de Beaufort Hubert - lundi 09 janvier 2012
Démocratie : l’histoire nous a malheureusement appris les sinistres déviations de cet idéal. Ce furent hier les démocraties populaires avec le stalinisme et le maoïsme responsables de dizaines de millions de morts, c’est encore aujourd’hui le cas en Biélorussie, en Corée du Nord et dans nombre de pays africains.
La démocratie est aujourd’hui célébrée dans les pays arabes et les pays occidentaux fêtaient hier la fin des dictatures. Mais que signifient en réalité ces démocraties ? Nous avons déjà mis en garde contre la dérive d’un symbole qui recouvre en priorité pour des millions d’affamés une demande de pain et de travail.
La démocratie est l’aboutissement d’un long processus historique et sociologique. Dans ces pays du Maghreb, ces deux conditions ne sont pas réunies et l’actualité démontre hélas que les révolutions en cours n’ont encore rien construit.
En Tunisie, grèves et pillages ont mis l’économie à genoux. Le pays perd des emplois chaque mois et le ministre des finances craint de ne plus pouvoir payer les fonctionnaires. Devant ce risque de faillite et la récession économique, on assiste à une poussée migratoire irrépressible vers l’Europe.
En Egypte, la situation est encore plus préoccupante, car elle touche 85 millions d’habitants qui vivaient avec un dollar par jour, dollar qui n’est plus garanti. Face à cette situation, les fanatismes renaissent avec l’incendie d’églises et des persécutions contre les Coptes.
Dans l’avenir, il faut craindre malheureusement des chaos économiques et sociaux qui feront regretter les anciens régimes. Démocratie sert malheureusement de chiffon rouge pour des fanatismes incontrôlés.
Rappelons que nous avions proposé des aides immédiates à La Tunisie et à l’Egypte pour donner sa chance à la petite flamme démocratique qu’il était peut-être encore possible alors de faire vivre.
extrémisme et racisme
Encore une fois méfions nous des mots érigés en symbole vide de contenu. En dehors du terme démocratie, deux autres mots font souvent la une des médias : extrémisme et racisme.
Le terme « extrême gauche » vise la gauche révolutionnaire. Pourquoi ne pas employer un adjectif mieux approprié comme « gauche révolutionnaire » ? Concernant l’extrême droite, pourquoi ne pas utiliser l’expression « droite nationaliste » ? Pour la majorité actuelle, « droite libérale » ; pour l’opposition, « socialisme moderne », etc… Les mots et la pub veulent remplacer la réalité par des excès : cela ne dure qu’un temps.
Cela nous conduit à parler de l’autre vocabulaire abhorré : le racisme. Bien entendu, le racisme est condamnable, mais surtout lorsqu’on se réfère aux horreurs du nazisme, soyons clairs. Par contre, débattre de l’islamisme et de ses dangers ne met en cause ni l’Islam, ni le racisme : c’est une réalité géopolitique. Attentats et persécutions sont malheureusement des drames quotidiens : ces sont les attentats contre la cathédrale de Bagdad, c’est la catholique Asia Bibi condamnée à mort pour blasphème, ce sont les église brûlées du Caire, etc…
La démocratie ne se grandit pas en se transformant en incantation et à fortiori en inquisition. Récusons les pharisiens, car l’histoire et les écritures les ont toujours condamnés. Crises économiques et géopolitiques ébranlent notre époque et ce n’est pas par le vocabulaire que nous traiterons les nouveaux défis que nous avons à affronter.
Lucidité, vérité, courage restent les trois seuls garants du passé, du présent et du futur.
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