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Crise du capitalisme ou crise géopolitique ?


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de Beaufort Hubert - vendredi 23 septembre 2011

demographie
Jean d’Ormesson, dans un éditorial du Figaro publié cet été, estime que la crise actuelle risque d’être le symétrique de la crise du communisme qui a vu l’effondrement de l’URSS et du système soviétique.

Son diagnostic peut se résumer en deux phrases :

« Au combat entre marxisme et capitalisme, qui s’est terminé par la victoire de l’économie de marché, a succédé l’effondrement suicidaire d’un capitalisme sans rival ».

« Réformer est toujours difficile. Plus difficile que promettre, ne rien faire ou tout bouleverser sans souci des conséquences. Il faut une volonté mêlée d’imagination et de courage ».

Notre célèbre académicien porte un jugement objectif sur les dérives du mondialisme et cette fuite en avant d’une croissance à tout prix basée depuis des années sur un endettement croissant des Etats, incapables, pour la plupart, de comprendre que l’on ne peut durablement consommer plus que l’on ne produit.

Le capitalisme n’est pas mort partout, puisque la Chine et l’Inde en ont fait le moteur de leur développement en devenant l’usine et le banquier du monde occidental.

La crise financière actuelle qui secoue l’ancien monde est en effet à même de créer un effet de panique ressemblant à celle des moutons de panurge qui finissent par tous se jeter tous à la mer par peur de la noyade.

Mais nous rejoignons en partie la conclusion d’espérance de Jean d’Ormesson estimant qu’il faut imagination et courage pour échapper aux malheurs qui nous guettent. En effet, si l’objectivité dans l’analyse était politiquement admise, Amérique et Europe ont les moyens de faire face à leurs dettes : les USA en passant de 35 à 37 % de prélèvements, la France en ramenant progressivement les siens à la moyenne européenne de 40 %.

Mais la crise financière n’est pas la seule, car la mise en garde de Jean d’Ormesson vise le capitalisme débridé, mais elle laisse de côté le grand péril géopolitique du XXIème siècle : la surpopulation et ses conséquences.

Les médias annoncent comme un simple fait divers que nous sommes désormais sept milliards d’humains et que nous serons près de dix milliards avant la fin du siècle. Ce phénomène de surpopulation est à notre sens beaucoup plus grave qu’une crise financière soluble.

Nos chroniques ont analysé la réalité des crises dites démocratiques du sud de la Méditerranée, qui sont en réalité celles de la faim et de la surpopulation. Pour ne citer que la Tunisie et l’Egypte, les troubles permanents qui agitent ces pays ont déjà vidé les caisses et tari le tourisme. Dans quelques semaines nous aurons à faire face à des émeutes de la faim et à la révolte d’une jeunesse sans avenir, car aucun système politique et économique n’est à même de faire face à un doublement de population tous les quart de siècle.

Rappelons encore une fois les chiffres : l’Egypte comptait 12 millions d’habitants en 1912 et elle en compte aujourd’hui 85 millions, l’Afrique noire est passé durant la même période de 150 millions à un milliard, avec deux milliards attendus dans cinquante ans.

Comment une croissance économique peut-elle faire face à un tel défi ? Renverser les dictatures est une chose, mais par quoi seront-elles remplacées ?

En résumé, les crises actuelles représentent des défis qui exigent lucidité, objectivité et détermination : nos politiques y sont-ils prêts ? Travaillons pour leur faire prendre conscience des urgences qui n’ont que peu à voir avec la recherche les boucs émissaires faciles que sont les banques, les capitaux et les financiers.



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