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Délocalisations : responsabilités politiques et syndicales


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Trémeau Bernard - samedi 31 juillet 2004


Quand nous écoutons nos médias, nos hommes politiques ou nos syndicalistes, nous avons l’impression qu’en France, seuls les vilains patrons sont responsables des délocalisations. Ce n’est pas la vérité.Le premier responsable des délocalisations est le comportement du consommateur. Il a, en principe, un comportement logique, c’est-à-dire qu’à qualité égale, il achète le produit qu’il trouve le moins cher sur le Marché. Par contre, il est prêt à payer plus cher un produit nouveau.
Sans support technique, il n’y a pas de délocalisation possible. Le transport des informations, des capitaux, des hommes ou des marchandises à une vitesse de plus en plus rapide et à un coût de plus en plus bas donne à la délocalisation le support technique dont elle a besoin. Aujourd’hui des entreprises indiennes assurent la gestion informatique quotidienne d’entreprises situées aux USA.
L’État qui ouvre ses frontières aux produits étrangers en supprimant les droits de douane est responsable des délocalisations. Selon le niveau de développement ou la spécialisation d’un pays, les salaires ou les savoir-faire sont fort différents, donc le prix de revient d’un produit, plus ou moins élevé. La concurrence élimine les entreprises dont le prix de revient est le plus élevé et les pousse à s’implanter dans la zone où le prix de revient est le plus faible. Les responsables politiques français ont choisi le marché commun à 6, l’Europe à 15, puis l’Europe à 25. Ils contraignent de ce fait les entreprises qui ne sont pas compétitives à déposer leur bilan ou à délocaliser.
L’État qui ouvre ses frontières tout en maintenant sur ses entreprises des charges plus élevées que celles des pays voisins et concurrents, rend ses entreprises moins compétitives, et les pousse à délocaliser. La France avec toutes les contraintes fiscales, administratives, réglementaires ou légales qui pèsent sur ses entreprises est malheureusement un grand champion toutes catégories.

Nos entreprises courent avec des chaussures à semelles de plomb

L’État qui, après avoir ouvert ses frontières, impose à ses entreprises de nouvelles contraintes est encore plus responsable des délocalisations. Les 35 heures payées comme 39 ont eu un effet immédiat sur la délocalisation, à tel point que maintenant les salariés des entreprises françaises menacées s’opposent à l’application de la loi dans leur entreprise. Il fallait le faire…
De plus, l’introduction dans la constitution du principe de précaution, et de toutes ses conséquences juridiques, risque de faire fuir à l’étranger la conception et la fabrication de produits nouveaux, donc de faire délocaliser toute la recherche technologique française.
Le responsable syndical qui exige encore un peu plus de privilèges augmente les prix de revient de son entreprise et la pousse à délocaliser.
Le responsable syndical EDF ou SNCF qui pousse ses syndiqués à couper le courant d’une entreprise ou qui laisse l’approvisionnement de celle-ci en panne dans une gare de triage pour maintenir son régime privilégié est responsable de délocalisation.
Les partis politiques qui demandent d’imposer encore plus les « patrons » et les « riches » sont responsables de délocalisation.
La France a accepté la compétition économique. Les médias qui restent totalement silencieux sur le comportement suicidaire des responsables politiques sont aussi responsables des délocalisations. Mais si le gouvernement français imposait à tous les coureurs de l’équipe de France de mettre 50 kg sur leurs bicyclettes, les médias hurleraient immédiatement, et à juste titre.
L’entrepreneur ne prend sa décision qu’en fonction des contraintes qu’on lui impose.


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En bref
IntÉrim

La durée moyenne des missions d’intérim s’est établie en France, en 2003, à 9,8 jours, contre 10,2 en 2002. L’année dernière, on a recensé 12,3 millions de missions d’intérim. 22 % d’entre elles portaient sur une seule journée.

Chiffres Significatifs

Mosquées
Selon le Conseil français du culte musulman (CFCM), il y aurait en France un peu moins de 2 000 mosquées, mais aussi moins de 400 imams dignes de ce nom, tous les autres s’étant plus ou moins auto proclamés…

Météo
« Nous évaluons nous-mêmes notre propre fiabilité. De 2000 à 2003, pour l’ensemble de la France et pour des prévisions à 3 jours, nous avons 85 % de fiabilité. Pour des prévisions à 4 et 5 jours, ce chiffre est de 76 % » (Jean-Pierre Besson, président de Météo France).

Dérapages
« De 1999 à 2003, le nombre des actions anti-juives a été multiplié par 14 ! » (Pierre-André Taguieff, directeur de recherches au CNRS).

Prisons
Le 1er juillet 2004, donc avant la grâce présidentielle du 14 juillet, il y avait dans les prisons françaises, 63 652 prisonniers (pour 49 595 places officielles). Il y avait aussi 815 personnes placées sous surveillance électronique et 346 occupées sur des chantiers extérieurs.

Débarquement
Selon le ministre de l’Intérieur italien, 2 millions de clandestins sont massés sur les plages de Lybie et n’attendent que l’occasion propice pour traverser la Méditerranée. Plusieurs milliers de passeurs se sont spécialisés dans ce trafic. La Lybie a demandé à l’Europe de lui fournir des radars afin de pouvoir mieux surveiller ses plages...

Divers Faits

Réformes
Nicolas Sarkozy a demandé à Michel Camdessus, ancien gouverneur de la Banque de France, de lui remettre début septembre un rapport sur « les obstacles structurels à la croissance ». Auprès du Ministre, on parle déjà d’un nouveau « rapport Rueff-Armand », issu, en 1959, d’un Comité ayant reçu une mission identique…

Bush
Si certains sondages donnent une légère avance au candidat démocrate John Kerry, George W. Bush conserve une nette majorité parmi les citoyens américains qui fréquentent les lieux de cultes, que ce soit une église, une synagogue ou une mosquée. En 2000, les citoyens religieux avaient voté pour Bush dans la proportion des deux tiers.

Tabac
Le gouvernement français envisage d’interdire purement et simplement l’usage du tabac dans tous les lieux de travail, qu’ils soient privés ou ouverts au public, y compris tous les bars et les restaurants. Mesure déjà en vigueur, depuis mars 2003 à New York, en Irlande depuis mars dernier et en Norvège depuis le 1er juin.

Tramway sans fil
Alain Juppé, maire de Bordeaux, a prévenu le groupe Alstom : si son tramway inauguré en décembre 2003 continue à être en panne un jour sur deux, on abandonnera le système d’ « alimentation par le sol » pour revenir à une classique alimentation « avec fil ».




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