Menou Pierre - lundi 29 novembre 2010
allemagne, inflation
« En colère, inquiets pour leur avenir, les Irlandais descendent dans la rue », lit-on dans Le Figaro Economie du 27 novembre. Les Irlandais ne sont pas les seuls à avoir de bonnes raisons de s’inquiéter pour leur avenir, à en juger par la « une » du Journal du Dimanche du 28 novembre – qui n’a pas eu l’heur de plaire au gouvernement français : « La France menacée : réunion d’urgence aujourd’hui à Bruxelles sur la situation irlandaise. Notre pays n’est pas à l’abri. Les quatre raisons d’une possible contagion. Quelle est la responsabilité de l’euro ? »
Ces questions n’auraient pas eu leur place en première page d’un grand périodique national voilà seulement quelques mois. Comme dans toutes les périodes de bouleversement, les faits s’enchaînent avec une surprenante rapidité, entrecoupés seulement de fausses périodes de rémission qui laissent croire aux optimistes que la situation se stabilise.
« L’euro nous entraîne dans une espèce de chaos », affirme, en page intérieure et en gros titre, l’eurosceptique Philippe Simonnot, auteur du Jour où la France sortira de l’euro.
« La dette de la France n’est plus soutenable, explique-t-il. Nous ne pourrons pas sortir de la situation actuelle. Plus on durcit les plans de rigueur, plus la croissance recule et moins on crée de richesses. Résultat : le poids de la dette par rapport à la richesse continue d’augmenter. C’est tout à fait comparable avec ce qui s’est passé en Grèce ou en Irlande, contrairement à ce que nous dit le gouvernement. Et la dégradation va se poursuivre. »
Les intérêts divergents de la France et de l’Allemagne
Philippe Simonnot remarque par ailleurs, d’une part, que « L’Europe souffre d’un vice congénitale. Il consiste à émettre de la monnaie sans garantie ni contrepartie, comme l’or l’a été pendant longtemps. » Ajoutons que c’est également le cas du dollars. D’autre part, que la France, pieds et poings liés par la monnaie unique, n’a plus la ressource de dévaluer sa monnaie comme elle le faisait naguère lorsque sa compétitivité était menacée – et cela, « alors que notre pays se désindustrialise et se désagriculturalise. »
Au passage, Simonnot rappelle que depuis 2004, Sarkozy a vendu le sixième des réserves d’or françaises.
Le dossier du JDD souligne encore deux éléments inquiétants :
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la France s’accroche à l’Allemagne, mais la situation des deux pays diffère autant que leurs intérêts divergent, les Français souhaitant l’affaiblissement de l’euro pour relancer leurs exportations, tandis que l’Allemagne, deuxième exportateur mondial, ne veulent pas en entendre parler.
Une chose est certaine : les Allemands ne se sacrifieront pas sur l’autel branlant de l’Europe. S’ils refusent demain de payer pour les canards boiteux, s’ils font « bande à part » avec le club des pays du nord – les bons élèves –, et si la France est contrainte de quitter l’euro dans des conditions qu’elle n’aura pas choisies, point n’est besoin d’être devin pour imaginer ce qu’il adviendra d’un Etat français ligoté par les poids conjugués de la dette, d’un fonctionnariat pléthorique et d’un système social ultra-déficitaire.
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