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Crise : un perpétuel Recommencement |
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Bonnal Nicolas - lundi 06 octobre 2008
economie
La crise actuelle semble surprendre par l’étendue de ses dégâts, de sa couverture médiatique et de sa dimension scandaleuse. Mais, tout comme le poisson rouge n’a que trois secondes de mémoire pour supporter ses allers-et-retours en aquarium, l’homme postmoderne n’a ni la mémoire, ni même l’instruction nécessaire pour accepter la pérennité des crises du capitalisme, notamment financier. Voici ce qu’écrit Marx en 1848 dans son célèbre Manifeste. : « Il suffit de mentionner les crises commerciales qui, par leur retour périodique, menacent de plus en plus l’existence de la société bourgeoise. Chaque crise détruit régulièrement non seulement une masse de produits déjà créés, mais encore une grande partie des forces productives. »
Mais Marx, que son messianisme prend souvent à défaut, sait que le système en a vu d’autres : « Comment la bourgeoisie surmonte-t-elle ces crises ? D’un côté, en détruisant par la violence une masse de forces productives ; de l’autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus à fond les anciens. »
Il attend certes une crise finale et apocalyptique, mais il sait que le système vit de crises. Engels, dans son Socialisme utopique, qui rappelle que la première grande crise capitaliste a eu lieu en 1825, écrit même que la cyclicité et la violence de ces crises ont une fonction psychologique et politique : « Laisser une humanité désabusée et épuisée ». On constate la justesse de ces vues en Europe, qui ne s’est jamais remise de la crise de 1973 ou de celle du début des années 90, causée par la réunification allemande et des taux d’intérêt déjà trop élevés.
Pour expliquer cette crise, on invoque la seule que l’on connaisse, celle de 1929, et dont, d’ailleurs, on n’est sorti que par une autre guerre mondiale. J’en invoquerai donc une plus ancienne.
Wladimir d’Ormesson a consacré en 1933 un beau livre à une crise mondiale, forte et méconnue, celle de 1857. Il cite les correspondants de l’époque.
Voici ce qu’écrit le comte de Sartiges, ministre de Napoléon III à Washington, le 4 octobre 1857 : « Cause de la crise : la sortie du pays des espèces, par suite d’une importation immodérée ; les spéculations téméraires ; enfin, la principale : les immenses entreprises de toutes sortes, celles des chemins de fer particulièrement, commencées avec les seuls capitaux fournis par le placement des actions et des obligations des compagnies américaines… Or, le crédit des uns ne s’appuie pas sur autre chose que sur le crédit des autres, et il suffit que la confiance fasse défaut à une petite portion pour que la marche du crédit tout entière s’arrête… »
Le comte de Sartiges ajoute un peu plus loin : « Les immeubles ne peuvent plus être ni vendus, ni même hypothéqués. »
La réaction des Américains reste toutefois américaine, écrit le ministre admiratif : « Ils ont laissé les morts enterrer les morts, et faute de trouver sur qui faire retomber leur colère, puisque c’est la communauté qui a ruiné la communauté, ils se sont remis à l’œuvre pour reconstruire leur fortune. »
La crise de 1857 gagne l’Europe, avec son cortège de cessation de paiements, de faillites et même de suicides, décrits par le père de Jean d’Ormesson. Et puis, le monde s’en est remis. 150 ans plus tard, les causes sont les mêmes : un capital fictif est considéré comme réel. C’est le meilleur moyen de s’enrichir vite… et de déclencher une crise.
Enfin, je ne résiste pas au plaisir de citer Zola, et cet admirable passage de l’Argent, qui dénonce les spéculations immobilières du Paris haussmannien. Je rappelle au passage que Napoléon III avait à moitié ruiné ses finances et son armée par son expédition du Mexique (cela ne vous rappelle rien ?). « Oui, je sais, le marché vous paraît solide, les affaires marchent. Mais attendez la fin… On a trop démoli et trop reconstruit, à Paris, voyez-vous ! Les grands travaux ont épuisé l’épargne. Quant aux puissantes maisons de crédit qui vous semblent si prospères, attendez qu’une d’elles fasse le saut, et vous les verrez toutes culbuter à la file… Sans compter que le peuple se remue.
Cette Association internationale des travailleurs, qu’on vient de fonder pour améliorer la condition des ouvriers, m’effraie beaucoup, moi. Il y a, en France, une protestation, un mouvement révolutionnaire qui s’accentue chaque jour… Je vous dis que le ver est dans le fruit. Tout crèvera. »
Tout ne crèvera peut-être pas, mais il est amusant de voir comme tout se répète… Le siècle du progrès est celui surtout du présent permanent.
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UMP
Au 11 juillet, l’UMP déclarait avoir 200 000 adhérents à jour de cotisation (contre 260 000 à la même période de 2006 et 370 000 en décembre 2007).
Crise mondiale 2008 : il faut réhabiliter l’épargne
Plastique > Les États-Unis utilisent 1,5 milliard de barils de pétrole pour fabriquer les bouteilles en plastique contenant les eaux qu’ils consomment !
Investissement > La Caisse des dépôts a mis en place France Investissement, spécialisé dans l’investissement dans les PME françaises. Cette société possède actuellement 817 millions d’euros de fonds propres, dont 587 de fonds publics, et, par effet de levier, est capable d’investir jusqu’à 3 milliards d’euros…
CO2 > Le marché européen des droits d’émission de gaz à effet de serre s’élevait à 2,061 milliards de tonnes de CO2 pour une valeur globale de 50 milliards de dollars.
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Consommation > Les prix à la consommation sont de 13 % plus élevés en région parisienne qu’en province. Le salaire moyen, quant à lui, est supérieur au salaire moyen de la province de 30 à 40 %.
Diacres > L’Église de France comptait en 2007 2 169 diacres, en forte hausse par rapport aux 1 185 de 1997 !
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