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Crise de l’Union européenne : un fort parfum de IVe République…


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Rouxel Jean - dimanche 31 octobre 2004


Incertain jusqu’à la dernière minute, le vote, par le Parlement européen, solennellement réuni à Stras-bourg le mercredi 27 octobre après-midi, sur l’investiture de la Commission de Bruxelles, présidée par le Portugais José Manuel Barroso, 58 ans, entouré de ses 24 commissaires, illustre l’impasse dans laquelle se trouvent aujourd’hui engagées les institutions européennes.
Le successeur de Romano Prodi a été nommé par le Conseil européen des chefs d’États ou Premiers ministres, à la fois sur ses qualités personnelles et sur son positionnement politique réputé, hors de son pays d’origine, être de centre droit. En effet, en 2002, avant de devenir Premier ministre, avec son parti social démocrate (PSD), pour remporter les élections législatives générales, il fit alliance avec la droite nationale portugaise. Mais il n’empêche que l’homme vient de l’extrême gauche. Il a commencé sa vie militante dans un groupe maoïste, très anti-communiste il est vrai. Ministre des Affaires étrangères à 36 ans, il devint l’ami intime du président angolais marxiste-léniniste, Dos Santos… En tout cas ce parcours sut plaire aux chefs d’États européens. Et, aujourd’hui, M. Barroso est soutenu principalement par le groupe PPE, réputé être conservateur…
Selon les règles en vigueur, les commissaires ont été désignés par les chefs d’État, un par pays membre, M. Barroso se contentant de trouver à chacun un « portefeuille ». C’est en application du traité de Nice que le Parlement européen a auditionné chacun des nouveaux commissaires, avec la possibilité de voter, ou non, l’investiture à l’ensemble de la Commission.
Grisés par ce nouveau pouvoir, et emmenés par le groupe des démocrates et des libéraux, auquel les UDF français de Bayrou ont adhéré, les parlementaires européens ont la possibilité de démontrer qu’il faudra désormais compter avec eux. Jusque-là, rien à dire.
Mais ils ont choisi de récuser le seul commissaire italien, Rocco Buttiglione, pour des propos rappelant la doctrine constante de l’Église assimilant l’homosexualité à un péché… Dans le même temps, évidemment, ils ne trouvaient rien à redire à la candidature du hongrois Laszlo Kovacs, ancien responsable des jeunesses communistes de son pays dans les années 70…
M. Barroso souhaite faire fonctionner sa Commission avec des membres ayant, en privé, une diversité de points de vue. C’est la sagesse. Le sectarisme est entièrement du côté du Parlement, en particulier de nos drôles de centristes français.

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