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Des disciples de Lyssenko pétitionnent


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Milliere Guy - mardi 13 avril 2010

rechauffement-climatique
Je dénonçais la semaine dernière l’existence d’une police de la pensée qui vise, sur un mode totalitaire, à interdire tout débat sur une multitude de sujets, qui vont de l’islam à la délinquance. Je dénonçais l’existence de lois de type léniniste prétendant définir juridiquement la vérité en histoire et substituer le magistrat à l’historien.

En un pas supplémentaire dans la direction de l’ubuesque, des « scientifiques », qui se seraient sans doute trouvés tout à fait à l’aise en Union soviétique au temps où Trofim Denissovitch Lyssenko édifiait une biologie génétique prolétarienne, viennent de recourir à la pétition délatrice et à l’appel à l’intervention politique pour obtenir la clôture d’un débat dont ils sont parties prenantes.

Les autorités n’ont, jusqu’à présent, réagi que par des paroles lénifiantes. Mais elles n’en ont pas moins renouvelé leur confiance aux principaux signataires. Le nombre de ceux-ci dépasse les 400 et a pour but d’impressionner.
En matière de science, comme en toute autre matière où il s’agit d’énoncés censés être vérifiables, le nombre ne compte pas. Et le recours à la pétition et à la délation suffit à qualifier ceux qui s’y livrent.

Lorsqu’on dispose d’arguments insuffisants pour l’emporter, recourir à la force ne démontre rien, sinon qu’outre le fait d’avoir des arguments insuffisants et d’avancer masqué, on a, de surcroît, une mentalité sordide qui indique qu’on mérite au mieux d’être qualifié de « scientifique » avec des guillemets, ou, si on veut être moins gentil, d’imposteur, sans guillemets cette fois.

Si ces gens avaient un éclair de lucidité, ils démissionneraient immédiatement en disant : « Ce que nous venons de faire est indigne. »
Il faut souligner, surtout, que le recours croissant à la police de la pensée et à la délation, comme le débat en question lui-même, sont des phénomènes assez largement franco-français. Dans d’autres pays du monde occidental où la notion de droit garde encore un sens, l’idée même qu’on puisse saisir la justice ou les autorités politiques pour trancher des débats qui concernent, tantôt les sociologues, tantôt les historiens, tantôt les scientifiques apparaîtrait tellement inepte et abusive que nul n’oserait y recourir.

Dans ces autres pays, par ailleurs, on sait ce qu’on ne sait pas en France : que les thèses du GIEC concernant le « réchauffement climatique dû aux activités humaines » ou concernant le réchauffement climatique tout court sont sérieusement battues en brèche et apparaissent de plus en plus sérieusement relever d’une politisation de la science susceptible de porter atteinte gravement à la confiance que les populations peuvent avoir en celle-ci.

Ailleurs qu’en France, ceux que la pétition incrimine, Claude Allègre et Vincent Courtillot, ne seraient pas seuls et feraient partie intégrante d’un débat crucial.

En France, on les présente encore comme des marginaux qui font « scandale » et qu’il faut éliminer. Les pathologies dont ce pays est atteint sont tellement amples et diverses que je doute qu’elles soient curables, mais si on pouvait abroger toutes les lois permettant l’exercice de la police de la pensée, et interdire au politique toute possibilité d’intervention dans des domaines qui ne relèvent pas de ses fonctions fondamentales (police, justice, défense, diplomatie), des pas seraient faits dans la bonne direction. Si les médias pouvaient redevenir pluralistes et se charger effectivement de transmettre des informations et d’organiser des débats effectivement pluralistes, ce serait mieux encore.

À l’échelle internationale, si des instances comme le GIEC se trouvaient abolies, ce serait un geste libérateur. Recruter des scientifiques en leur disant qu’ils seront payés pour trouver des résultats définis à l’avance, et destinés à justifier la dissémination d’inquiétudes planétaires dans l’ombre desquelles des bureaucraties liberticides attendent leur heure, est un processus pervers. C’est, certes, toute l’Organisation des Nations Unies qu’il faudrait refonder ou abolir.
Un conseil des Droits de l’homme où Ahmadinejad peut parler en seigneur et maître est, en soi, une honte. Mais commencer par dissoudre le GIEC serait un début. Et ceux qu’on paye pour trahir la science devraient, si le GIEC était dissous, chercher, enfin, à gagner honnêtement leur vie…

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