Courrier - mardi 20 octobre 2009
sarkozy, ouverture, immigration, fiscalite
Il serait temps que la majorité au pouvoir réalise enfin que ses électeurs, totalement déconcertés par une droite qui semble avoir perdu ses repères et qui n'ose plus affirmer ses convictions, s'interrogent de plus en plus sur le bien fondé de leur choix électoral de 2007.
Nous sommes à des années lumière du programme électoral du candidat Sarkozy qui avait conquis une large majorité de citoyens de tous bords.
Quand on prône le mérite, le travail et l'effort, on n'encourage pas la médiocrité et l'assistanat en finançant l'assiduité scolaire, en créant un RSA pour les jeunes ou en versant dans le népotisme.
Quand on promet la tolérance zéro pour restaurer l'ordre républicain, on ne supprime pas la double peine, on ne règle pas le problème de la surpopulation carcérale en se contentant d'enfermer les seuls délinquants justiciables de plus de deux ans de prison et on ne laisse pas les banlieues se transformer en bande de Gaza.
Quand on prétend réhabiliter les valeurs morales en faisant table rase de l'héritage de mai 68, ce contre modèle de société, on ne soutient pas un violeur d'une fillette de 13 ans et on ne fait pas d'un adepte du tourisme sexuel un ministre de la république.
Quand on promet d'alléger la fiscalité pour libérer le travail, on ne crée pas une vingtaine de taxes ou de prélèvements supplémentaires et l’on ne change pas sans arrêt les règles du jeu de la fiscalité, car cette instabilité permanente décourage les investisseurs et les épargnants.
Quand on dénonce la calamiteuse gestion de gauche et les mesures sociales sans financement, on n'élabore pas un budget déficitaire de 9%, on n'aggrave pas un endettement de 1500 milliards d'euros et l’on n'augmente pas les salaires de 200 euros sous la pression et les menaces de la rue comme cela s'est fait en Guadeloupe. La gestion de la crise ne doit pas être un prétexte au laxisme budgétaire, bien au contraire.
Quand on prêche un contrôle efficace de l'immigration, on ne renonce pas aux tests ADN alors qu'il n'y a aucun état civil en Afrique et l’on ne ferme pas les yeux sur les mariages blancs et la polygamie, pourtant interdits.
Quand on se dit fermement opposé à l'adhésion de la Turquie à l'Europe, on ne commence pas par confisquer aux citoyens le référendum populaire préalable à toute nouvelle adhésion et l’on n'ouvre pas avec Ankara de nouveaux dossiers de pré-adhésion pendant qu'on préside l'Union Européenne.
Quand on pratique l'ouverture à gauche, ce que les Français admettent volontiers, ce n'est pas pour appliquer une politique de gauche en oubliant ses convictions.
Enfin, quand on bâtit toute sa campagne sur la rupture et les indispensables réformes que personne n'a osé mettre en oeuvre auparavant, on ne se contente pas de petites réformettes inefficaces pour ménager la rue et les syndicats.
Par conséquent si le bilan de l'action présidentielle apparaît plus que satisfaisant au plan international, le bilan de sa politique intérieure à mi parcours du quinquennat est plutôt décevant en comparaison de son ambitieux programme, qui avait su enthousiasmer la majorité du pays.
S'il n'y a aucune honte à être de droite, comme nous l'a si souvent répété le candidat Sarkozy, on aimerait que le président nous le prouve en appliquant le programme pour lequel il a été élu !
Jacques Guillemain
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