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Contre les litanies pacifistes, défaitistes et dirigistes


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Milliere Guy - mercredi 13 février 2008


Certains m’ont remercié pour mon « courage ». D’autres se sont étonnés que j’accepte une position très minoritaire.
Les uns et les autres parlaient de ma récente participation à l’émission de Frédéric Taddei sur France 3. Je répondrai aux premiers que je n’ai eu à faire preuve de strictement aucun courage.

On m’invite, je viens, et je parle. C’est très simple. J’ajouterai que Frédéric Taddei et les gens de son équipe sont charmants et ouverts et que, dans le cadre de la télévision française telle qu’elle est aujourd’hui et de l’opinion française telle qu’elle est aussi, « Ce soir ou jamais » est, à mes yeux, la meilleure émission de débats à exister sur une grande chaîne, et de très loin.

C’est même la seule émission où la notion de débat signifie encore quelque chose et où on n’a pas l’impression d’écouter s’écouler un robinet d’eau tiède.
Je l’ai dit à Taddeï, je l’ai dit à son équipe. Je les respecte. Ils ont créé un réel espace de pluralisme.

Je répondrai maintenant aux seconds : oui, j’accepte une position minoritaire, j’accepte tout espace qui s’offre.
Ma position de minoritaire reflète l’état de l’opinion en France où, à gauche, on en est resté à ce qu’était la gauche dans d’autres pays d’Europe il y a une trentaine d’années au moins, et où, à droite, le courant libéral a été laminé par les discours gaullistes et nationalistes jusqu’à en devenir presque inexistant.
Même avec un ministre du gouvernement actuel (à une ou deux exceptions près), je serais dans l’opposition.
Face à des gens de gauche ou d’extrême gauche, je serais dans l’opposition.
Face à des représentants de l’extrême droite, je serais dans l’opposition. J’accepte, oui.

Je pourrais dire comme le faisait un présentateur de talk shows conservateur aux États-Unis voici quelques années :
je suis l’opposition. Je suis libéral en économie et en termes de défense du droit naturel et de la liberté de parole, et nous ne sommes plus très nombreux.
J’articule mes positions libérales à des positions néo-conservatrices en politique étrangère, et là, je sais que nous sommes encore moins nombreux.

La vérité à mes yeux ne dépend pas du nombre. Non seulement, je peux expliquer, mais je peux fonder mes explications dans la pensée et dans l’histoire. Je n’ai, dès lors, guère à craindre si on me donne la parole et qu’on ne place pas sur ma bouche le bâillon avec lequel on étouffe les dissidents.

J’ai, sur les télévisions suisses et belges, débattu sur le « réchauffement » face à quatre ou cinq « experts » du GIEC, et j’ai mis en pièce leurs « raisonnements » : tout simplement parce que ceux-ci n’étaient pas fondés.

En Suisse encore, j’ai dû faire face à Jean Ziegler et Emmanuel Todd, et cela s’est passé de la même façon : la solidité et la cohérence intellectuelle ne peuvent se feindre, surtout en public, et en direct.

Si certains, comme le fait un archiviste myope sur l’espace dialogue du site de ce magazine ressortent mes textes anciens et croient me prendre en défaut, je leur ferai une rapide explication de texte : il m’arrive d’en faire à mes étudiants à l’université.
Je préfère avoir le temps de la conférence ou l’espace du livre pour être précis, mais je puis accepter d’être bref.

Si j’en viens à l’émission elle-même: je savais qui j’aurais face à moi, et je n’avais pas grand mérite.

Tout comme la gauche française ne brille pas par sa créativité, la gauche américaine gît dans sa propre stérilité.
Je savais quelles litanies pacifistes, défaitistes et dirigistes j’allais entendre. Il me suffisait de me situer un cran au-dessus, ce que j’ai tenté de faire.

Les seuls risques étaient que je prenne trop la parole, ce qui était une possibilité puisque j’étais seul contre cinq, ou que je paraisse trop vindicatif face à des gens qui peuvent, parfois, débiter des horreurs absolues d’une voix faussement douce.
Je crains d’être apparu un peu vindicatif. Je crains aussi d’avoir trop parlé. L’avenir me dira si mes craintes étaient fondées.

Sur le blog de l’émission, des ramollis du bulbe ont semblé ne pas comprendre la différence entre un libéral et un nazi et, ne comprenant pas qu’il n’y a rien, strictement rien de plus éloigné d’un nazi qu’un libéral, m’ont traité de « nazillon ».

Je les plains : avoir la tête si vide et écrire sans savoir le sens des mots, c’est d’une indigence pathétique. Ce serait risible si ce n’était, aussi et surtout, inquiétant.

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Claude Rivière,
Docteur ès Sciences d’État




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