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De la stupidité des lois mémorielles et de la réponse imbécile de Recep Erdogan


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Menou Pierre - lundi 26 décembre 2011

turquie
Au lendemain du vote par les députés français d’une loi parfaitement imbécile punissant de prison et d’une forte amende toute personne qui nierait la réalité du génocide arménien, la Turquie a fait à la France un mauvais procès en l’accusant d’avoir perpétré un génocide en Algérie.

Mauvaise réponse. Deux chiffres suffisent à prouver l’inanité de cette accusation : lors de la prise d’Alger par les Français, en 1830, l’Algérie était peuplée d’environ trois millions d’habitants. Or la population musulmane de l’Algérie s’établissait à 8,7 millions de personnes lors du recensement de 1954 et l’on estime que malgré la guerre, elle avoisinait 10 millions d’âmes lors de l’indépendance, en 1962. Drôle de génocide, qui aboutit à tripler la population concerner en 130 ans !

Le premier ministre turc, Recep Erdogan, est d’autant plus mal inspiré d’évoquer le cas de l’Algérie que cette région – on ne pouvait pas alors parler de pays – fut exploitée jusqu’en 1830 par la Régence turque d’Alger et par les beys locaux, qui levaient impôts et tributs sur les tribus arabes. Ces mêmes Turcs tenaient aussi captifs des milliers d’esclaves chrétiens – on comptait entre 30 000 et 40 000 au XVIIe siècle et ils étaient encore nombreux en 1830 – enlevés par les pirates barbaresques d’Alger. Quant au sort des Juifs d’Alger, dont les janissaires pillaient le quartier et violaient les femmes pour fêter leurs victoires ou se consoler de leurs défaites, il n’avait rien d’enviable.

Le chef du gouvernement turc a été d’autant plus mal inspiré de reprocher à la France un illusoire « génocide » algérien qu’il aurait pu embarrasser autrement la République française en lui rappelant qu’à ses origines, elle a été fondée sur un autre génocide, hélas bien réel, celui-là, que perpétrèrent ses armées en Vendée, sur ordre du gouvernement révolutionnaire – comme le démontre définitivement Reynald Secher dans son dernier livre : Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d'un crime légal contre l'humanité.

Avant de légiférer sur les génocide commis par les Allemands ou les Turcs, les gouvernants et législateurs français auraient intérêt à balayer sous leur propre porte. Ils y trouveraient des discours aussi bien sentis que ceux que prononça devant la Convention nationale Barère, membre du Comité de Salut public, («  Le département qui a trop longtemps porté l’effroyable et perfide nom de Vendée n’est en ce moment qu’un monceau de cendres et un vaste désert »), et pour leur donner quelque réalité des centaines de milliers de cadavres ensanglantés de paysans massacrés par les « Grands ancêtres » au nom de l’Idéologie républicaine et des Droits de l’Homme…

Plutôt que d’accumuler les lois mémorielles et donner des suite à la loi Gayssot, il serait temps de toutes les abroger et de laisser les historiens travailler – et démontrer le mal-fondé des thèses négationnistes plus efficacement que n’importe quelle loi.


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