Rouxel Jean - mercredi 24 juin 2009
Lundi 22 juin, le Parlement se réunissait en congrès à Versailles. Pour la première fois, il s’agissait de permettre au chef de l’État de parler devant les parlementaires, selon ce que la révision constitutionnelle de juillet dernier a permis.
Bien des polémiques ont déjà eu lieu l’année dernière. Disons-le tout net, les craintes de la gauche sur la séparation des pouvoirs sont absurdes. De deux choses l’une. Soit on considère que le rôle du Président empêche le bon fonctionnement du parlement, mais alors il faut revenir sur le dispositif institutionnel de 1958 (notamment sur la limitation des pouvoirs parlementaires, sur l’élection au suffrage universel du chef de l’État et sur le quinquennat). Soit on considère que le dispositif institutionnel de la Ve République ne pose pas de problème, mais alors on voit mal en quoi le fait que Nicolas Sarkozy présente sa politique devant les parlementaires changerait quoi que ce soit.
Que les communistes et une partie des écologistes refusent de siéger, ce n’est donc que du folklore politicien. Tout ce que cela prouve, c’est que ces braves gens – qui n’ont que le respect de la « légalité républicaine » à la bouche – ne se sentent pas liés par la constitution actuelle. Dont acte.
En revanche, une autre polémique me semble plus intéressante : celle du coût de cette réunion. Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, a évoqué le chiffre de 400 000 euros pour cette journée de congrès, ajoutant : « C’est le coût d’une démocratie qui fonctionne normalement. »
Personnellement, je trouve que cela fait cher du fonctionnement normal de la démocratie. Chacun sait en effet que ce que Nicolas Sarkozy a dit aux parlementaires, il aurait pu le dire sur une chaîne télévisée, sans que cela coûte quoi que ce soit au contribuable.
Mais, puisque nous parlons du fonctionnement de la démocratie, pourquoi ne pas en profiter pour s’interroger sur le nombre de parlementaires ?
Ce n’est pas vraiment un secret d’État que cent députés et cent sénateurs suffiraient amplement à faire vivre les deux chambres, si l’on tient compte de l’absentéisme habituel de nos « chers » élus. Au demeurant, les États-Unis n’ont que cent sénateurs pour une population nettement plus nombreuse que nous.
Avec moins de parlementaires, nous n’aurions pas moins de contrôle de l’administration et nous pourrions avoir moins de lois idiotes ou nuisibles. Voilà une réforme qui ne coûterait rien et qui serait utile !
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