Milliere Guy - dimanche 25 septembre 2005
Mes articles concernant l’ouragan Katrina et ses suites m’ont valu la ration habituelle d’e-mails me traitant de francophobe et d’américanolâtre. Je pense qu’ils émanent d’une faible minorité de lecteurs, néanmoins, je pense utile de rappeler une fois de plus certains points, et je le ferai inlassablement :
1. Je suis un intellectuel de langue française. J’aime écrire dans ma langue maternelle. J’aime lire de grands textes du patrimoine littéraire français. Certains moments de l’histoire de France me semblent nobles, d’autres bien moins. Certains penseurs français sont encore pour moi source d’inspiration, d’autres me répugnent…
Nous sommes aujourd’hui en France dans une période qui me semble calamiteuse, et cela ne signifie pas que je déteste la France. L’économie de la France est orientée vers le naufrage et cela me consterne. La France est gouvernée par des gens sans éthique ni qualité, et cela me fait honte. L’immense majorité des journalistes français et de ceux qui se présentent dans les médias français comme intellectuels sont de piètre qualité et cela me met en colère.
Je n’aimerais rien autant qu’un sursaut, un retour au dynamisme, à la liberté de parole, à la liberté d’entreprendre et à la compréhension du monde tel qu’il devient. Tout en souhaitant longue vie à Jacques Chirac, je ne puis cacher que j’ai hâte de le voir prendre sa retraite et cesser de nuire. Je ne puis cacher que l’opération de charme menée par Dominique de Villepin me laisse froid, mais je veux bien accepter de placer une dose minimale d’espoir en Nicolas Sarkozy qui, parfois, me semble comprendre dans quelle situation se trouve ce pauvre pays. Je suis loin d’être sûr que Nicolas Sarkozy ait pris la mesure de l’islamisation de la France et de l’intégralité des enjeux auxquels nous sommes confrontés, mais je suis prêt à attendre et à voir.
Si la France doit être redressée, il faudra le courage et la détermination d’une Thatcher ou d’un Reagan. Tout en ne souhaitant aucun mal aux imbéciles qui paradent à la télévision en position de piètres penseurs, je ne puis cacher que je regrette le temps où Jacques Garello pouvait écrire dans le Figaro magazine, où Pascal Salin était invité à la télévision pour parler d’économie et où Raymond Aron était encore considéré comme un maître indispensable.
Tout en souhaitant le meilleur à l’essentiel des journalistes en activité en France, je dois dire que j’attends avec impatience et sans trop y croire le moment où ils retrouveront la définition du mot « déontologie » et se mettront à s’y conformer de nouveau.
2. Je suis aussi, en cette période de mondialisation accélérée, un citoyen du monde, un membre de cette civilisation occidentale que certains voudraient détruire ou voir disparaître puisqu’elle a donné naissance à tout ce qu’ils détestent : les sociétés ouvertes, la liberté individuelle et la liberté de penser, la libre entreprise et la libre création, la libre parole, les droits humains, l’État de droit, la démocratie.
Je ne puis que constater qu’en termes de dynamisme économique, de puissance militaire, de poids global sur la planète, les États-Unis sont la principale puissance du monde occidental. Les adversaires de l’Occident le comprenaient déjà très bien au temps de l’Union Soviétique. Ils continuent à le comprendre fort bien au temps du totalitarisme islamique. Abattre l’Amérique est l’obsession des islamistes et de leurs compagnons de route d’extrême-gauche.
Quand l’Amérique est faible le monde va plus mal et devient moins sûr pour la liberté.
Je n’aime pas tout de l’Amérique : elle a ses gauchistes et ses islamo-gauchistes, elle a des politiciens démagogues et irresponsables, et ils sont plus dangereux encore que les nôtres. Elle a des intellectuels et des journalistes aussi irresponsables que les nôtres. Elle a aussi de grands dirigeants : ils sont souvent traînés dans la boue lorsqu’ils agissent, puis l’histoire leur rend justice. C’est ce qui s’est passé avec Reagan. C’est, je l’affirme, ce qui se passera avec George Walker Bush. Le cours du monde l’a confronté à deux immenses épreuves au cours de sa présidence. On verra tôt ou tard qu’il a été à la hauteur des situations et qu’il a pris des décisions cruciales pour la liberté de tous et pour le futur du monde, celles que j’expose dans mon prochain livre : Le futur selon Bush.
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