Bonnal Nicolas - vendredi 20 mai 2011
dsk, parti-socialiste
J’avais prévenu mes lecteurs il y a une semaine à propos de l’histoire de la Panaméra : on ne refera pas DSK, le président affamé du FMI, et l’on n’a qu’à feuilleter le livre Sexus politicus pour en avoir une idée…
On se souvient de l’apologue raconté par Orson Welles dans Mr Arkadin : le scorpion qui veut traverser la rivière, la grenouille qui se propose, mais à la condition de ne pas se faire piquer… le scorpion accepte bien sûr, mais finit quand même par piquer la grenouille. Les deux vont mourir, « mais c’est le caractère », commente le scorpion philosophe… La femme de chambre ou le contribuable floué n’ont qu’à bien se tenir : on ne va pas se fâcher pour si peu ?
Il paraît que le président français avait lui aussi prévenu DSK : en Amérique, bastion du puritanisme le plus obtus, et surtout de la Common Law la plus déjantée, on ne badine pas avec le sexe (voyez Polanski, en attendant Assange)… Il est vrai qu’en France on peut plaisanter avec tout depuis la génération Mitterrand. On peut plaisanter avec le cul, on peut plaisanter avec le fric, surtout depuis qu’on a pris le contrôle des télés, des banques ou des tribunaux. On n’a plus à s’en faire.
DSK incarne cette révolte des élites, dont je parlais il y a peu ici-même, en retournant la formule d’Ortega Y Gasset : les élites ne se contrôlent plus, elles ne se maîtrisent plus. L’oligarque d’aujourd’hui applique à la lettre l’observation du philosophe libéral espagnol : « no quiere dar razon, no quiere tener razon », « il ne veut pas donner de raisons, il ne veut même pas avoir raison. » Elle se sert, l’élite, et puis c’est tout.
DSK, c’est la gauche bobo, la gauche branchée et vide-gousset. Cette gauche conspiratrice et désossée, d’hommes d’affaires et de descentes aux enfers (ou au Panthéon, c’est selon) dont parle si bien Karl Marx, et qui nous rappelle le fourre-tout socialiste du 10 mai 1981 :« A côté de " roués " ruinés, aux moyens d'existence douteux et d'origine également douteuse, d'aventuriers et de déchets corrompus de la bourgeoisie, on y trouvait des vagabonds, des soldats licenciés, des forçats sortis du bagne, des galériens en rupture de ban, des filous, des charlatans, des escamoteurs, des joueurs, des souteneurs, des tenanciers de maisons publiques, des écrivassiers, bref, toute cette masse confuse, décomposée, flottante, que les Français appellent la bohême. »
La Bohême ! Les bobos ! Nous y sommes ! Cette gauche est arrivée au pouvoir le 10 mai 1981, date-anniversaire de l’attaque allemande dans les Ardennes : pour le coup, oui, nous pouvons parler, nous les derniers patriotes, des heures les plus sombres de notre histoire. Mitterrand le carbonari est arrivé avec son passé trouble et sa poignée de main souillée, avec son ramassis d’instituteurs illuminés, de francs-maçons frelatés, d’aventuriers antiracistes, avec sa clique de banquiers anarchistes, de chaoticiens bien tempérés et de chanteurs un tiers mondains. Depuis, on a compris qu’en France il n’y avait plus règle ni Etat sauf pour les tout-puissants. Jean-François Revel rappelait quelque part à quelle vitesse la police française, devenue (et on la comprend) si avare de ses efforts, avait retrouvé en une heure le sac volé d’une ministresse socialiste dans le vieux Paris enturbanné par ses soins et ceux de son parti d’en rire. Pour les socialos, c’est vive les potes, pour les Français c’est prenez la porte.
En digne rejeton du mitterrandisme, DSK a déshonoré la France. La France décrétée antisémite et pétainiste par la génération racaille du mitterrandisme, et qui n’ose plus juger les maquereaux qui la gouvernent, et qui, paradoxe de l’histoire agonisante de notre oxydent, envoie ses élites se faire prendre la main dans le sac au pays du puritanisme militant. Après les enfants de Pétain, vive les fils de pub les menottes au poing !
Rendez-vous en mai 2012 tout de même. Nous avons encore une chance de ne pas terminer comme la grenouille de la fable de Welles, s’ils ne truquent pas les érections, pardon : les élections…
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