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Course au fric et marée noire


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Bonus WEB - lundi 14 juin 2010

petrole

Six mois à peine après le rendez-vous raté de Copenhague sur l’environnement, l’une des plus grande catastrophe écologique de tous les temps est en train de frapper le pays phare du développement industriel. Et cette catastrophe ne concerne pas le réchauffement climatique, dont on nous rebat les oreilles, mais la mer et le pétrole.

Elle concerne aussi l’appétit de lucre, qui est une pollution de l’esprit même de nos sociétés. Plus de 5 000 tonnes de pétrole se déversent chaque jour dans l’océan et vont souiller les côtes de Louisiane et de Floride, ou sont emportées vers les courants – le Gulf Stream ! Les produits chimiques supposées dissoudre les nappes, toxiques, aggravent la situation au lieu d’y remédier.

Or on apprend que B.P. a creusé à 22 000 pieds, au lieu des 18 000 autorisés et que ses ingénieurs avaient reçu consigne de leur direction d’accélérer les procédures de forage, en dépit des appels à la prudence de leurs collègues de Transocean, société propriétaire de la plateforme.

Que, de surcroît, une mesure de sécurité, qui consistait à alléger la pression dans le forage, avait été supprimée.

Que par ailleurs, le groupe multinational de bâtiment, de travaux publics et d’exploitaion pétrolière Haliburton, dont le PDG était jusqu’en 2000 le vice-président américain Dick Cheney, a coulé sur le site un béton défectueux, et cela sans installer les valves de sécurité obligatoires, « pour réduire les coûts », observe l’éditorialiste de Politique Magazine dans le numéro de ce journal daté de juin 2010.

Et que Transocean n’avait pas jugé utile de faire réparer la seule valve de sécurité manuelle, abîmée par une fausse manœuvre.

A quoi songent aujourd’hui les dirigeants de B.P. ? « La Compagnie a eu l’impudence de demander aux pêcheurs d’installer des filets de protection en surface, à petits prix, moyennant quoi il n’auraient plus de recours contre B.P., écrit l’éditorialiste de Politique Magazine. Cette clause scandaleuse a été heureusement cassée. La compagnie essaye de redresser son image. En vain ! »

Ne songe-t-elle qu’à son image ? Des politiques américains ayant demandé à B.P. de ne pas payer les dividendes de cette année à ses actionnaires (ils s’étaient élevés en 2009 à 10,4 milliards de dollars), les investisseurs ont été pris de panique et l’action du groupe a chuté de 40 % depuis l’explosion de la plateforme. En somme, la catastrophe diffère selon le point de vue dont on se place, celui de l’actionnaire ou celui du pêcheur…

Les dirigeants de B.P. sont-ils seuls en cause ? « Le problème est que le gouvernement fédéral sous Bush et Cheney avait lui-même présidé à l’abolition de tous les garde-fous de sécurité. Toujours plus d’argent, toujours moins de contrôles. La loi du fric ! », remarque encore Politique Magazine. Après la crise financière et économique, c’est au tour de la nature de nous adresser un avertissement.

Prométhée se brûle avec le feu qu’il a volé aux dieux.

Alexis Rabiau

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