actualité france, politique, journal de droite. Les 4 vérités Hebdo img, caricatures actualité, dessins L'actualité Française
vue de droite libérale

Offre gratuite !

La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici

Contre le conformisme, et contre la censure


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
31 VOTES
1359 LECTURES

Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 30 juillet 2008


La petite controverse que nous avons eue, avec Pierre Lance, au sujet de la prière d’Ingrid Bétancourt, a suscité des réactions diverses de lecteurs – les uns me priant de « virer » Pierre Lance au plus vite, d’autres s’offusquant de mes « offenses » au paganisme. J’en profite pour repréciser notre ligne éditoriale.

Je dis souvent, en forme de paradoxe, que notre « ligne » éditoriale consiste à ne pas en avoir. Il est clair que ce n’est pas tout à fait vrai, car nous sommes clairement de droite; nous sommes clairement favorables aux libertés économiques…
Toutes choses qui constituent bien une ligne. 
Mais, derrière ce paradoxe, se cache une hantise, au moins aussi importante que ces prises de position clairement identifiables de notre journal: la hantise de devenir un jour le journal d’une coterie.

Non pas qu’il soit méprisable d’être le journal d’un parti ou le journal d’une chapelle.  Mais, précisément, pour cela, il faut être adossé à un parti ou à une chapelle. Ce n’est pas notre cas. Et il est hors de question que ça le devienne dans l’avenir.

Car nous apportons un service unique en son genre – à ma connaissance, du moins: nous offrons à des personnes qui ont, par ailleurs, leurs choix particuliers, la possibilité de lire et de discuter avec des personnes qui ont fait d’autres choix particuliers.

Ce n’est pas du relativisme. Ou ça ne l’est qu’en apparence. Chacun de nous, lecteurs et rédacteurs, nous avons nos choix. Et ces choix ne nous paraissent pas un choix parmi d’autres, une vérité parmi « quatre vérités » ou plus encore.
Nous y avons, en général, suffisamment réfléchi pour être assurés d’être dans « le » vrai. Par une faiblesse de la nature humaine, qui est aussi une richesse de l’humanité, cette unique vérité n’est pas, le plus souvent, perçue comme vérité par nos voisins.

Naturellement, nous avons tout lieu de le regretter, mais c’est ainsi et, sans en prendre notre parti, nous devons bien tenir compte de cette situation.

Pour revenir à notre exemple de départ, je ne crois pas du tout que la vérité religieuse soit facultative. Je ne crois pas davantage que Pierre Lance et moi-même exprimions différemment la même réalité transcendante dépassant nos pauvres mots (même si je crois que ladite réalité dépasse effectivement nos pauvres mots !). Je serais évidemment ravi de permettre à notre ami de découvrir le vrai Dieu. Il reste que, pour le moment, cela ne semble pas d’actualité.

Jusqu’ici, la plupart des médias font, peu ou prou, la même analyse que nous. Ce qui nous différencie, c’est la suite : je crois (et je ne pense pas me tromper en disant que Pierre Lance croit, lui aussi) que ce fossé apparemment infranchissable entre nous n’est pas le dernier mot.
Nous faisons le pari que, discutant au fil des semaines, de différents sujets, constatant, au fil des semaines, que nous sommes tantôt d’accord, tantôt en désaccord, nous pourrons d’une part apprendre à apprécier des personnes qui sont fort éloignées de penser comme nous ; d’autre part, et surtout, apprendre de ces personnes.

C’est la principale raison qui nous pousse à laisser autant de place au courrier des lecteurs. Et c’est la raison qui pousse la rédaction à s’interdire de censurer telle ou telle chronique, fût-elle profondément éloignée de la philosophie du rédacteur en chef ou du directeur du journal.

Ce journal n’est pas le journal de Jean Rouxel, ou de Guillaume de Thieulloy. Il est le journal des quelque 13 000 abonnés qui, ensemble, en débattant, en approuvant, ou en critiquant telle prise de position, telle chronique, tel rédacteur ou tel lecteur, apprennent à découvrir les arguments de voisins qui tiennent sur la même « barricade » un autre front.

Par conséquent, je demande instamment que personne ne compte sur moi pour censurer tel ou tel chroniqueur ou tel ou tel courrier de lecteur.
Ce n’est d’ordinaire pas mon genre, mais ça l’est, si je puis dire, moins encore, dans les « 4 Vérités », dont toute la raison d’être est précisément ce refus systématique de la censure.
Il me semble que ce rejet pratique du caporalisme intellectuel et du conformisme constitue le meilleur service que nous puissions nous rendre les uns aux autres, lecteurs et amis des « 4 Vérités » ; et surtout le meilleur service que nous puissions rendre à notre malheureux pays.

La France, en effet, crève, non pas seulement des lois ineptes que ses gouvernements successifs lui ont imposées, la plupart du temps sans lui demander son avis ; elle crève aussi, et surtout, de l’impossibilité pratique – et parfois de l’impossibilité légale – de discuter franchement des sujets les plus importants pour l’avenir du pays.

Tant que ce conformisme ambiant, tant que cette censure d’État, seront d’actualité, notre ligne éditoriale le sera aussi ! 􀁑

12 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site