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De la grande peste à la grippe aviaire


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Trémeau Bernard - mercredi 22 mars 2006


Actuellement, deux épidémies se développent dans le monde. La grippe aviaire et le chikungunya.

L’épidémie de grippe aviaire a démarré en 1997 en Chine et, transportée par les oiseaux migrateurs, elle atteint aujourd’hui la France. Elle n’a tué que quelques dizaines d’humains, des enfants tout particulièrement. Il semble donc qu’une immunité naturelle protège actuellement l’ensemble de l’espèce humaine.

Le gouvernement français a réagi. Il a contraint à enfermer tous les élevages de volailles français, pour éviter leur contamination par les fientes tombant du ciel. Cette mesure est logique, mais beaucoup d’élevages supportent très mal ce confinement.
Le département de l’Ain a été touché. Des mesures rigoureuses d’isolement ont été prises, et les producteurs de volailles situés dans un périmètre proche de l’étang contaminé n’ont plus eu le droit de vendre leur production. Ils ont donc décidé au bout de quelques semaines de ne plus nourrir leurs bêtes et de les abattre. Le gouvernement a alors autorisé la vente des volailles. Une seule exploitation a été contaminée et toutes ses bêtes ont été abattues.

Le chikungunya est depuis longtemps une maladie endémique en Afrique. Elle n’y est plus dangereuse, car les Africains ont maintenant une immunité naturelle qui les protège du virus. Mais elle vient de toucher la Réunion, les Comores et les Seychelles, qui n’avaient pas été contaminés jusqu’à ce jour. Une part importante de la population n’a pas d’immunité naturelle. En quelques semaines 20 % des habitants ont été atteints et plusieurs dizaines de morts sont attribuables à cette maladie. Les médecins n’ont pas de traitement efficace à opposer au chikungunya. Pour se protéger de la maladie, les Réunionnais ont eu recours à des plantes locales ou à des remèdes miracles. Malheureusement, aucun suivi de l’efficacité de ces produits n’a bien évidemment été réalisé. La maladie commence à régresser : les 80 % de la population restante doivent posséder une immunité naturelle plus ou moins forte.

Il est intéressant de comparer le comportement actuel au comportement des Chalonnais devant la grande peste qui a touché la Bourgogne à partir de 1348. Elle a commencé par Givry tuant en quatre mois, du 17 juillet au 19 novembre 1348, 621 personnes sur le millier d’habitants qu’avait la ville à l’époque. Elle laissait vivantes 400 personnes possédant probablement une immunité naturelle. Dans les années suivantes, la peste a touché Chalon, tuant des milliers de personnes, à commencer par l’évêque en 1362. Un dicton bourguignon disait alors : « En mille trois cent quarante neuf de cent ne demeurent que neuf ». En trois siècles, une dizaine d’épidémies de peste ont touché Chalon.
Le maire et les échevins étaient responsables de la lutte contre la maladie. Pour les conseiller, ils nommaient un comité formé d’un médecin, d’un pharmacien et d’un chirurgien.

Tant que la ville n’était pas contaminée, ils mettaient d’abord à la porte les mendiants qui, étant sales, risquaient d’être porteurs du microbe, puis on mobilisait tous les citoyens pour monter la garde aux portes de la ville, filtrer les entrées et patrouiller la nuit.
Une fois la ville touchée, on enfermait les malades à l’extérieur de la ville, dans des cadoles de bois. Les sergents de ville leur apportaient leur nourriture. Malgré la forte indemnité qu’on leur donnait, beaucoup refusaient le travail. Les boutiques étaient fermées, les fêtes interdites.

Les médecins prescrivaient des saignées, des purges ou des sudations pour chasser les humeurs pourries. Ils donnaient des poudres contenant des plantes, du venin de vipère ou de la corne de chèvre pour s’opposer au microbe. Le clergé prescrivait de son côté de petits pains secs et bénis.

Enfin, entraîné par le clergé, le peuple priait ses saints protecteurs : devant l’inefficacité de saint Sébastien en 1348, il invoqua saint Roch tout aussi inefficace. Il implora alors un saint local, saint Loup, qui resta insensible aux prières, pour finalement consacrer la ville à saint Charles Borromée en 1629. Elle le resta jusqu’à la Révolution.


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En bref
SURDITÉ
Deux cents enfants sourds naissent chaque année en France.

Chiffres significatifs

PÊCHE á 200 millions de personnes dans le monde ne vivent que de la pêche.

IMMIGRATION á En 2003, 76 000 étrangers ont été accueillis en Allemagne au titre du regroupement familial (10 % de moins qu’en 2002), soit 9,9 % de l’immigration totale.

ZFU á 37 000 entreprises sont implantées dans les zones franches urbaines (zones où les entreprises sont partiellement exonérées d’impôt), dont 10 300 créées depuis 1999. Elles emploient 88 000 salariés.

NOSOCOMIAL á Le ministère de la Santé estime à 200 millions d’euros les conséquences financières des infections nosocomiales (contractées en milieu hospitalier).

DOUANE á Les douanes françaises ont saisi 5,6 millions d’articles contrefaits en 2005 (d’une valeur estimée à 314 millions d’euros), soit une hausse de 61,4 % par rapport à 2004 !

ASSEDIC á Fin janvier, on comptait 2 714 000 allocataires des Assedic, en baisse de 6 % par rapport à janvier 2005.

AGRICOLE á 929 000 Français avaient comme principale activité, une activité agricole en 2004, soit 4 % de la population active.

MANCHE á 700 navires de commerce ou de transports de passagers transitent chaque jour dans la Manche.

FONCTIONNAIRE á La masse salariale du ministère des Affaires étrangères représente annuellement 904 millions d’euros, soit le cinquième du budget du ministère.




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