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Déficit commercial : non-lieu pour les entrepreneurs


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Trémeau Bernard - mercredi 16 janvier 2008

euro, economie, fiscalite
Le déficit commercial de la France a atteint en novembre 4,9 milliards d’euros, ce qui donne un déficit pour les 12 derniers mois de 37,9 milliards. Tous les records sont pulvérisés. De plus, tous les mois, le déficit augmente par rapport au mois précédent. Le déficit s’aggrave au cours des ans. Il était de 22,9 milliards en 2005, il atteignait 28,9 milliards en 2006. Il sera supérieur à 38 milliards en 2007… Tels sont les chiffres, bruts, incontournables, publiés par les douanes.

On accuse l’augmentation du prix du pétrole. Elle intervient certainement pour une partie du déficit, mais elle ne représente pour le mois de novembre que 0,2 milliard. On accuse « l’euro fort ». Il est évident qu’un euro fort rend nos entreprises moins compétitives et favorise les entreprises américaines. Mais un euro fort réduit d’autant le coût du pétrole et diminue ainsi notre déficit. Ces deux accusations ne tiennent absolument pas. Car notre voisine et concurrente, l’Allemagne, affiche de son côté des excédents de sa balance commerciale, spectaculaires et encore jamais vus. Les 19,3 milliards d’euros d’excédents allemands en novembre doivent être comparés aux 4,9 milliards d’euros du déficit français. Les entreprises allemandes sont soumises, comme les entreprises françaises, à la crise pétrolière et à l’euro fort.

On accuse alors les entrepreneurs français. Ils seraient incapables, selon certains, d’investir et d’innover comme le font les entrepreneurs allemands. Cet argument ne tient pas non plus. D’abord, de 1949 à 1969, dans ce qu’on appelle les « Trente Glorieuses », les entrepreneurs français ont fait progresser à toute vitesse l’économie française. Après les réformes dirigées par Jacques Rueff en 1962, notre pouvoir d’achat a même augmenté de plus de 10 %. Pourquoi nos entrepreneurs se seraient-ils brutalement arrêtés d’innover après 1968 ?

Le travail coûte trop cher

Ensuite, après 1969, de nombreux entrepreneurs français ont, petit à petit, délocalisé une partie plus ou moins importante de leurs activités dans des pays économiquement moins contraignants que la France. Ils y sont parfaitement compétitifs et font aujourd’hui de solides bénéfices. Leur savoir-faire est même redouté par les entrepreneurs étrangers. En revanche, ceux qui ne le font pas sont éliminés. Le transporteur routier français soumis à la concurrence d’un transporteur routier polonais perd au fil des semaines tous ses clients. Il est deux fois plus cher… Sur nos routes circulent aujourd’hui plus de camions étrangers que de camions français. Il faut donc chercher le fautif ailleurs.

La France a choisi le Marché commun. Elle a totalement eu raison de le faire, car le Marché commun est source de paix et de richesse pour les peuples. En faisant ce choix, la France a décidé en toute liberté de mettre les entreprises françaises en concurrence avec toutes les entreprises européennes. Un marché sans concurrence, ça n’existe pas. Sauf sous Staline.

Mais depuis 1969, bien que ses entreprises aient ainsi été exposées à la concurrence étrangère, la France a eu un comportement économique totalement incohérent. Elle n’a pas diminué les charges pesant sur ses entreprises, elle les a au contraire augmentées. Citons, parmi les centaines de contraintes pesant sur nos entreprises, le passage du Smig au Smic en 1970, obligeant les bas salaires à augmenter plus rapidement que l’inflation. Ou la loi sur les 35 heures de Martine Aubry en 1998, obligeant brutalement les entreprises à payer 35 heures comme 39.

Dans le même temps, l’Allemagne socialiste de Schröder a fortement réduit les charges de ses entreprises. Toutes ces contraintes retirent aux entreprises françaises les capitaux dont elles ont besoin pour payer leurs salariés ou pour investir.

Aujourd’hui, selon Eurostat, le coût du travail augmente de 3,5 % par an en France et de 1,2 % en Allemagne. Nous fonçons vers une catastrophe monétaire. Les exclus deviennent de plus en plus violents…

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En bref
Fisc
Chaque jour, deux Français s’exilent en Suisse pour raisons fiscales.

Chiffres significatifs
Excision > 96% des femmes mariées égyptiennes sont excisées.

Ouverture > 500 candidats de gauche sont prêts à faire liste commune avec les candidats de l’UMP aux municipales.

Crimes > Chaque année, 5 000 femmes et jeunes filles sont victimes de crimes d’honneur, en majorité dans des pays musulmans.

Défense > Il faudrait augmenter les crédits d’équipement du ministère de la Défense de 41 % entre 2009 et 2013 pour honorer les programmes en cours.

Inflation > Entre novembre 2006 et novembre 2007, les prix à la consommation ont augmenté de 3,3 % dans la zone OCDE, à comparer à une hausse de 2,8 % entre octobre 2006 et octobre 2007. La variation mensuelle des prix s’élevait à 0,5 % en octobre et novembre 2007.

Coca > En Europe, les consommateurs de cocaïne sont passés de 3,5 millions en 2005 à 4,5 millions en 2006. Chaque année, 240 000 hectares de forêt amazonienne disparaissent au profit de plantations de coca.

Environnement > L’occupation de 5 % de la surface totale des villes par des toits végétalisés permettrait de réduire de 1 à 2 degrés le dégagement de chaleur urbaine dans l’atmosphère (« effet d’îlot thermique »).

Nucléaire > L’envoi d’un millier de missiles de croisière Tomahawk permettrait en dix jours, selon le Premier ministre Ehud Olmert, d’endommager sévèrement les installations nucléaires iraniennes.




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