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Dangereuse pénurie de médecins |
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Trémeau Bernard - mercredi 21 décembre 2011
securite-sociale, sante
La médecine est un des plus beaux métiers du monde, mais les jeunes Français ne veulent plus l’exercer. Les facultés de médecine ont de moins en moins d’étudiants français et la pénurie de médecins devient chaque jour plus dramatique.
C’est dans les campagnes que ce vide médical est le plus fortement ressenti. Quand le médecin en place prend sa retraite, il ne trouve pas de successeur. Dans certaines spécialités, comme l’ophtalmologie, il faut parfois six mois d’attente pour obtenir un rendez-vous.
Plusieurs causes sont à l’origine de ce déficit médical :
– Un médecin peut être dérangé jour et nuit, 24 heures sur 24, et 7 jours sur 7. Il vaut mieux être cadre à la SNCF. Heureusement, le médecin peut s’associer à d’autres médecins. Quand deux médecins travaillent en association, ils peuvent alors se remplacer et se reposer un dimanche sur deux.
– Les études médicales sont très longues et durent souvent plus de 10 ans après le bac. Il faut donc trouver des solutions pour financer ces longues études.
– La Sécurité sociale contrôle les revenus des médecins. Et ces revenus progressent bien moins rapidement que ceux des ingénieurs ou des administrateurs. Il vaut mieux sortir de Polytechnique ou de l’ENA que de l’internat des hôpitaux de Paris ou de Lyon.
– Mais il semble que la cause essentielle de ce déficit médical soit la « judiciarisation » de la médecine. Au pénal et au civil. Les soins que donne un médecin ne sont jamais assurés de réussir. Quand un médecin prescrit un médicament, il le fait pour que le malade guérisse. Mais il sait aussi que certains malades ne le supportent pas. Même l’aspirine peut tuer.
Or, de plus en plus, les personnes qui ont été rendues malades attaquent en justice le médecin responsable de leur maladie. Le médecin est donc livré à la justice. Et, même si un non-lieu clôt l’affaire, après appel le plus souvent, sa réputation est entachée. D’autant plus que les médias locaux diffusent sans hésiter le procès en cours contre un médecin : ceci augmente leur audimat. Quitte à oublier, quelques années plus tard, de signaler le non-lieu.
Par ailleurs, le médecin peut aussi être attaqué au civil. Ceux qu’un médicament a rendus malade peuvent obtenir de l’argent de l’assurance du médecin qui n’a pas commis de faute. Ces attaques au civil sont de plus en plus nombreuses.
Ainsi, on trouve de moins en moins de médecins en France.
Quand le médecin qui va prendre sa retraite ne trouve pas de successeur, certaines municipalités offrent de l’argent à des médecins pour les attirer dans leur commune. Elles font, par exemple, venir des médecins roumains qui trouvent en France un niveau de vie merveilleux, comparé à celui qu’ils auraient trouvé dans leur pays.
De son côté, le gouvernement français vient de rendre le concours sélectionnant les étudiants en médecine plus facile.
Malheureusement, toutes ces mesures abaissent la qualité de la médecine pratiquée en France. Un chiffre permet de le mesurer cette grave évolution en obstétrique. Le nombre des enfants mourant à la naissance a baissé en France jusqu’en 1990 environ et il augmente depuis cette date.
Telle est la triste réalité, la dangereuse réalité. Il faut en sortir et l’on peut en sortir, si on en a la volonté.
Il faut avant tout que la Sécu ne soit plus financée par les entreprises. Il faut qu’elle le soit par la TVA, comme en Allemagne et pratiquement dans tous les autres pays européens. Alors, les gouvernements ne seront plus obligés de faire pression sur les médecins pour réduire le plus possible la progression de leurs revenus.
Cette mesure est facile à prendre, et rapidement.
Mais il n’est pas interdit de rêver. On peut imaginer que le gouvernement rende aux Français tout l’argent qu’il leur prend (j’allais écrire « vole ») pour financer leurs dépenses de santé. Et qu’avec cet argent, les Français gèrent eux-mêmes ces dépenses de santé. Comme ils gèrent leurs dépenses de voiture ou de vacances.
Ils verront alors que la médecine « gratuite » coûte, en réalité, très cher. Ils auront à nouveau des médecins de bonne qualité, ce qui est très important.
Et il leur restera en prime, dans la poche, une bonne petite somme d’argent qui leur permettra d’offrir de beaux cadeaux pour Noël…
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Salaire
Le salaire moyen net mensuel des 1,62 million agents de la fonction publique d’État s’élevait à 2 377 euros en 2009, soit 2,1 % de plus que l’année précédente.
Chiffres significatifs
Social > On estime qu’en 2010, les recettes de la protection sociale (cotisations sociales, impôts et autres contributions publiques ou privées) ont été de 402 milliards d’euros. Dans le même temps, les dépenses se sont élevées à 427,5 milliards d’euros.
RSA > En juin, 1,9 million de foyers bénéficiaient du RSA (dont 1,4 million pour le RSA « socle », c’est-à-dire le RSA non associé aux revenus d’une activité professionnelle et 500 000 pour le RSA activité). Les experts estiment que 68 % des travailleurs pauvres, ayant droit au RSA activité, n’en font pas la demande.
Paris > Le PIB de Paris était évalué, en 2010, à 80 528 euros par habitant.
SNCF > La SNCF attendait 1,65 million de voyageurs pour les deux derniers week-ends de décembre.
Héritage > Entre 2004 et 2010, le nombre de refus d’héritages enregistrés par les notaires français est passé de 50 031 à 67 249.
Autolib’ > Lancé le 5 décembre, le système Autolib’ avait déjà conquis 4 800 Franciliens une semaine plus tard. 2 700 d’entre eux étaient même déjà abonnés à l’année.
Patrimoine > En 2010, le patrimoine brut moyen des ménages français s’élevait à 259 000 euros. Les 10 % les plus riches disposaient de 552 300 euros en moyenne, tandis que les 10 % les plus pauvres disposent de 2 700 euros seulement. |
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