Labouret Pascal - dimanche 28 août 2005
On a commémoré au début du mois l’anniversaire de la tragédie d’Hiroshima. Ce jour d’août 1945, les Américains n’ont pas pensé « Hiroshima, mon amour », mais plutôt espéré que cette terrible bombe mettrait fin à l’interminable et cruelle guerre du Pacifique. On peut déplorer que l’humain en soit arrivé à cette fin effroyable, mais c’était sûrement la seule façon de taper du poing sur la table pour que cette guerre s’arrête enfin. Bien sûr, les médias français parfumés à « Rive Gauche » de chez « Trotski » accablent, depuis lors, les Américains de leurs reproches pour avoir atomisé deux villes du Japon. Mais au-delà de ce jugement aveugle, nous devrions plutôt comparer l’esprit fanatique qui alimente le terrorisme islamiste actuel avec l’esprit fanatique qui alimentait l’obstination hystérique des membres du gouvernement japonais en 1945. La responsabilité de ce bombardement n’incombe que partiellement au peuple américain, qui n’a pas la réputation d’être un peuple particulièrement sanguinaire. On ne peut nier en effet que les gouvernants japonais de l’époque ont été les responsables indirects du désastre de Hiroshima et Nagasaki. La guerre du Pacifique n’est-elle pas née d’une agression japonaise ? Le Pacifique a été alors le théâtre de cette invasion japonaise dont tous les peuples occidentaux et asiatiques ont pâti, y compris les Français d’Indochine. Les récits sont très nombreux à décrire la violence, le mépris et la cruauté des envahisseurs nippons auprès des différents peuples occupés ; mépris qui se portait également sur les populations des îles à proximité du Japon. Durant la guerre, les Américains ont perdu énormément d’hommes en Europe, et dans le Pacifique aussi, tout comme les Japonais bien sûr. Mais fallait-il continuer cette boucherie journalière devant l’obstination de l’état-major japonais à refuser sa défaite ? Fallait-il que de jeunes soldats américains meurent encore sous les assauts désespérés de soldats affamés, sans munitions, mais fanatisés et poussés à se sacrifier en tuant un ennemi ? Ce sont le Premier ministre Suzuki et le général Anami qui furent essentiellement les responsables du largage des bombes atomiques. Ils avaient l’intention de sacrifier jusqu’au dernier Japonais, femmes et enfants compris, parce que leur ego et leur idéal de l’empire nippon n’avaient plus de limite. Les deux bombes ont certes choqué le monde, tué des milliers de gens mais n’ont-elles pas évité le prolongement d’un bain de sang bien plus important encore? D’ailleurs, elles ont probablement contribué à éviter d’autres guerres, car la peur de l’atome, depuis ce jour, a sûrement calmé les projets de certains gouvernants. Les dirigeants japonais n’étaient pas des anges. N’avaient-ils pas pactisé et collaboré avec les nazis ? Les Japonais ont été au moins aussi cruels, si ce n’est plus, que ces derniers par le nombre de gens torturés et massacrés durant leurs conquêtes, y compris dans le camp 731 où ils effectuèrent de nombreuses expérimentations « scientifiques » horribles, inhumaines sur des milliers de prisonniers Chinois et Russes ; horreurs qui dépassèrent ce que les nazis faisaient de leur côté. Dans le jargon des médias, on compare souvent l’action terroriste des islamistes à celle de « kamikases ». C’est comparer ce qui n’est pas comparable: des soldats se sacrifiant en tuant d’autres soldats, et des terroristes qui ne s’en prennent qu’aux civils. Mais la causalité n’est-elle pas identique dans ce que le fanatisme est capable de générer chez des individus endoctrinés ? Le Japon était le sanctuaire bien défini de l’ennemi. Les terroristes islamistes actuels n’ont pas vraiment de sanctuaire puisqu’ils se cachent au sein de populations musulmanes, parmi des citoyens qui cherchent probablement à vivre selon nos lois mais subissent simultanément les actions terroristes et la riposte occidentale. Mettre fin à des actions meurtrières dictées par un endoctrinement hystérique est très difficile, d’autant plus que le fanatisme islamiste a des racines ubiquitaires, universelles, ancestrales et totalitaires. L’Occident « ramolli », rongé par un vieux sentiment de culpabilité bien entretenu, est de nouveau confronté à ce genre de phénomène sans être sûr qu’il aura rapidement le dessus. Pour cela, il faut un mental d’acier alimenté par une détermination et une ténacité aussi importante, sinon plus, que celle des terroristes. Ce n’est donc plus le moment de gémir ou de dormir.
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