les arguments ne leur manquent pas : comment s’y prendre, dans des cités de banlieue où la police ne pénètre pas sans être caillassée ? « Déjà que nous n’arrivons pas à faire appliquer les lois anti-cagoule et anti-rassemblement dans les halls des immeubles par crainte des réactions en chaîne… », commente un gardien de la paix de Seine-Saint-Denis.
Mieux encore : « Si la femme en burqa refuse de se dévoiler, remarque Le Point, les policiers seront contraints de la conduire au poste pour la verbaliser. Ce qui supposera au préalable d’effectuer une fouille. Or celle-ci, selon la loi, ne peut être pratiquée sur une femme que par une femme policier. Faudra-t-il dès lors féminiser chaque équipage ? » Ce serait, de fait, une belle victoire donnée aux islamistes.
Irrésolution parlementaire
Ces craintes semblent avoir été entendues par la mission parlementaire consacrée au port du voile intégral, qui, à en croire Le Monde du 23 janvier, renoncerait finalement à l’interdire sur la voie publique, « de crainte de voir un tel texte jugé anticonstitutionnel », et pencherait pour une interdiction limitée aux services et transports publics, ainsi qu’à la sortie des écoles. On veut espérer, en effet, que les policiers ne se feront pas « caillasser » dans les mairies, voire dans les commissariats.
Le même quotidien souligne la « totale confusion » dans laquelle s’achèvent les travaux de la mission parlementaire. L’idée d’une loi divise la gauche comme la droite, et l’on peine même à s’entendre sur le principe d’une résolution parlementaire condamnant solennellement le port du voile intégral, qui était pourtant « jusqu’à présent considéré comme une mesure particulièrement consensuelle ».
Les socialistes affectent de déplorer que la question de l’identité nationale ait « pollué » le débat et les députés « s’emploient par ailleurs à donner des gages à la communauté musulmane », écrit encore Le Monde. Par exemple, « la mission évoque, mais sans incitation particulière, l’instauration de jours fériés pour l’Aïd el kebir et pour Kippour, les principales fêtes musulmane et juive, en substitution à des jours fériés existant… »
Comme on imagine mal que ces « jours fériés existant » concernent le 14 juillet ou le sacro-saint 1er mai, faut-il s’attendre à ce que les fêtes catholiques – Toussaint ? L’Assomption ? Pentecôte ? – en fassent les frais ? Ce serait une étrange façon de rendre témoignage aux « racines chrétiennes de la France », célébrées par Nicolas Sarkozy en décembre 2007, lors de son discours au Latran.
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