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Contre l’électoralisme, vive le populisme !


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Thieulloy (de) Guillaume - mardi 14 février 2012


Au premier rang des « bêtes noires » de nos si chères élites figure le « populisme ».

De quoi s’agit-il ? D’une critique des élites et d’un appel au peuple pour résoudre les problèmes qui se posent à notre société.
On comprend naturellement que les élites contemporaines apprécient moyennement d’être critiquées. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles-mêmes nous donnent quotidiennement ma­tière à critique. Il suffit d’ouvrir un journal, il suffit d’allumer sa radio ou sa télévision, pour entendre ici un « intellectuel », là un homme politique, là encore un journaliste, nous expliquer que la dette publique est abyssale, que nous sommes le pays le plus imposé du monde libre, que la liberté d’expression régresse, tandis que l’insécurité progresse…

Ce n’est pas le peuple seul qui pose ce diagnostic effarant. C’est, tout autant, les élites, soit pour nous « vendre » l’austérité, soit pour critiquer les gouvernants du « camp d’en face ».

En un mot, le populisme est d’abord alimenté par les élites (ou prétendues telles, car une oligarchie n’est pas réellement une élite).
Et, surtout, en régime démocratique, les élites prétendent tenir leur pouvoir du peuple. Ce n’est pas vrai seulement des hommes politiques. Il suffit d’entendre l’ensemble de la classe parlante pour comprendre à demi-mot qu’elle prétend être « la voix des sans-voix », comme on disait dans les années 1970.

Mais, alors, on voit mal comment le peuple, dans ce cadre, ne serait pas encore mieux fondé à parler que ceux qui affirment parler en son nom.
Bref, on voit mal, au plan intellectuel, comment des élites démocratiques, peuvent s’opposer au populisme.

Le seul véritable « argument » anti-populiste réside dans une équivalence fallacieuse : l’équivalence entre populisme et démagogie.
Or, il n’est nullement certain que tous les combats populistes soient démagogiques. Et il est, en revanche, certain que bien des tenants de l’élite sont, eux, des démagogues. Si l’on veut bien songer une seconde à l’origine de notre dette publique, il n’est pas difficile de la trouver dans l’expansion délirante de notre État-providence – expansion qui fut, elle-même, causée par le principe électoraliste majeur : « Demain, on rase gratis ! »

Ce qui est le plus étrange, peut-être, dans notre société, c’est que, plus on parle du peuple et de la démocratie, plus on muselle le peuple et on fausse la démocratie.

Rappelez-vous l’élection présidentielle de 2002 : le président sortant le plus mal élu au premier tour (moins de 10 % des Français en âge de voter avaient voté pour Jacques Chirac) a finalement emporté la mise avec 82 % des voix !
Rappelez-vous aussi le peu de cas que nos dirigeants firent naguère du référendum européen.
En réalité, la démocratie est devenue, selon le mot fameux, une idole que l’on encense par habitude.

Cette espèce de religion de substitution n’exclut absolument pas

1) que l’on refuse de consulter le peuple ;
2) que l’on verrouille au maximum ses prises de parole (comme avec le prétendu référendum d’initiative populaire, qui donne aux députés un droit de veto sur les référendums populaires) ;
3) que la « représentation nationale » ait plus de poids qu’un vote référendaire (comme le prouva le vote du fameux Traité de Lisbonne, moins de trois ans après le rejet du Traité constitutionnel européen, qui disait à peu près la même chose).

Nous avons ainsi réussi le tour de force de marier la démocratie (avec les risques de dérive démagogique qu’elle comporte) avec l’oligarchie !
Pour résister à cet état de fait, pour rendre la parole au peuple, il est urgent d’abandonner le démocratisme, cette sorte de religion qui marmonne comme des mantras les mots « peuple », « démocratie », « droits », « liberté »…, et de passer à une véritable démocratie. C’est-à-dire une démocratie directe. Au moins dans les grandes occasions.

Nos amis de Contribuables Associés en ont fait un thème majeur de leur action pour cette année électorale. Je partage entièrement leur avis.
Cela n’exige même pas de baisser le seuil impressionnant d’un dixième du corps électoral. Il suffit de supprimer le scandaleux droit de veto parlementaire (un référendum d’initiative po­pulaire nécessite l’approbation d’un cinquième des parlementaires). Puis­que les parlementaires sont censés représenter le peuple, comment pourraient-ils s’opposer à cette suppression ?

Et, une fois la véritable démocratie directe imposée, la majorité silencieuse pourra enfin parler aussi fort que les bruyantes minorités qui colonisent notre vie publique !

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«Nicolas Sarko­zy ne peut plus nous battre, car les Français veulent un autre Président.»
Pierre Moscovici, député PS

SIC
Parrainages «Il est lé­gitime que leurs choix de parrainages fassent partie des actes dont les élus ont à répondre.»
Guy Carcassonne,
constitutionnaliste

Courage «Ma définition du courage politique n’est pas d’augmenter les taxes que vont payer les classes moyennes et populaires.»
Laurent Fabius

Hadopi «Les internautes ont compris qu’écouter de la musique sans payer les droits détruit la création.»
Frédéric Mitterrand,
ministre de la Culture

AAA «Le seul triple A que Sarkozy peut garantir, c’est celui qui résume son quinquennat : austérité, affaiblissement, alignement.»
Guillaume Bachelay,
secrétaire national du PS

Union nationale «De grâce, élevons-nous un peu au-dessus des préoccupations partisanes. Faisons preuve d’un peu d’esprit de consensus et d’union nationale, plutôt que d’esprit de critique systématique.»
Alain Juppé,
ministre des Affaires étrangères

Taxe «Il faut moins taxer la production et plus taxer la consommation.»
Hervé Morin,
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Compromis «Nous sommes dans un pays où compromis signifie compromission.»
Arnaud Montebourg, député PS

Cités «Les cités, il ne faut pas tourner autour. Il faut y entrer et faire notre tra­vail.»
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préfet de Seine St-Denis




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