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Contre le nationalisme Economique


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Trémeau Bernard - mardi 18 octobre 2011

liberalisme
Avec Arnaud Monte­bourg, suivi sur de nombreux points par François Hollande, les socialistes annoncent qu’ils veulent protéger les emplois en France.

Ils proposent donc d’établir des droits de douane autour de l’Europe, protégeant ainsi le Marché commun du reste du monde. Mais ils proposent aussi d’établir des droits de douane autour de la France, protégeant ainsi les produits français contre la concurrence des produits es­pagnols ou allemands.

De telles propositions ne correspondent plus du tout aux réalités économiques actuelles. Le coût des transports diminue un peu plus chaque année, et il est possible d’acheter par Internet tout ce qu’on veut dans le monde entier. De ce fait, le « marché » n’a plus une taille nationale. Il a une taille mondiale. Et plus de la moitié de ce que nous consommons aujourd’hui provient de l’étranger.

L’exemple de l’automobile montre à quel point l’intrication des économies est aujourd’hui réalisée.
Peugeot ou Renault ont leur siège social en France. Ce sont donc des entreprises qui payent au gouvernement français les impôts que doivent payer toutes les entreprises installées en France. Elles doivent aussi payer des salaires et des charges so­ciales qui augmentent automatiquement du fait des lois.

Actuellement, la France est le pays qui impose le plus ses entreprises. Si, avec le Marché commun et la mondialisation de l’économie, Peugeot ou Renault veulent rester compétitifs, elles doivent trouver une solution. Et plusieurs solutions s’offrent à ces entreprises, comme à toutes les entreprises subissant les lois françaises :

– Peugeot peut utiliser une première solution. La société crée à l’étranger une entreprise identique à Peugeot France. Elle crée, par exemple, Peugeot Pologne ou Peugeot Chine. Elle garde le contrôle de ces entreprises étrangères en étant leur actionnaire majoritaire. Peugeot peut alors attirer des investisseurs polonais ou chinois. Peu­geot réalise ainsi un transfert de technologie favorable à la fois à ses bénéfices, et au développement du pays dans lequel l’installation a lieu.
– Peugeot peut utiliser une deuxième solution et installer en Pologne ou en Chine une usine fabriquant seulement un seul type de voiture, une 107 par exemple. Peugeot France conserve alors l’administration centrale et le bureau d’étude, donc embauche très peu de salariés hors de France. La compagnie continuera à payer en France les impôts sur son activité française. Mais son entreprise polonaise, où les impôts et les salaires sont bien plus bas qu’en France, fera de solides bénéfices.
– Peugeot peut utiliser une troisième solution. Conserver en France la totalité de l’entreprise. Mais acheter à une entreprise chinoise ou roumaine un essuie-glace pour le pare-brise ou une bougie pour le moteur. Il n’y a qu’une seule entreprise Peu­geot, qui reste en France et y monte les voitures. Mais elle utilise de nombreux sous-traitants installés à l’étranger.
Telle est l’actuelle réalité économique de toutes les entreprises du monde entier.
Et, grâce à cette immense complexité, Peugeot, arrive à faire des bénéfices, malgré les nombreux concurrents. Donc Peugeot attire des investisseurs.

Actuellement, toutes les entreprises du CAC 40 qui font des bénéfices les réalisent en dehors de la France, grâce à leurs implantations étrangères.

Revenir au nationalisme économique, c’est folie. C’est vouloir s’opposer à une évolution incontournable du comportement humain. C’est aussi absurde que de vouloir obliger l’eau d’un fleuve à couler de la mer vers sa source.

Pour rendre les entreprises françaises très compétitives, il existe un moyen très simple : les imposer un peu moins que les entreprises étrangères.
Le chômage quittera alors la France, à toute vitesse. C’est tout à fait possible.

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En bref
Personnel

Les dépenses de personnel (rémunérations et pensions) de la fonction publique d’État pèsent 118 milliards d’euros, plus de 40 % des dépenses du budget général de l’État.

Chiffres significatifs
Épargne > Le principal poste d’épargne des Fran­çais concerne l’assurance-vie et les fonds de pension (38 % de l’épargne globale), devant les dépôts bancaires et liquidités (32 %) et devant les actions (20 %).

Violence > Au cours du seul mois d’août, 606 vols avec violence, mais sans arme, ont été commis sur des femmes, dans le département des Bouches du Rhône.

Alzheimer > 225 000 nouveaux cas de la maladie d’Alzheimer sont découverts chaque année en France.

Énergie > D’ici 2020, le secteur de l’énergie devrait re­cruter 200 000 personnes en France .

Déchets > En moyenne, une tonne d’ordures ménagères est traitée, en France, pour 176 euros.

Tabac > On estime que 20 % du tabac consommé en Fran­ce est acheté hors de France, ce qui représente un manque à gagner de 2,7 milliards d’euros pour les finances publiques. Sans parler de la fermeture 5 000 bureaux de tabac entre 2002 et 2010. Il faut dire que les taxes représentent plus 80,6 % du prix d’une cigarette. Belle illustration de la courbe de Laf­fer : trop d’impôt tue l’impôt !

TVA > La TVA devrait rapporter 137 milliards d’euros à l’État en 2011.

Croissance > Fin septembre, l’INSEE a diminué ses prévisions de croissance, pour 2011, de 2,1 % à 1,7 %.




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