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De la crise grecque à la crise systémique globale


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Dumait Alain - jeudi 25 mars 2010

euro
Sans l’euro, la monnaie de l’Allemagne vaudrait plus cher, la balance des paiements de ce pays se rééquilibrerait et les Allemands seraient encore plus riches.
À l’inverse, sans l’euro, la monnaie de la Grèce aurait dû être dévaluée, et les Grecs en eussent été appauvris. D’ores et déjà, via l’euro, les Allemands payent pour la Grèce. Et aussi pour tous les pays en déficits, France comprise.

Les Allemands souhaitent bien sûr payer le moins possible pour l’euro. Tandis que les Grecs prétendent en profiter le plus possible. Ceux-ci disent, par la bouche de leur Premier ministre : « Nous ne vous demandons pas d’argent, mais seulement de garantir nos emprunts sur le marché international des capitaux afin que nous ayons accès à des prêts assortis de taux d’intérêt qui ne soient pas supérieurs à 5 %. »
Mais une telle garantie (ou aval) a un prix, qui est la contrepartie du risque qu’elle couvre. Si l’Allemagne, ou l’Europe, donne sa garantie aux emprunts grecs, sa signature sera moins bonne et son crédit en souffrira. Idem pour la signature de la France. Le taux des emprunts en euros aura tendance à augmenter. Cela coûtera aux épargnants allemands et européens.

Les Grecs disent : « Nous avons une autre solution, celle du FMI. » Et c’est vrai que le FMI, qui a un certain pouvoir de création monétaire, peut parfaitement prêter 20 ou 30 mil­liards d’euros à la Grèce à 3 ou 4 % d’intérêt.

Mais la Grèce doit savoir que les fonctionnaires du FMI ne plaisantent pas avec les plans de redressement des finances publiques qu’ils imposent. Leur tutelle est autrement plus vigilante que celle des technocrates de Bruxelles…
Que le soutien financier à la Grèce soit européen ou onusien, ce pays doit d’urgence rétablir l’équilibre de ses comptes publics. Au-delà, ce sont tous les pays de la zone euro qui doivent impérativement redevenir vertueux.

Certes, les plans de rigueur nécessaires ne peuvent plaire à tous ceux qui vivent des déficits de l’État providence. Aujour­d’hui, les assistés sont dans la rue à Athènes. Demain, ce sera à Paris. S’ils obtenaient que leurs dirigeants renoncent aux incontournables mesures de redressement, la crise financière s'accentuerait encore.

Le jour où l’épargne, qu’elle soit nationale ou mondiale, ne voudra plus financer ce trou sans fin, les États n’auront d’autre solution que de dévaluer leurs monnaies, de laisser filer l’inflation et de rembourser avec de la monnaie de singe. Toute l’épargne investie en dettes souveraines serait spoliée. Ce serait l’heure de vérité.

Au-delà de la survie de l’euro, se profile donc une autre interrogation, bien plus angoissante : combien de temps les déficits de la sphère publique peuvent-ils encore durer ? Et, quand ils seront devenus insupportables – c’est-à-dire impossibles à financer –, quelles seront les conséquences pratiques pour les individus ?

http://www.dumait.fr

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En bref
Régionales
Les résultats bruts des élections régionales ont été souvent camouflés sous des pourcentages de suffrages exprimés. Voici donc les chiffres bruts pour les trois principaux partis au 2e tour : 43 354 968 inscrits, 22 206 420 votants, 1 013 554 blancs ou nuls, 9 833 795 voix pour les listes socialo-écolo-communistes, 7 496 897 pour les listes de la majorité, 1 943 463 pour le FN. En nombre de sièges, l’union de la gauche obtient 1 006 sièges, la majorité présidentielle 511, et le FN 118. Ce qui veut dire qu’un bulletin socialiste « pesait » 50,1 % de plus qu’un bulletin UMP et 68,5 % de plus qu’un bulletin FN…

Chiffres significatifs
Démographie > En 2010, 14 millions de Français seront âgés de plus de 60 ans.

Emploi > 2,72 millions de personnes ont perdu leur emploi en 2009 dans la zone euro. Ce chiffre s’élève à 4,02 millions pour l’Union européenne dans son ensemble.

Logement > La France compte environ 32 millions de logements privés.

Transport > Le transport scolaire utilise environ 37 500 véhicules, minibus ou cars.

Exonération > En 2008, les exonérations de cotisations sociales dont ont bénéficié les entreprises ont fortement augmenté (13,1 %), pour atteindre 30,7 milliards d’euros.

Gazole > Le gazole représente 77 % de la consommation française de carburant.

Endettement > Entre janvier et septembre 2009, la Banque de France a reçu 162 171 dossiers de surendettement, soit 17 % d’augmentation par rapport aux neuf premiers mois de 2008 !




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