de Beaufort Hubert - lundi 29 novembre 2010
chomage, economie
La crise financière semble contrôlée au prix d’interventions massives des Etats occidentaux qui ont creusé les déficits et doivent maintenant s’atteler à deux objectifs contradictoires : stimuler la croissance d’un côté et adopter de l’autre une politique de rigueur qui paralyse cette même croissance.
Les politiques s’appliquent certes à maîtriser le court terme et l’incendie qui menaçait les fondements de l’économie, mais ils ne semblent pas avoir pris la pleine conscience des conséquences sociales de la crise : la montée du chômage et la montée de l’immigration chez les pays qui ne peuvent assurer une aide financière minimum.
Phénomène mal perçue, car dilué dans le temps, la crise a poussé les entreprises à pratiquer une politique de resserrement de leurs effectifs, politique qui a poussé le chômage à la hausse.
Les chiffres américains sont très préoccupants et significatifs de ce malaise social : on sait que le chômage officiel touche 10 % de la population, mais l’on ignore souvent que le nombre de chômeurs sans emploi depuis 99 semaines est passé en trois ans de 200 000 à 1, 4 million. Or 99 semaines est la durée maximum d’indemnisation. Au-delà de cette durée, les chômeurs ne touchent plus rien !
Le malaise social qui se diffuse aux USA explique la fragilité de la reprise. Les 2/3 du PIB américain sont fait de consommation. Il semble clair que l’endettement à tout va n’est plus de mise.
Le système social français est beaucoup plus protecteur que celui des Etats-Unis et les RMI RSA avec les allocations familiales assurent un parachute minimum. N’oublions pas malgré tout notre taux de chômage officiel de 10 % et surtout le chômage de jeunes qui frise les 20 % et même 40 % dans certaine cités populaires.
Le diagnostic macro économique est connu : nous avons perdu 1,5 million d’emplois industriels en 20 ans, ce qui explique notre déficit commercial. Quel remède ? Reconstituer un tissu de PMI exportatrices à l’image de l’Allemagne : le modèle est à nos portes, appliquons ses méthodes.
Voyons maintenant le problème de l’immigration, qui fait vibrer les consciences politiques et les consciences morales.
La Roumanie, la Bulgarie et les pays de l’Est maintenus durant un demi-siècle dans le sous développement sont aujourd’hui frappés par la crise : entre la misère absolue et une subsistance minimum accordée par la France, on comprend que la deuxième solution soit recherchée.
La charité est certes un devoir, mais l’enfer peut être pavé de bonnes intentions, car ce n’est pas la France qui peut être une solution à la misère du monde. La solution commence par la création de richesses dans les nouveaux adhérents de l’Europe.
Faire renaître l’espérance dans ces pays sans espérance, voilà ce qui est à la fois un devoir et une priorité.
Hubert Beaufort
Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame
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