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Congrès du PS : La maestria de François Hollande


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Rouxel Jean - mardi 22 novembre 2005


Le Congrès du Parti socialiste, qui s’est tenu au Mans, entre le 18 et le 20 novembre, est un succès à deux points de vue: pour l’unité politique d’un PS qui apparaissait jusqu’alors très divisé, du point de vue de la communication ensuite.
Selon toute vraisemblance, les socialistes auront un seul candidat en 2007. C’est l’acquis politique majeur de ce congrès. François Hollande, sous ses airs soigneusement entretenus de benêt, a remarquablement bien manœuvré. Malgré les divisions dans son propre camp, il a réussi à devancer très largement ses principaux concurrents, en obtenant pour sa motion (aussi marxiste-léniniste que celles de Fabius ou du Nouveau Parti Socialiste) une majorité absolue.
Il pouvait dès lors se permettre sans risque de jouer les rassembleurs. Et, dans ce rôle, il a souvent montré qu’il excellait!
L’unité du parti est donc restaurée. Et il ne s’agit pas d’une unité de façade, comme le prétend la plupart des observateurs. En effet, la désignation du candidat à la présidentielle se fera dans moins d’un an. Lequel des «éléphants» oserait prendre la responsabilité de rompre l’unité, sans raison aussi idéologiquement importante que le dossier européen? Non, François Hollande domine totalement le calendrier et il est peu vraisemblable que quiconque au PS ait les moyens de précipiter les événements au cours de l’année 2006.
Face à ce PS uni, que fera la droite? Pour le moment, rien ne prouve qu’elle parvienne à se présenter, elle aussi, unie (au moins pour l’UMP). Souhaitons que ce spectacle socialiste lui rappelle la nécessité de l’union pour gagner…
Mais, ce qui est plus frappant encore dans le congrès du Mans, c’est la parfaite inconsistance, doublée d’un profond archaïsme, de la motion de synthèse, qui devrait servir de base au projet socialiste pour 2007.
Nous découvrons pêle-mêle que le PS cherche des moyens pour développer le protectionnisme économique en Europe; qu’il a d’ores et déjà promis de supprimer toutes les maigres réformes des gouvernements Raffarin et Villepin; qu’il augmentera le SMIC; qu’il souhaite en finir avec le pouvoir présidentiel (le «coup d’État permanent», pourtant fort bien accepté par Mitterrand devenu président)… Bref, toutes les vieilles lunes du socialisme!
Dans le contexte particulièrement périlleux où se trouve notre pays, il est impressionnant de constater qu’un parti de gouvernement peut parler ainsi, ce qui ne peut qu’attiser les rancœurs et faire le lit de l’extrême gauche et donc de la guerre civile. Et, plus encore, de constater qu’aucun média ne s’en inquiète …


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